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Affichage des articles associés au libellé Richard Franklin

Les Démons de Nadia

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  Exils # 84 (19/02/2025) Dans Elles n’oublient jamais (Frank, 1994), l’un de ses premiers films, Nadia Farès malmenait déjà un Thierry Lhermitte en ersatz de Michael Douglas ( Liaison fatale , Lyne, 1987). Dans Storm Warning (Blanks, 2007), elle extermine une famille, un père et deux fils, en Australie, en une nuit. Ce thriller mâtiné d’horreur(s), aux primés effets spéciaux, met aussi un terme momentané à sa carrière, puisque l’actrice des Rivières pourpres (Kassovitz, 2000) ou Nid de guêpes (Siri, 2002) ne reviendra vers le cinéma et la TV qu’une dizaine d’années après, avec à nouveau Lelouch ( Chacun sa vie , 2017) et la série Marseille . Que fit-elle entre-temps ? Peut-être qu’elle « aima », telle Isabelle Adjani, en tout cas elle chanta, comme la cigale de la fable ou la féline d’un clip anecdotique. Anglophone dès Rogue (Atwell, 2007), la voici parmi la « mangrove » d’Everett De Roche, scénariste souvent salué sur ce site, dont le script tr...

Du rififi chez les hommes

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  Un métrage, une image : Sacrifice (2016) L’accoucheuse fait une fausse couche : talons ou non, ceci s’appelle de l’ironie cruelle. Le couple en déroute quitte vite la ville, au bout du monde mais en famille s’exile. Les Shetland ne manquent de charme ni, hélas, de cadavre. Notre obstétricienne guère sereine s’improvise détective, fait presque coéquipe avec une fliquette peu suspecte, qu’elle sauvera in extremis d’un machiste sacrifice. Si son mec ne s’injecte de l’insuline, puisque contraceptif, il faut se méfier des autres apparences, des parents, partout, tout le temps. Runes et ruines, paganisme et eugénisme, mères porteuses et victimes malheureuses, autant d’émotions et de stations sur le chemin de croix de Tora, fossoyeuse audacieuse, courageuse, qui ne sait peut-être pas planter un clou, plaisante l’époux, cependant décide de déterrer, au propre, au figuré, les multiples squelettes d’une masculinité obsolète. Contre le clan, contre le courant, la collusion de...

Le Secret du lac : La Prophétie des grenouilles

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Nostalgie rassie ? Découverte guillerette… « Les Noirs sont tellement bizarres » (« Blacks got a lot of funny ways » en VO) : la réplique ne ravira les manifestants de maintenant, mais Le Secret du lac (Brian Trenchard-Smith, 1986) présente avec respect, sinon fraternité, ses « indigènes » d’Aborigènes, n’en déplaise à la critique inique, politiquement correcte, par conséquent abjecte, du bien-pensant The Guardian , osant gloser sur son « casual racism », mince, qu’elle diligente un dictionnaire, qu’elle ôte ses œillères. Écrit et co-produit par le valeureux Everett De Roche, scénariste inspiré de Long Weekend (Colin Eggleston, 1978 + Jamie Blanks, 2008), Harlequin (Simon Wincer, 1980), Razorback (Russell Mulcahy, 1984), Link (Richard Franklin, 1986) ou Visitors (Richard Franklin, 2003), voici un récit d’adolescence, de croyance, de masculinité, de maturité. Film faussement zoologique et film effrontément euphorique, Le ...

Images : Oh, Susanna!

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Bal(l)ade irlandaise ? Enfantillages et fadaises… À Franck Ferreira, affaire de faux hasard En 1972, à Dublin, Robert Altman se renie à demi. Il évacue le choral, il conserve le théâtral. Drame de chambre, à coucher, à photographier, Images dure cent longues minutes et s’achève par une chute, au propre, au figuré. Sous sa douche à la Psychose (Alfred Hitchcock, 1960), l’héroïne pousse un cri prolongé par les percussions ponctuelles, stridentes, et la cascade rurale, renversant le mouvement ascendant, reprenant le plan en grue descendante du début, dévoile le véritable cadavre, celui du mari transi. Quand la gamine, aux faux airs de sœurette, lui demande comment elle-même s’occupait à son âge, sa « meilleure amie » lui répond qu’elle se racontait des histoires. Adulte, elle continue, elle passe son temps à cela, et Altman filme en mode méta son imagination en effet « délirante », son solipsisme de saison, automne d’intériorité, d’amours endeuillée...

Le Jour de mon retour : True Lies

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Il existerait pire que renoncer à ses souhaits – les voir se réaliser… Le Secret des Marrowbone se déroulait en 1969 et Le Jour de mon retour itou ; tandis que les Américains plantent leur drapeau de petits propriétaires à la surface lunaire, Donald Crowhurst s’embarque pour le Golden Globe, course autour du monde désormais sans escale. Première maritime et première pour lui, pas même marin dominical, à peine inventeur désargenté. Le film s’inspire d’une histoire vraie, assume sa prise de libertés fictionnelles à des fins « d’effet dramatique », nous indique le générique. Pourquoi part-il ? Parce qu’il veut accomplir quelque chose d’inédit, de jamais fait avant lui, parce que sa vie, malgré son boulot ludique, sa spacieuse propriété bientôt gagée, sa jolie famille à la Norman Rockwell de côte anglaise, paraît anecdotique, sinon vide. Le speech liminaire d’une légende vivante, à la fois lucide et dynamique, lui donne l’envie avide de mettre les voiles lit...

Death Wish : Le Livre d’Eli

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  « Gardez la foi » affirme le flic au veuf – on préfère le doute devant telle déroute.   Eli, Eli, lama sabachthani ? Matthieu, 27, 46 Vingt minutes de présence puis la chère Elisabeth Shue disparaît, au propre, au figuré. On la comprend, on voudrait en faire autant, cependant, indépendance et conscience de cinéphilie, il faut boire jusqu’à la lie, il faut voir jusqu’au bout l’ineptie. Qu’arrive-t-il à Eli Roth ? Qu’arrive-t-il au cinéma américain ? Que nous arrive-t-il à nous, qui croyons encore au cinéma, pour mériter ça ? Death Wish (2018) constitue un cas d’école, un symptôme, un simulacre qui cristallise une grande partie de la modernité audiovisuelle, désignée ciné par abus de langage. À propos du pareillement léthargique Le Jardin du diable (Hathaway, 1954), Bernard Herrmann, fi de diplomatie, admettait pouvoir habiller le cadavre mais pas le ranimer : voici un métrage totalement inanimé, désincarné, exécuté, terme idoine, avec une absenc...

Visitors : Piège en haute mer

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 « C’est pas l’homme qui prend la mer », c’est la mère qui surprend la fille… Une femme, un bateau, l’océan. Un sillage – terme idoine – éloquent : Le Couteau dans l’eau de Roman Polanski (Jolanta Umecka et son maillot immaculé), Calme blanc de Philip Noyce (Nicole Kidman et son short arraché). Derrière la caméra, le sympathique Richard Franklin (renommés Patrick et Déviation mortelle , réussi Psychose II , délectable-britannique Link ) ; devant, Radha Mitchell, actrice discrète et solide, appréciée dans Phone Game , Neverland , surtout Silent Hill et Eaux troubles . Écrit par le regretté Everett De Roche (les deux Long Weekend , Harlequin , Razorback  ou Link ), Visitors s’orne aussi de la présence de Susannah York (la patiente synthétique de Montgomery Clift dans Freud, passions secrètes , la maman de Superman dans le film homonyme de Richard Donner). Première surprise : il ne s’agit pas vraiment d’un film maritime mais davantage d’u...