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Affichage des articles associés au libellé Frank Borzage

The War Zone

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  Commémoration d’occasion, memento mori en série, pellicules et pays…   Si tu r’viens n’attends pas que je sois tombé pour la France Étienne Daho Ce spectacle spectaculaire, son-et-lumière mortifère, affola les futuristes, sinon les fascistes ; la Grande Guerre ne pouvait pas ne pas être illustrée au ciné, art massif, optique et mécanique, idem amateur de monuments funéraires, les films eux-mêmes, faussement immortels, dédiés à un identique et différencié conflit, celui ente la mort et la vie, pardi, aux victoires pareillement provisoires, voire illusoires. Dès 1915, donc en léger différé, Feuillade deux fois s’affaira ( L’Union sacrée , Le Noël du poilu ), suivi de DeMille ( La Petite Américaine , 1917), Chaplin ( Charlot soldat , 1918), Griffith ( Cœurs du monde , 1918). Puis le parlant passant par là s’en empara, par conséquent Pabst ( Quatre de l’infanterie , 1930), Hughes ( Les Anges de l’Enfer , 1930), Milestone ( À l’Ouest, rien de nouveau , 1930), Bern...

La Lectrice

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  Rêve éveillé, rêverie d’aujourd’hui, soupirs de sainte et cris de fée… On ignore son nom, de qui il s’agit, ce qu’elle lit, en définitive, on s’en fiche, on l’avise de profil, on la devine tranquille, femme calme, au calme, aux pieds et mollets ensoleillés, au silence concentré, au fauteuil tapissé, au rideau disons à demi, à moitié tiré. N’en déplaise à Deville, donc à Miou-Miou ( La Lectrice , 1988), voici notre lectrice à nous, moins blonde, pas moins gironde, elle aussi à domicile, peut-être se déplace-t-elle idem , en petite tenue bienvenue, jolie lingerie chic et pudique. Par rapport à l’inconnue cadrée dans un coin, mise au piquet point, à l’érotisme apaisé, subtil, à l’intimité portée au carré, mise à nu des formes et de l’effort, de la dame et de l’âme, la cara Claudia Cardinale, pas autant dévêtue, paraît presque tendue, en train d’étudier en solitaire, cadrage similaire, position à l’unisson, identique et différenciée focalisation, sinon de mémoriser sur le set , en...

L’Adieu aux armes : Les Gens de la pluie

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Une médaille (amulette) militaire ? Des avions, des oiseaux, aujourd’hui et hier… Mélodrame martial aimable et estimable, L’Adieu aux armes (Frank Borzage, 1932) commence et se termine mal, à cause d’une cassure à la fois cinématographique et musicale. Le panorama peint, parcouru par un panoramique, les maquettes du prologue, aussi médiocres que le train arthritique de Un flic (Jean-Pierre Melville, 1972), les transparences évidentes – observez idem le défilé des « bersagliers » derrière le rideau tiré d’abri à spaghetti – des plans rapprochés, où Cooper, en studio secoué, fait semblant de sommeiller, ne raccordent pas avec les extérieurs réels et les vrais véhicules, cadrés en diagonale, accentuons la pente, gare à la descente, créant une sorte de chaotique dissociation des régimes d’images, peu propice à susciter la célèbre « suspension d’incrédulité » du spectateur confiné. Avec son dormeur du val rimbaldien revisité, amputé, l’exposition pèche ...