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Affichage des articles associés au libellé Ennio Morricone

Fichus Français

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  Exils # 140 (13/11/2025)   É vasion de Delon, Gabin en Sicilien, Ventura ne vapote pas : divertissement amusant mais limité, un poil longuet, Le Clan des Siciliens (Verneuil, 1969) fonctionne en fait et en définitive de façon déceptive, raconte à l’encontre de l’horizon de réception, paraît l’estimable précipité d’un pays et d’une partie de sa population sur le point de changer à jamais. Il s’agit bien sûr aussi d’une histoire de hasard, de bijoux et de joujoux, ombre baudelairienne d’arnaque aérienne, le cadeau mimétique offert au futur mouchard par son grand-père pas encore froidement furibard en reflet de l’aéronef filmé, donc du film lui-même, grand jeu pas autant dangereux, jadis déjà décrit par Welles tel un « train électrique » magnifique. Cette dimension d’enfance disons émouvante, au risque du puéril, un instant assez superbe la symbolise, lorsque Roger Sartet se souvient du passé, son CV de braqueur à main armée, fatal aux flics, lu par le juge, s...

Virez Willy

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  Exils # 118 (15/07/2025) Achab du Canada, Nolan, au patronyme explicite, alon ( e ) loin de Babylone, possède aussi son idée fixe, qui le possède et finit par le perdre, substitue au Queequeg d’ébène l’Indien lucide, pas du tout fou, de Vol au-dessus d’un nid de coucou (Forman, 1975). Lectrice de Melville, scientifique héroïque et enseignante « réchauffante », surtout du côté de la banquise, Charlotte Rampling formule et tamise l’anthropomorphisme, le mâtine d’une amère ironie : la mémoire sentimentale du mammifère « monogame » – dixit une bientôt unijambiste Bo Derek aux joues rondouillettes – et intelligent excède celle fameuse de l’éléphant, mais cette « quasi » humanité attribuée, remarquez les mimis mimines du fœtus foutu, participerait hélas du « réflexe le plus primitif » de l’espèce bipède, vive la vengeance et la violence, revoilà Peckinpah, éthologue du viol ( Les Chiens de paille , 1971). La femme fréquentable, deux fois rescapée, en coda...

Fêtes funèbres

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  Exils # 12 (20/12/2023) Quel élément (du crime ricane von Trier) commun entre L’Inconnu du Nord-Express (Hitchcock, 1951), Furie (De Palma, 1978), Le Retour de l’inspecteur Harry ( aka Sudden Impact , Eastwood, 1983) ? Of course leur crucial carrousel, leur ritournelle mortelle de circularité conflictuelle et cruelle, leur virtuosité visuelle de boucle bouclée comme climax musical causeur de décès emballé, empalé. Le passé ne saurait (tré)passer, il signe et persiste, refait faire un tour de piste aux pantins promis à un impitoyable destin, montés sur un maudit manège ( dixit Djian) de péril et de piège. Parmi un parc de pacte patraque, au palestinien et espionné soleil d’Israël, du côté de l’obscure et encadrée Santa Cruz, la roue de l’infortune, diurne ou nocturne, châtie les pécheurs, deus ex machina de machine maléfique, en rime a la caméra a priori prima donna. De la même manière moins douce qu’amère, la fête foraine au ciné souvent ne se finit de façon serein...

Shanghai Kid

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  Un métrage, une image : Shanghaï Joe (1973) Ce western antiraciste moins humoristique et plus individualiste que celui de Chan et compagnie – Shanghai Noon , Dey, 2000, jeu de mots rigolo décalqué du High Noon , aka Le train sifflera trois fois , de Fred Zinnemann, 1952 – adresse lui-même un clin d’œil d’intitulé italien au contemporain Mon nom est Personne (1973) de Valerii & Leone, cependant il s’agit en définitive d’un film hybride, inspiré à la fois par la célèbre série Kung Fu et les éclats de Peckinpah. Caiano signa aussi Un train pour Durango (1968) et L’Œil du labyrinthe (1972), sur lesquels je ne reviens point, en sus de l’estimable Les Amants d’outre-tombe (1966), avec l’immarcescible Barbara Steele, avant de finir sa filmographie de manière amère, très agitée, au côté de l’incorrigible Klaus Kinski ( Nosferatu à Venise , 1988), ici irrésistible fétichiste de chevelure pas un brin baudelairien. Si la trilogie des Dollars + Il était une fois dans...

