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Affichage des articles associés au libellé Mario Soldati

La Dame du lac

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  Un métrage, une image : Malombra (1917) Je découvris jadis la version voyeuriste, opus propice à l’onanisme en mode M6, puisque porté par la sculpturale et en train de se palucher Paola Senatore ( Malombra , Gaburro, 1984). Voici aujourd’hui le « film muet » du mussolinien Carmine, conduit par la « participation spéciale de la diva Lyda Borelli ». Aussitôt au « château » à ragots populos débarquée, la nièce disons endeuillée joue les emmerdeuses assumées, demande une « chambre avec vue sur le lac », malvenue, patraque, les domestiques la déclarent maudite, se met à lire Poe presto , en français, s’il vous plaît, mauvais signe d’oisiveté vite maladive. Au creux du compartiment escamotable d’un secrétaire, le meuble cercueil et non le mec à l’accueil, elle exhume un journal intime, un miroir, une poignée de feuillets et de cheveux, un gant blanc, tout ceci appartient au passé, à la Cecilia à domicile « emprisonnée », l’occa...

5ème set

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  Un métrage, une image : Le Jardin des Finzi-Contini (1970) À la mémoire de Lino Capolicchio (1943-2022) Désadoubée par Bassani, le romancier à succès, l’estimable scénariste de La Marchande d’amour (Soldati, 1953) ou Senso (Visconti, 1954) condamnera, pas totalement à tort, le « consumérisme cinématographique » du film acclamé, critiqué, à procès, récompensé, à Berlin & Hollywood, consensus de quasi amnésie, fi des forces de l’Axe et des Alliés, vingt-cinq années après, dommage, Dumas, du meilleur ennemi De Sica, cette partie, pas juste de tennis , perdue d’avance, sans seconde chance, rappelle celle de Blow-Up (Antonioni, 1966), signée d’un autre cartographe notoire de Ferrare, ses rues, ses spectres, son brouillard. Hemmings immortalisait un cadavre idem de verdure, assistait à une évaporation de situation, une dissolution d’abstraction, puis un mime imitait une balle abolie. Du simulacre au souvenir, la disparition du réel s’avère définitive, de...

C’est pas toujours du caviar : Quelque part en Europe

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Géza von Radványi. On se souvient ou non que le scénariste Henri Jeanson accusa Clouzot d’avoir « fait Kafka dans sa culotte », bon mot scato à faire défaillir Truffaut and Co. , guère fanatiques de ses répliques. Voici par conséquent sa réponse au sérieux et dispensable Les Espions (1957), sous la forme d’un distrayant divertissement franco-allemand. Filmé de manière très soignée, appréciez la direction artistique de Herta Hareiter, la direction de la photographie de Friedl Behn-Grund & Göran Strindberg, produit par l’incontournable Artur Brauner, financier de Fritz Lang ( Le Tigre du Bengale + Le Tombeau hindou , 1959), de Dario Argento ( L’Oiseau au plumage de cristal , 1970) ou de Jess Franco ( Vampyros Lesbos + Crimes dans l’extase , 1971), tiré du roman d’un ancien chimiste, d’où, sans doute, le souple personnage suisse homonyme, C’est pas toujours du caviar  comporte un casting chor...

La Belle des belles : Super Mario Bros.

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Robert Z. Leonard. Dio mio, dire qu’ils se mirent, sans rire, à neuf afin d’écrire cette vaine vieillerie, cette pâtisserie rassie, cette frangipane figée, à succès, ce vrai-faux Senso (Luchino Visconti, 1954) en écho assourdi au simultané Sissi (Ernst Marischka, 1955). En 1962, Franco Solinas signera le Salvatore Giuliano de Francesco Rosi, avant le Monsieur Klein (1976) de Joseph Losey ; en 1963, Luciano Martino, frérot de Sergio, producteur estimable, scénarisera Le Corps et le Fouet de Mario Bava ; en 1958 sortira Le Pigeon de Mario Monicelli. On peut par conséquent pardonner à ces trois-là leur ersatz de Max Ophuls, débuté en mélodrame, terminé en psychodrame, poursuivi en comédie sentimentale pseudo-musicale, Renzo Rossellini, lui-même frangin de Roberto, assorti de Giacomo Puccini, voire l’inverse, + point commun du monteur Eraldo Da Roma, à l'ouvrage sur Rome, ville ouverte (1945) puis Allemag...

Une belle fille comme moi

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L’Écume des nuits :  La Marchande d'amour  (1953) Dans ce drame bourgeois et sexuel (sur fond d'inceste entre sœur et demi-frère) d’après Moravia signé Mario Soldati, scénariste et romancier reconnu, mais cinéaste subtil à redécouvrir, Gina Lollobrigida, justement primée, subjugue par sa beauté, sa sensualité, les nuances intenses de son jeune talent. Du haut de ses 26 ans, cheveux courts, l'actrice italienne – mais pas romaine, nuance d'importance, qui la place au côté d'un Mastroianni ou d'un Manfredi – campe une provinciale (titre original) contrainte au mensonge et à la prostitution, dans un peinture sociale, sous forme d'aveu rétrospectif et d'amour inattendu, élégante et très composée, où certains plans annoncent Antonioni avec ses couples désunis jusqu'au sein du cadre, chacun à un bord, la béance de leur relation figurée au centre de l'image. Le film, entrevu un dimanche au  Cinéma de minuit , s’avère aussi un hommage ...