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Affichage des articles associés au libellé Tony Scott

Sang neuf et Ciné ancien

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  Exils # 105 (24/04/2025) Récit d’apprentissage, à base de bizutage et de dépucelage, de dommages et d’hommages, Youngblood (Markle, 1986) ne change le schéma de ce cinéma-là, en surface sportif, en profondeur éducatif, respecte donc la structure (é)vocation/confrontation/consécration, celle idem de la comédie musicale. Mais sa trame mélange film d’adolescent, comédie romantique et mélodrame, invite l’individuel au cœur du collectif. Tout ceci suffit à en faire un film politique, en tout cas davantage que d’autres qui en revendiquent le galvaudé titre, assorti de surcroît d’une réflexion en action sur la dynamique des sexes, ses forces et ses faiblesses. Dix-sept ans et toutes ses dents, jusqu’à ce qu’il en perde une en coda, autographes de gosses à signer, baiser de la bien-aimée à différer, pourvu d’un patronyme explicite, symbolique, le délicat et déterminé Dean quitte la ferme de ses frère et papa, sise au Minnesota, direction, via un spectaculaire pont, le hockey au Can...

La Comtesse

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  Un métrage, une image : Les Lèvres rouges (1971) Scott connaissait Kümel ? Interrogation rhétorique. Cathy & Suzy, Tony lui fait baiser Fanny ( Les Prédateurs , 1983), avant qu’elle ne baise vraiment Fanny Ardant ( 8 femmes , Ozon, 2002). Dans le sillage des outrages de The Vampire Lovers (Baker, 1970) + Vampyros Lesbos (Franco, 1971), revoici des suceuses, certes pas celles des bandes classées X, même si la brunette suspecte, à la coupe Louise Brooks, semble presque une soubrette, issue de la pornographie française de jadis, so seventies . Au début, ça baise, bis , avec entrain, au creux du compartiment d’un train, salut à Martin (Romero, 1977). Ensuite, ça s’installe à Ostende, hôtel bunker à la Enki Bilal ( Bunker Palace Hôtel , 1989), soupçon de India Song (Duras, 1975), puisque surgit l’irrésistible Seyrig. Ce récit séduisit la féministe Delphine, qui piège le mec qui ne pense pas qu’avec sa tête, fellation d’occasion, qui avec sa ceinture, motif ...

Les Visiteurs

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  Un métrage, une image : Communion (1989) Commencé comme une comédie domestique, puisque PC planté, canard cramé, pompiers dépités, amende accordée, Communion – titre explicite, a fortiori de la part d’un auteur catholique – se transforme fissa en mélodrame familial, doit la majeure part d’un indéniable charme aux excellents, attachants, amusants, émouvants, Christopher Walken & Lindsay Crouse, le premier recommanda la seconde, dans son sens on abonde. Si le méconnu Mora, signataire aussi des a priori dispensables Hurlements 2 (1985) et 3 (1987) manque d’individualité, apprécie les œuvres d’art et les travellings compensés, il dispose d’assez de précision pour permettre au beau couple de ciné de pleinement s’exprimer, donner à ressentir un sentiment d’intimité, d’adulte (re)connaissance et de solidaire complicité. En surface, voici donc de la forestière ufologie, des Blue Visitors , ainsi les désigne le générique, d’accord, du ravissement pas un instant ravis...

Mishima : Soleil rouge

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  Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Paul Schrader. Le biopic problématique des Schrader, Leonard & Paul les frérots, la co-scénariste + l’épouse du premier Chieko, ne devient vraiment intéressant qu’à son mitan, presque une heure après son commencement. Auparavant, il faut se farcir, avec un ennui poli, un assemblage assez stérile de reconstitution, d’évocation, d’illustration. Certes, on patiente, on ne se lamente, séduit aussitôt par le beau boulot du compositeur Philip Glass ( Koyaanisqatsi , Reggio, 1982 ou Candyman , Rose, 1992), de la monteuse Tomoyo Ōshima, a priori fifille parfois flanquée de son célèbre papa ( Furyo , 1983 ou Tabou , 1999), de la production designer Eiko Ishioka ( Dracula , Coppola, 1992 ou The Fall , Singh, 2006), toutefois cela ne fonctionne pas, demeure désincarné, très et trop appliqué, exercice de style scolaire, guère révolutionnaire, en partie aussi desservi par une sentencieuse voix off intrusive, le n...

Les Morsures de l’aube

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Les crocs du vampire dans les encoches de la pellicule… Sur le vampirisme au cinéma, vaste sujet en miroir , on peut,  sans crainte ,   conseiller ces quelques titres, parmi d’autres : La Marque du vampire , film méta qui démasque Lugosi ; Hercule contre les vampires , curiosité psychédélique signée Bava ; Le Survivant , adaptation agréable mais inégale, avec l’impeccable Charlton Heston, du grand roman de Matheson ; Rage de Cronenberg, nanti d’une inoubliable Marilyn Chambers ; Les Vampires de Salem , d'après Stephen King, pour la télévision et par le drolatique Tobe Hooper ; Entretien avec un vampire , de Neil Jordan (qui remit le couvert avec Byzantium ), plutôt agréable même si l'on reste assez loin de la sensualité existentielle et tragique d'Anne Rice (le personnage de la petite Claudia métaphorisait un drame personnel) ; Dracula, mort et heureux de l'être de Mel Brooks, à rapprocher, quitte à prendre un pieu en plein cœur, du bal funèbre de Polanski ...