Quelques mots d’amour

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  Da ba da ba da ? Dabadie, pardi… Comme Houellebecq, Poe se pensait poète ; la postérité, on le sait, ne le suivit ici. De Dabadie , décédé voici deux années, demeurent donc des mots, ceux d’un parolier, doté d’un spécialisé pedigree , plutôt que d’un aède, ne lui en déplaise. Romancier contrarié, « à l’abri du succès », dramaturge par intermittence, point trop n’en faut, par exemple pour Annie Girardot, bien sûr scénariste, sinon dialoguiste, citons un paquet de collaborations avec Robert, Sautet, de Broca, Pinoteau ou Jean Becker, jusqu’au récent Les Volets verts (2022), transposition de Simenon, quelques tandems, au côté de Delannoy, Nadine Trintignant, Truffaut, Rouffio, Lautner, Girod ou Lelouch, ce modèle d’élégance, pas seulement vestimentaire, surtout littéraire, de modestie aussi, décoré, récompensé, académicien, rien de moins, commit en sus, alors soldat du mercredi, des sketches de Bedos, deux ou trois autres choses, retracées selon ses soins ser...

Mondo cane

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  Un métrage, une image : Antarctica (1983) « Le Japon est un nid de crétins. Ils ne savent rien de l’Antarctique et encore moins des chiens. Ça ne les empêche pas de crier pauvres bêtes. C’est ridicule » résume illico l’érudit de Hokkaidō. Ce long et longuet métrage, presque réalisé sans trucage, les Américains s’en émurent, ne lui accordèrent leur imprimatur , célèbre formule « No animals were harmed », amen , carbure donc à la culpabilité partagée, aux expéditions en triplé, s’inspire du meilleur et du pire d’une histoire vraie, là-bas renommée, y connut un gros succès, en version disons rallongée, intégrité d’intégralité, se fit remaker ou plutôt pasteuriser selon Disney, plus d’une vingtaine d’années après. Confectionné par un quasi inconnu productif appelé Koreyoshi Kurahara, qui coécrit, coproduit, monte de manière autonome, quel homme, Antarctica ressemble à un conte cruel pas trop de (première) la jeunesse, dommage et dégage, Ōshima, au ...

Le Sang des innocents

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  Le jeune homme et la mort, la joie d’abord, les traumas encore…   I am walking through Rome With my heart on a string Dear God please help me Morrissey Six ans suivant Rogopag (1963), revoici Godard & Pasolini ; la séquence de La Contestation (1969) paraît pourtant un prolongement du documentaire à base de montage La Rage (1963), coréalisé puis renié en compagnie du meilleur ennemi Guareschi. Comme dans Le Petit Monde de don Camillo (Duvivier, 1952), Dieu prend la parole, mais avec Lui-même dialogue, car nul ne L’écoute, en tout cas pas le piéton pris en public presque surpris et précédé en travelling latéral motorisé. Tourné en été 1968, sillage de fameux événements du mois de mai précédent, le segment stimulant s’insère aussi au sein d’une anthologie au titre homonyme quasi , puisque l’on passe de La rabbia à Amore e rabbia . Situé, on le sait, du côté de la police prolétaire plutôt que de la bourgeoisie estudiantine révolutionnaire, le cinéaste a...

2046

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  Un métrage, une image : In the Mood for Love (2000) À ma mère À chacun sa chambre : dans la 237 de Shining (Kubrick, 1980), l’attraction d’interdiction aboutissait à la strangulation puis à la décomposition ; dans la 2046 du film homonyme (2004), d’abord de In the Mood for Love , un second écrivain esseulé, hanté, presque autant impuissant, disparaît, se met en retrait, se passionne de « wuxia », ensuite de SF, donc du passé, du projeté, tandis qu’il ne s’amuse avec sa muse complice, pratique plutôt le roleplay en replay . « Elle est bien apprêtée pour aller acheter des nouilles », en effet, en reflet, salut au Noodles de Leone ( Il était une fois en Amérique , 1984), dont le thème de Morricone resurgira selon The Grandmaster (2013), écho révélateur. À la sortie de celui-ci, on put penser à Antonioni, à L’avventura (1960) et à La Nuit (1961), davantage qu’au duo sado-maso de Vertigo (Hitchcock, 1958), idem modèle d’adultère doux-amer, n’e...

Anne, ma sœur Anne

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  Cinéma, si Mina… À la mémoire d’Olivia Newton-John De 1959 à 1977, on savoura souvent Mina au cinéma, surtout suivant les génériques, en musique de source dite ou non diégétique. Ensuite, diverses décennies davantage qu’avéré oubli, elle revint à l’instar d’un refrain, chez Almodóvar ( Matador , 1986 + Douleur et Gloire , 2019, sympho Donaggio) & Scorsese ( Les Affranchis , 1990, placée sous le signe céleste de Gino Paoli), Turturro ( Passione , 2010) & Watts ( Spider-Man: Far from Home , 2019), tant mieux ou hélas. Auparavant, elle traversa L’avventura + L’Eclipse (Antonioni, 1960, 1962), fit un (quarante-cinq) tour et des détours au fil des filmographies de Fulci, Paolela, Petri ( La Dixième Victime , 1965), Risi, Bertolucci, Festa Campanile, Bolognini. On connaît pire pedigree , pourtant tout ceci, auquel rajouter quelques caméos, rôles classés premiers, de la publicité dirigée par Zurlini, un fameux voyage (de Mastorna, voire Manara) avorté de Fellini, ne retiendr...

