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Affichage des articles associés au libellé Lalo Schifrin

Fêtes funèbres

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  Exils # 12 (20/12/2023) Quel élément (du crime ricane von Trier) commun entre L’Inconnu du Nord-Express (Hitchcock, 1951), Furie (De Palma, 1978), Le Retour de l’inspecteur Harry ( aka Sudden Impact , Eastwood, 1983) ? Of course leur crucial carrousel, leur ritournelle mortelle de circularité conflictuelle et cruelle, leur virtuosité visuelle de boucle bouclée comme climax musical causeur de décès emballé, empalé. Le passé ne saurait (tré)passer, il signe et persiste, refait faire un tour de piste aux pantins promis à un impitoyable destin, montés sur un maudit manège ( dixit Djian) de péril et de piège. Parmi un parc de pacte patraque, au palestinien et espionné soleil d’Israël, du côté de l’obscure et encadrée Santa Cruz, la roue de l’infortune, diurne ou nocturne, châtie les pécheurs, deus ex machina de machine maléfique, en rime a la caméra a priori prima donna. De la même manière moins douce qu’amère, la fête foraine au ciné souvent ne se finit de façon serein...

The Voice of Love

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  Re-recording intrépide et curiosité d’été…   La vocaliste/violoniste valeureuse revisite quelques classiques et titres moins emblématiques. Descendante de jazzman , fille cinéphile, elle possède à l’évidence le sens du rythme, elle respecte les tempi, elle réussit en grande partie son périlleux pari. Jamais il ne s’agit d’une petite et pénible plaisanterie, d’une fantaisie narcissique de freak multipiste, plutôt d’un tour de force (au) féminin, car elle le vaut bien, l’impériale Petra, elle sait se servir de façon parfois superbe et toujours surprenante de sa voix. Démultipliée, elle se démène, elle déploie sa maestria sereine, non démunie d’humour, animée selon un constant amour. Mademoiselle Haden aime ce qu’elle fait, fait ce qu’elle aime, cela s’entend et se ressent. La dame ressuscite donc des thèmes de Leonard Rosenman, Bernard Herrmann (reprise en bis ), Lalo Schifrin, Ennio Morricone (diptyque idem ), John Barry, Nino Rota, Dave Grusin (à nouveau morceaux en stér...

Le Chat à neuf queues

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  Notes ad hoc sur la BO du Dernier Tango … On peut penser du modéré mal de l’homonyme et masculin mélodrame commis par le défunt et fourbe Bernardo Bertolucci, souvent réduit dans le souvenir collectif, mauvais signe, à une trop célèbre scène de beurrée sodomie, bon appétit, ma chérie, ma Maria (Schneider) démunie, toutefois la musique du film s’avère une vivante réussite. Certes il ne s’agit pas ici de déposséder le sieur Gato Barbieri de son sens de la composition ni de l’exécution, ah, c/ses petits cris à la Keith Jarrett, mais d’affirmer que l’ album majeur doit aussi beaucoup au labeur d’arrangeur et de directeur de l’éphémère car cardiaque, voire stakhanoviste, Oliver Nelson. Ce soundtrack immersif captive l’écoute parce qu’il capture l’acoustique, délocalise et ressuscite un style puissant et subtil, à l’instar du compatriote et contemporain Astor Piazzolla. Ces deux hommes-là, d’ailleurs et de là-bas, ne révolutionnent rien et pourtant transcendent chaque instant, e...

Lisztomania : Musique(s) et Cinéma(s)

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Des mots et surtout des numéros (de pistes, d’ opus ) pour les fascinants enfants d’Erato. L’éditoriale actualité (cf. le dernier numéro d’une célèbre revue  spécialisée) nous donne l’occasion de brièvement rappeler notre amour de la musique, des musiques (générosité de l’éclectisme), de la musique au cinéma, de la musique de cinéma. On se permettra (qu’il nous le permette, en tout cas) de renvoyer le lecteur, mélomane ou non, vers notre « communauté » dédiée, thématique, dénommée La Septième Note , qui déploie de manière purement subjective et auditive (courts billets doux, cela et rien de plus, et encore) une partie des mille et une nuances de cette rencontre féconde, fertile, parfois conflictuelle, essentiellement plurielle (« une centaine de morceaux », écrivions-nous dans la notule de présentation, mais elle en comporte désormais bien davantage, laissons les comptes à vos moments perdus), ainsi que vers les rubriques spécifiques de ses « c...

La Piscine : Le Début de L’Inspecteur Harry

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Trente-six captures (d’écran) pour tenter de saisir la maestria d’une ouverture : Don « Dirty » Siegel rules  ! Le film, en Scope – format idéal pour les enterrements et les serpents (ou les scorpions ?), dixit Lang –, se place d’emblée sous le signe de la mort, avec ce monument dédié au policiers de San Francisco tombés « dans l’exercice du devoir ». Polysémie du vocable américain : la ligne droite, tangente ou brisée du devoir, du destin, de l’éthique, la ligne rouge à ne pas franchir, celle qui sépare de la folie et du trépas (Malick, scénariste éphémère). Sens géométrique du mot, pour une séquence de générique formidablement graphique, faisant penser à son homologue des Demoiselles de Rochefort (le pont transbordeur avec son entrelac de verticales et d’horizontales) ; Woo rejoint Demy, Siegel aussi. Géométrie du crime, mélancolie de la violence : une œuvre hantée par trois femmes mortes (la baigneuse, la jeune fille ...