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Affichage des articles associés au libellé Bill Condon

Nine : Enter the Void

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Neuf ? Non, pas seulement en allemand… Nine ou un cas d’école du « syndrome de Broadway » : une troupe et une équipe de gens de talent(s), beaucoup de vrai travail, un soin apporté à chaque détail et, au final, un résultat au mieux bancal, au pire pitoyable, la faute à des arguments souvent navrants. Ici, Huit et demi de Fellini sert d’ alibi à un succès scénique des années 80 adapté (et dédié à) en tandem par Anthony Minghella, l’auteur du touristique et très gay Le Talentueux Mr. Ripley . Les inénarrables frères Weinstein produisent tandis que Rob Marshall, par ailleurs en couple avec le co-producteur John DeLuca, réalise, presque à la suite du réussi Chicago et un peu avant de s’intéresser à des pirates caribéens, aux personnalités de contes de fées revisités par Stephen Sondheim et même à Mary Poppins, bigre. Andrea Guerra ( Respiro , Arrivederci amore, ciao ) signe le score inconsistant en parallèle aux chansons à la con de Maury Yeston. Dion B...

Killer : Traquée

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Le pistolet du hitman , le rocher de Sisyphe, l’ aura d’une actrice. On apprécia Anthony LaPaglia dans Lantana , Summer of Sam et FBI : Portés disparus  ; costaud, solide, il savait user de sa sensibilité, notamment au côté de Poppy Montgomery, depuis redevenue rousse dans l’oubliable Unforgettable . On aima surtout Mimi Rogers dans le lumineux mélodrame de Ridley Scott, joliment intitulé en VO, d’après une chanson de Gershwin, Someone to Watch Over Me . Ancienne scientologue (et fille de « dianéticien » repenti), ex -épouse de Tom Cruise, la belle brune au QI impressionnant posa pour Playboy à l’aube de la quarantaine, pratiqua le poker , fit toujours preuve de lucidité envers les vicissitudes de son étrange métier, ne manqua pas d’humour, comme en atteste sa participation à Austin Powers et traversa une filmographie variée, un brin confidentielle, avec une constante élégance, une discrétion remarquée, à coup d’apparitions-participations, probable arist...

L’Esprit de la ruche : La Musique de Candyman

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Face au miroir, ils prononcent un nom fatidique, sésame de violence et du passé qui ne passe pas . Face à la musique, emportés par son élan, nous finissons par reconnaître cet ennemi dans la glace, qui nous ressemble tant…   Il fallait toute la sensibilité de Philip Glass pour voir en Candyman une histoire d’amour plutôt qu’un film d’horreur, et tout son talent pour confectionner aux amants maudits l’écrin musical qui leur revenait de plein droit. Le romantisme noir irriguant sa partition, jugée par le compositeur trop courte en vue d’une édition discographique (il faudra donc attendre la suite des aventures du géant apiculteur , et la demande pressante de ses admirateurs, avant qu’un CD ne regroupe les deux œuvres), résonne avec celui des sœurs Brontë, de Bram Stoker ou des contes de fées pour adultes : nul hasard si Glass relut le Dracula de Browning avec le concours des cordes du Kronos Quartet et transforma La Belle et la Bête de Cocteau en opéra expérimental....