Que c’est triste Venise

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  Aznavour, mon amour ? Donaggio, en morceaux… Caro Pino, d’aucuns diraient que tu reviens de loin, mais tes crooneries pas si conneries, de « dernier romantique » assumé, revendiqué, surent séduire Mina, Dusty (Springfield), Elvis, jadis. Balavoine invitait les « chanteurs de charme » à « nous rendre nos femmes » ; quand le succès décrut, tu ne rendis les armes, tu composas au pied levé, producteur paraît-il croisé, anecdote de bord de flotte, pour un remarquable et remarqué mélodrame dû à Roeg, qui attira l’oreille d’un cinéaste mélomane nommé De Palma, oui-da. Que deviendraient ses films sans tes musiques ? Question rhétorique, sinon stupide. Ni ersatz de Herrmann, ni émule de Morricone, plutôt couple privé d’entourloupe, à la Montaigne & La Boétie, des différences d’idiomes, faisons fi, tes contributions beaucoup (de toi) leur accordent, précises, précieuses, logiques, lyriques. Sissy & Angie sous la douche, au lycée, au mu...

Un chant d’amour

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  Boucle (dé)bouclée, moyen métrage emprisonné, homme protéiforme salué… 1967 : Perrin (dé)peint l’étoile de ses toiles, marin romantique, homoérotique, magnifique, à rendre humides les demoiselles (de Rochefort, d’abord) et (ra)mollir les mecs, même s’ils ne l’admettent, modèle de mélancolie solaire auquel répondra le Querelle (1982) crépusculaire de Fassbinder. 1988 : Perrin se souvient, de l’enfance d’autrefois, du décès du cinéma, déjà, lieu social de lien social, de projection alors artisanale, surtout en Sicile, aussi le cinéaste esseulé pleure de bonheur, devant le bouquet de baisers censurés, laissé en legs par le trépassé Noiret, il en oublie Berlusconi. 2022 : Perrin s’éteint, sans doute serein, à quatre-vingts ans vécus sans perdre de temps, acteur de valeur, financier jamais épicier, documentariste écologiste, cinéphile sincère et sensible. Au ciné, on le vit dans La Vérité (Clouzot, 1960), « Et Satan conduit le bal » (Dabat, 1962), Compar...

L’Assassinat de Trotsky

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  Un métrage, une image : Le Dernier Jour d’Yitzhak Rabin (2015) Pendant le prologue, une complice Yaël Abecassis ( Mon fils , Riklis, 2014 ou Hatufim ) interroge « Shimon » (Peres), en champ-contrechamp ; durant le dernier mouvement, Leah Rabin s’exprime, rime tardive, interlocutrice invisible. Ni JFK (Stone, 1991), ni Tueurs nés (Stone, 1994), Rabin, the Last Day se soucie aussi de « commission » spécialisée, interrogateurs, interrogés, de « culture sociale et politique », idem homicide. Éclairé en claire obscurité par Éric Gautier ( Irma Vep + Clean , Assayas, 1996 + 2004, Into the Wild , Penn, 2007 ou Les Herbes folles , Resnais, 2008), scandé selon un lancinant pseudo-boléro signé Amit Poznansky, dont la tension progressive fait resurgir le souvenir sonore du Morricone fatidique de The Thing (Carpenter, 1982), co-écrit par la fidèle Marie-Jose Sanselme, le vrai-faux docu-fiction, essai de fusion, fait divers et fiction, archives et reconstitution, possède ...

L’Accordéoniste

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  Marie de France ? Francis de Nice… Limiter Lai à Lelouch, rencontre cruciale, logique comptable, que d’autres fameux tandems, plus productif et pérenne? On ne le fera, peut-être une prochaine fois, à moins que Vladimir Poutine ne nous invite à nous revoir plus tard, époque d’atome, We’ll Meet Again , via Vera Lynn, en coda de Docteur Folamour (Kubrick, 1964). Il ne s’agit, ici, d’exposer de manière exhaustive le CV de Francis Lai, a contrario du boulot consacré à Miklós Rózsa, plutôt de présenter, après avoir volontiers (re)visité son univers, tout sauf de misère, malgré la complainte de Patricia Kaas pour Les Misérables (Lelouch, 1994), toujours sincère, cinq exemples exemplaires, disons décantation, quintessence de puissances. Il convient, dans ce cas-là, de préciser l’apport précieux de l’orchestrateur et directeur Christian Gaubert, auquel le compositeur, au cours d’un entretien rétrospectif et serein, paie un tribut bien vu, bienvenu. Créateur éclectique et c...