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Affichage des articles associés au libellé Theresa Russell

Les Apparences : Le Rôle de sa vie

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    « Wunderbar » ? Dur d’y croire… Je suis le restaurant déserté Bertrand Burgalat, L’Enfant sur la banquette arrière Les « professionnels de la profession » appellent cela un « film véhicule » et sa star , Karin Viard, s’y fait en effet véhiculer, en calèche de boucle bouclée, d’abord souvenirs d’hier, d’une mère estimée trop populaire, vade retro , Rondò Veneziano, ensuite présent immanent, en regard caméra souriant. Entre-temps, la directrice de la médiathèque ne sait plus où donner de la tête, prise (culbutée sur le canapé, sombre escarpin dressé) entre une institutrice adultère et un harceleur en colère. La première, son courriel piraté, sa liaison dévoilée, son « sordide » passé déterré, sa proximité répudiée, finira par une fenêtre bruxelloise encadrée, après un épilogue de non-lieu ( because légitime défense), dénouement pas si bienheureux, diffusé en direct au JT, ah ouais. Le second, romantique germanique, molto p...

Knock Knock : Adieu à Sondra Locke

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Décembre merdique, funérailles différées… On a survécu à tout ça et aujourd’hui tu es partie Comme quoi on peut survivre à tout et ne pas survivre à la vie Dominique A, Le Ruban (2018) Que reste-t-il d’une actrice ? Des films. Que demeure-t-il d’une femme ? Des parfums. Comment se souvenir de la dear Sondra Locke, son décès du mois dernier médiatisé hier, découvert aujourd’hui, par hasard inexistant ? Surtout pas via des histoires de procès, d’hôpital, please . Laissons ceci à autrui, laissons-lui plutôt la parole , en version anglophone, puisqu’elle savait parler, avec sincérité, lucidité, subjectivité, voire partialité, de son parcours, de ses amours, de la magie au-delà du cinéma, qu’elle exerça sur moi. De Sondra, je voudrais évoquer la lumière, le mystère, la séduction et la tension, le sourire à proximité du pire. Je ne reviens point à présent sur mes deux textes consacrés à Bruce Surtees, le directeur de la photographie du Retour de l’inspect...

Paprika : La Putain

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Rivale de La Dame de Shanghai (Orson Welles, 1947) ? Retrouvailles + funérailles. À la mémoire de Katyna Ranieri (1927-2018) Paprika manque de piment, Paprika ne passionne pas. En 1991, Tinto Brass concrétise sa transposition de Fanny Hill (1748) et semble relire son propre Salon Kitty (1975). Délocalisé dans l’Italie de la fin des années 50, crépuscule législatif des maisons closes, comme si le déplacement bien-pensant du problème de la prostitution suffisait à le résoudre, le roman d’éducation, rédigé en prison, du Britannique John Cleland conserve sa morale conservatrice, sinon cynique. Au bout de son chemin pas si malsain, l’aimable Mimma, même sodomisée puis endeuillée, acquiert fortune et renommée, achète un beau bateau à son marin enamouré, se prélasse sur sa terrasse, face au lac de Côme couvert, en compagnie d’une amie très proche. Boucle bouclée callipyge : ouvert sur son postérieur, le film se termine sur celui d’une statue. Auparavant, la novice ...

Les Exécuteurs : Les Désaxés

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Rosanna Arquette se mit autrefois en tête de la rechercher ; revoilà donc Debra. Karel Reisz, VRP du soi-disant Free Cinema (réalisateurs bourgeois épris de peinture de prolétaires, les vrais pauvres, eux, se souciant assez peu de caméra, trop occupés à simplement survivre, hier et aujourd’hui), naguère signataire des intéressants (à défaut d’être passionnants, tant pis) Samedi soir, dimanche matin , Isadora , La Maîtresse du lieutenant français , finit ainsi sa carrière (au grand écran) de critique-essayiste-cinéaste britannique (d’adoption, aux origines tchèques) émigré à Hollywood, sur un téléfilm de luxe écrit (recyclage de pièce en un acte) par Arthur Miller, dramaturge pour « moutons de Panurge », scénariste assurément exécrable (essayez de revoir le western révisionniste et psychodramatique de Huston). Faux coupable, « femme fatale », communauté corrompue, Connecticut en ersatz de Nouvelle-Angleterre (hivernale), psychologisme de bazar (pléonas...

Aka Ana : Femmes de la nuit

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre d’Antoine d’Agata. Tourné à Shinjuku durant quatre mois « en résidence », co-produit par Lazennec Tout Court, Le Fresnoy-Studio national des arts contemporains et le Musée Niepce, monté par Yann Dedet (Truffaut, Pialat, Cédric Kahn), primé à Belfort en 2008, Aka Ana paraphe le passage au cinéma du photographe Antoine d’Agata, formé à New York par Nan Goldin et Larry Clark, ancien de Magnum, animateur d’ateliers divers et commissaire, en 2013, d’une exposition consacrée à Marseille, sa ville natale, en images internationales. Sur son profil laissé à l’abandon depuis 2009, celui qui se définit non comme un artiste mais un « agent de contamination », à la fois « saint » et « fou », cite Durrell, Miller, Pessoa, Debord et Godard, récuse le « commentaire photojournalistique » autant que le « voyeurisme », souligne le « mensonge » o...

L'important c'est d'aimer : Trois cinéastes et leurs muses

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À l’heure où sort dans les salles obscures le dernier opus solaire du couple, à la ville et à l’écran, Ariane Ascaride/Robert Guédiguian, retour rapide, en quelques lignes et souvenirs, sur trois autres « couples de cinéma » célèbres et féconds. Si les films exercent leur pouvoir de séduction, auprès des spectateurs, grâce aux actrices, autrefois déesses inaccessibles, « divines » créatures (et créations) défilant sur le boulevard du crépuscule dans les faisceaux en noir et blanc de projecteurs liturgiques, leurs vies fabriquées par la presse à scandale d’alors, avec ses sommets et ses chutes – car le  système des stars , en particulier, et celui de l’économie du cinéma, en général, ne font guère preuve de mansuétude ni de pitié, toujours à l’affût de la nouvelle  fille , du nouvel aimant à billets verts ou pas –, les réalisateurs, souvent, succombent volontiers au charme de leurs interprètes, y contribuent, les magnifient en gros plans hypnotiques, e...