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Affichage des articles associés au libellé Michael Winterbottom

Vingt ans avant

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  Exils # 35 (05/06/2024) Donc en deux mille quatre, ce passé se rattrape, l’auteur Le Meur, dissimulé derrière un double pseudonyme dépourvu de frime, revoici Tarkovski et même Margaret Mitchell, revoilà pourquoi pas Asia (la Scarlett O’Hara de Autant en emporte le vent , justement, versus la Scarlet Diva de la fifille fébrile du caro Dario), ne se posait en avocat du dernier Coppola, imagier mégalo du bien nommé Megalopolis , ne critiquait par opposition, par-delà sa culturelle (sur)production, notre époque médiocre et sa mondialisée camelote, royaume à la gomme de singes sans méninges, pas seulement sur les écrans, mon enfant, salon à la con de « coiffeuses et coiffés » pour conférencier spécialisé, presque désespéré par les errances de la trance (de l’enfance, de la jouissance) et les solos du « réseau » (stimulation de la simulation baguenaude Baudrillard). Fi de musique supposée « sociologique », de colères lapidaires (de quinquagénaire), ...

Jason X

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  Un métrage, une image : La mort sera si douce (1990)   Thompson au ciné, ancienne histoire, on le sait, depuis les scripts coécrits de L'Ultime Razzia (1956)/ Les Sentiers de la gloire (1957), d’après deux romans précédents, point les siens, jusqu’aux incontournables Guet-apens (Peckinpah, 1972), Série noire (Corneau + Perec, 1979), Coup de torchon (Tavernier, 1981), modèles de fidélité infidèle, voire l’inverse, en passant par les plus davantage dispensables Guet-apens (Donaldson, 1994), Liens secrets (Oblowitz, 1997), The Killer Inside Me (Winterbottom, 2010), n’omettons de mentionner une curiosité intitulée Hit Me (Shainberg, 1996), avec Elias Koteas & Laure Marsac. En 1990 sortit aussi le remarquable et remarqué Les Arnaqueurs de Frears, scénarisé selon le spécialiste Westlake, produit aux bons soins d’un certain Scorsese, au terme duquel le trop sentimental et un peu incestueux Cusack succombait à son implacable maman, donc Anjelica Huston, dé...

La Dame de Windsor : Highlander

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de John Madden. Un téléfilm inoffensif ? Sans doute, cependant plaisant. Treize ans avant L’Affaire Rachel Singer (2010), (re)lisez-moi ou pas, Madden devance le Stephen Frears de The Queen (2006), Helen Mirren idem . Mrs. Brown (1997), dénomination moqueuse de monarque a priori trop proche de son « palefrenier », cartographie une royauté recluse, menacée à distance par le républicanisme, dépeint un double portrait, celui d’une femme endeuillée, régie par le ressentiment, préférant le drame de l’exil à la comédie de la vie civile, celui d’un homme amical, loyal, Écossais censé ressusciter Sa Majesté, qui y perdra sa crédibilité, sa santé. La meilleure part du métrage réside dans la dynamique drolatique, tendue-tendre, du couple improbable, impossible, interprété de manière impeccable, récompensée, par Judi Dench & Billy Connolly, vrai-faux sosie de John Cleese, natif de Glasgow croisé selon ...

C’est arrivé demain : Edge of Tomorrow

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La une et l’infortune, le début et la fin, de la distance et un parfum de France. Au fidèle Franck Ferreira Alors à Hollywood, comme Duvivier ou Renoir, successeur de Capra curieusement épris de Lord Dunsany, René Clair réalise a cock and bull story , ainsi que l’affirme le directeur du journal, d’abord incrédule, à son ex -spécialiste de la rubrique nécrologique lui annonçant un braquage opératique, joliment filmé puis assourdi par les applaudissements à travers un hublot de porte, qu’importe. Pas aussi britannique et méta que le film de Michael Winterbottom nanti de ce titre en VO, devenu en français Tournage dans un jardin anglais , It Happened Tomorrow constitue cependant un agréable divertissement innocent, sinon conservateur. Connaître l’avenir, via l’édition du lendemain, aimablement fournie par le fantôme d’un archiviste, cela revient au fond – du fleuve où repêcher sa future mariée – à affronter l’heure précise de son propre décès, à s’y plier d’un air résigné,...

Tournage dans un jardin anglais : Les Duellistes

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Une vie et deux ou trois opinions à partir d’une galette neuve presque gratuite. Franchement, on ne donnait pas cher de la peau de Michael Winterbottom après le catastrophique The Killer Inside Me (Jessica Alba bêtement tabassée par le frérot de Ben Affleck, Jim Thompson s’en marre encore et nous itou) ni de celle de Steve Coogan, découvert en journaliste gérontophile pour le loupé Philomena de Stephen Frears ; quant au cinéma méta, sous-genre en soi, il nous donnerait plutôt la migraine que la trique (cf. la queue et la tête du titre original animalier, jeu de mots idiomatique sur cock et bull ), même porté par des Auteurs de valeur (alourdis cependant de nombreuses réserves, appréciez, s’il vous plaît, l’alexandrin taquin) comme Federico Fellini ou François Truffaut : à tout prendre, le cinéma peut certes longtemps continuer à se regarder le nombril au miroir de l’écran, dans un espace-temps autarcique et narcissique, geignard ou jovial (l’impuissance italienne ...