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Affichage des articles associés au libellé Roland Joffé

L’Enfer des armes

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  Un métrage, une image : Eastern Condors (1987) Un soupçon des Douze Salopards (Aldrich, 1967), une pincée de Portés disparus (Zito, 1984), un virage vers Voyage au bout de l’enfer (Cimino, 1978) : Sammo Hung (re)connaît ses classiques, cependant ne les duplique, pas davantage ne délivre la matrice apocryphe et obsolète de Une balle dans la tête (Woo, 1990). Doté d’un tandem d’incontournables homonymes du cinéma de HK de ce temps-là, à savoir le scénariste Barry Wong ( À toute épreuve , Woo, 1992), le directeur de la photographie Arthur Wong ( La 36e Chambre de Shaolin , Liu, 1978, Il était une fois en Chine , Tsui, 1991), le réalisateur de valeur de L’Exorciste chinois (1980) ou First Mission (1986) signe en résumé un cocktail guerrier aux tonalités mêlées, comme seul l’écran hongkongais savait les concocter, les doser. Véritable cinéaste, il soigne chaque cadre ; star pas uniquement locale, il possède assez de générosité pour ne limiter les membres de...

Les 39 Marches

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  Un métrage, une image : The Cellar (2022) La cave se rebiffe, abrite le fameux Baphomet, fichtre. The Cellar rappelle Poltergeist (Hooper, 1982), puisque disparition, puisque dimension, y revoilà L’Au-delà (Fulci, 1981), néant droit devant, d’éternel maintenant. On pense aussi à la géométrie malsaine, non euclidienne, des Rêves dans la maison de la sorcière de Lovecraft locataire, à la physique quantique maléfique, au frisson métaphysique, du funèbre Prince des ténèbres (Carpenter, 1987). Le couple Woods dégote à prix soldé, « vente publique », chic, une imposante propriété ; hélas, on sait tous, au moins depuis  Amityville : La Maison du diable (Rosenberg, 1979), qu’il faut se méfier des occasions à la con, des domestiques démons, que l’horreur classée économique, à la Rimbaud & Viviane Forrester, peut vite s’avérer fatidique, familiale, familière. Keira, sombre prénom, noir étymon, lui explique, sceptique, son époux et partenaire, faut pas t’en fai...

Black Jack : Family Life

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  Jeunesse en détresse, route en déroute ? Voyage sans bagage, digne d’hommage…    Film d’enfance en souffrance, de folie prophétie, (ré)écrit seul cette fois-ci, fi de Paul Laverty, Black Jack (1979) manque de rythme, de mouvement, s’avère néanmoins charmant, émouvant. Kenneth Loach, qui ne pratiquait pas encore l’apocope, adapte un bouquin de Leon Garfield, admirateur a priori mineur de Dickens & Stevenson, confie la direction de la photographie à Chris Menges ( Le Camion de la mort , Cokeliss, 1982, Mission , Joffé, 1986 ou The Reader , Daldry, 2009), remarquez les remarquables contre-jours et clairs-obscurs, les surcadrages et l’utilisation à bon escient de la profondeur de champ ou plus souvent de son écrasement, confie le rôle-titre à Jean Franval, la même année chez Giovanni ( Les Égouts du Paradis , 1979), bientôt mémorable Vitalis d'un Sans famille à la TV, recrute itou David Rappaport, petite silhouette muette, plutôt que précieux compagnon du ...

Épouvante sur New York

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  Un métrage, une image : L’Ambulance (1990) Un dragueur, une diabétique, un moustachu, une automobile : modèle d’écriture, de séduction ludique, de tension dramatique, de caméra quasi cachée, l’ouverture de L’Ambulance condense le ciné de l’amical Larry Cohen. La suite ne démérite, revisite de jour et de nuit le mythe d’Eurydice & Orphée, le tisse au super-héroïsme de la BD, caméo en dirlo de Stan Lee inclus. Toujours inventive, constamment amusante, cette comédie noire s’assume en moralité faussement moralisatrice, voici ce que vous risquez si vous abordez dans la rue une inconnue, en effet. Porté par un Eric Roberts candide et physique, une Megan Gallagher à l’irrésistible rousseur, ponctué par la présence surprenante, patraque, verdâtre, d’Eric Braeden – recommandation maternelle ! –, depuis déjà dix ans pensionnaire du soap soporifique Les Feux de l’amour , par la prestance d’un James Earl Jones mémorable en flic jadis dépressif, en justicier vite esq...

Robe noire : L’habit ne fait pas le moine

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  Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Bruce Beresford. Moins renommé que l’interminable mélodrame Mission (Roland Joffé, 1986), dommage pour l’admirable Morricone, voici donc Robe noire (Bruce Beresford, 1991), disponible en ligne dès aujourd’hui, en direct demain soir, à vous de voir. Produit par Robert Lantos, créancier de David Cronenberg sur Crash (1996), eXistenZ (1999), Les Promesses de l’ombre (2007), ce téléfilm de luxe, tourné surtout in situ , un moment à Rouen, finalisé en Australie, possède pourtant plusieurs qualités, en dépit de ses multiples plans, plutôt répétitifs, de traversées en canoë. Doté d’une drolatique trivialité, d’une violence avérée, le survival évite les écueils du manichéisme, du rousseauisme, du dolorisme, s’oppose aux pièges du pathos, résume in extremis , ironique, laconique carton point abscons, le destin-déclin des amers Amérindiens, enfin chrétiens, des Hurons convertis, disons radoucis, désormais massacrés, a...