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Affichage des articles associés au libellé John Moxey

La Maison ensorcelée : Les Héritiers

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  Burn the witch – chiche ? Après un prologue over the top , quasi risible et presque sublime, de cérémonie pas si secrète, certes obsolète, au sadisme sataniste, à la signature impure, une party very juvénile, so sixties , surprend et détend l’antiquaire en quête de son frère épistolaire, évaporé sans trace laisser, sinon manuscrite, magnifique. Par conséquent, le passé répond au présent, la sorcellerie se poursuit aujourd’hui, la malédiction of course féminine souhaite exterminer l’ultime rejeton d’une lignée jadis éprise du bûcher. Camé au cognac, harassé de rêves patraques, hypnotisé, ensommeillé, somnambule incrédule, Robert ne se laisse faire, finit par défaire son meilleur ennemi, trop prévenant, trop prévoyant, par assister à un nocturne incendie, en compagnie de pompiers appelés, surtout d’un expert lucide et invalide, de la radieuse et valeureuse Eve, nièce nudiste, fissa séduite, donc à une coda en acmé, où l’aristocrate Morley joue à l’acrobate dédoublé. Si ...

The Devil Rides Out : La Chevauchée fantastique

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Révéler les vices de la high society  ? User de sa caméra en admirable sorcier. En 1968, une véritable révolution advient, au moins au cinéma : l’irremplaçable Christopher Lee passe du côté du crucifix, fout le bazar dans une messe noire, parvient à renverser le Temps, à revenir en arrière, tel Superman chez Richard Donner (1978). La Cité des morts (John Llewellyn Moxey, 1960) semble enterrée, son professeur-pourvoyeur enfin conjuré. Le changement de registre, héroïque au lieu de maléfique, affecte itou Terence Fisher, qui découvre le zoom , les transparences, le ralenti, les gros plans (de visages). Adieu au Scope et bienvenue à un pragmatisme pertinent, une efficacité en partie possédée, terme idoine, par l’esthétique express , désargentée, de la TV. Si The Devil Rides Out peut parfois rappeler un épisode en mode sataniste de Chapeau melon et bottes de cuir , série contemporaine, portée par un identique humour very britannique, la chevauchée en effet fantastique...

Belladonna : La Sorcière

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Exorcisme ? Érotisme. Procès ? Psyché. Que pourrait penser Jules Michelet de cette transposition japonaise de sa Sorcière (1862) littéraire ? Parions qu’il l’apprécierait, puisqu’elle sait conserver, par-delà sa propre liberté, style et sujet, son esprit précis, assemblage de romantisme révisionniste, de marxisme fantasmatique et de sensualité ancestrale. Film féminin sur une femme au fond très fréquentable, Belladonna (1973) évacue l’écueil du féminisme victimaire et du manichéisme moralisateur. Sacrifiée par une seconde femme de classe supposée supérieure, Jeanne demeure une force qui va, qui ne faiblit pas, même déchirée de manière littérale par un viol évident, individuel, ensuite implicite, collectif, à coup de chauves-souris rouge sang comme évanouies de son vagin meurtri. La scène, tout sauf obscène, constitue un moment marquant, mémorable, l’un des sommets d’expressivité de l’animation nippone des années 70. Héroïne de son temps, à la fois de productio...

Lemora : La Reine des damnés

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Le bleu est une couleur chaude dirait Clémentine/Adèle ; et Lila, dans tout ça ? Film désargenté riche de beauté(s), Lemora (1973) mérite vraiment son exhumation. Comme l’indique le sous-titre original, il s’agit d’un conte pour enfant à base de surnaturel, dont le possessif souligne la subjectivité : Lila Lee s’avère ainsi l’objet/sujet du récit, sudiste virginale vite égarée dans un univers de vampires à faire passer le futur Salem (1975) de Stephen King pour une pure villégiature. L’orpheline maternelle, fille de malfrat des années 30, traction française comprise, n’écoute que son cœur et s’en va rejoindre son papa épistolaire, laissant loin derrière un révérend accueillant bien que rétif aux manifestations d’affection et très troublé par la féminité miroitée de l’adolescente inconsciente. Treize ans et toutes ses dents, sans doute réglée à la Carrie White, matez-moi cette maison d’ American a munie d’une haie blanche iconique, Lila rencontre Lemora, femm...

La Maison qui tue : Rien sur Robert

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 « À vendre » ou à céder ? En guise de bail, des funérailles, puis une renaissance.    Pour une fois, le titre français se justifie : que voit-on ici, sinon la mise à mort d’une imagerie ? Bob Bloch s’y colle, scénariste à cinq reprises du studio Amicus, dont le guère florissant Le Jardin des tortures dirigé par Freddie Francis. Les vrais-faux rivaux de la Hammer l’enterrent, débauchent Cushing & Lee, engagent un débutant sur grand écran. Peter Duffell voulait du Schubert, y compris dans l’intitulé, mais Polanski récupérera bien plus tard La Jeune Fille et la Mort pour son propre torture porn politico-mélomane. The House That Dripped Blood, je propose en VF La Maison qui suintait le sang , ne manque pas d’humour macabre et son rythme mortifère convient à une visite de cimetière. On oppose le passé, baptisé Lugosi, au présent démuni, de canines malignes, sorry Sir Lee. On lit beaucoup, on adresse des clins d’œil à des auteur...

La Cité des morts : The Witch

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Sauvez la sorcière, miserait Michelet – perforez la jeune première, propose Moxey… Sorti en 1960 avant Le Masque du démon , Le Village des damnés et Psychose (incontournable trinité), La Cité des morts partage avec ses parfaits contemporains des éléments évidents : la sorcellerie (à travers les âges, rajoute le sulfureux Benjamin Christensen), la communauté (maudite), la disparition (intempestive de l’héroïne). Comme Marion Crane, Nan Barlow roule vers sa mort et la trouve dans un motel (la version américaine, expurgée du prologue, s’intitule d’ailleurs Horror Hotel ), plus précisément dans une auberge nommée en clin d’œil au corbeau de Poe (Raven’s Inn). Le (tout premier) film de John (Llewellyn) Moxey, monteur de formation, documentariste d’occasion (durant la Seconde Guerre mondiale), bientôt installé à la TV pour y diriger d’innombrables épisodes de Chapeau melon et bottes de cuir , Le Saint , Mission impossible , Mannix , Hawaï police d’État , Kung Fu , Drôles ...