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Affichage des articles associés au libellé John McTiernan

The Head Hunter : Father and Daughter

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Une profession, une obsession, une résurrection, une transplantation… En vérité subjective, voici une valeureuse vendetta béhavioriste, au final ironique, sinon inique. Un chasseur royal, ermite qui décapite, devient vite un père amputé, qui attend impatiemment le retour au long cours du maudit ennemi. On le sait depuis une éternité, la vengeance s’avale froide, quitte ensuite à vous étouffer. Ici, perdre sa fille équivaudra, en définitive, à perdre la tête, de façon littérale, à siéger en silence, en absence, parmi les chefs des trucidés fichés sur les pieux du tableau de chasse établi à domicile, sourire satisfait du propriétaire funéraire à la clé. Auparavant, le petit cadavre profané de l’enfant servira de véhicule à une tête obsolète, très dentée, munie d’une queue à la Alien (Scott, 1979). The Head Hunter (Jordan Downey, 2018) se situe par conséquent au croisement de Conan le Barbare (John Milius, 1982), de The Revenant (Alejandro González Iñárritu, 2015), de Predat...

Crocodile Dundee : Subway

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Avoir ou prendre un ticket , dans la « Grosse Pomme » ou à Sydney… Titre anecdotique, néanmoins sympathique, voire l’inverse, Crocodile Dundee (Peter Faiman, 1986) possède une ( happy ) ending digne d’être souvenue, saluée. Non seulement celle-ci relit/revisite et renverse les retrouvailles/funérailles du tandem myth(olog)ique d’Eurydice & Orphée, dix mille fois mieux que l’imbuvable Monsieur Luc Besson, publicitaire pour la RATP à néons très cons, mais elle constitue de surcroît une modeste, mémorable leçon de cinéma. Cette séquence repose sur un double suspense , puisque le spectateur craint pour la course, redoute la rame. Après un petit papotage entre le portier (de jour) et Mick parti « randonner » (« walkabout », clin d’œil inconscient, quoique, au film homonyme de Nicolas Roeg, autre conte sur la rencontre des cultures, sorti en 1971), surgit Susie, élégante, impatiente, détentrice du gros couteau à la Rambo, symbole phallique (et co...

The Furies : La Région sauvage

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Des « belles », des « bêtes », comme un codicille au conte d’Amat Escalante... Le slasher , on le sait, ne séduit guère les cinéphiles féministes, qui n’y perçoivent qu’un amas de misogynie, d’effarantes fadaises, désormais dénommées « féminicides », amen . Si The Furies (Tony D’Aquino, 2019) semble se situer au sein de l’imagerie ressassée, afin de la mieux renverser, d’attribuer aux proies une victoire provisoire, sur leurs chasseurs remplis d’une froide fureur, il contourne en réalité le conflit sexué, il tamise son manichéisme liminaire de nuances surprenantes, je pense à ce salut de la main, échangé entre la kidnappée, son poursuivant. Dans la forêt à vif de The Furies , les tueurs meurent, tête masquée, à distance explosée. L’épilogue, sous forme de mise en abyme ironique, sado-masochiste, tel voyeur, tel spectateur, nous apprend les tenants et les aboutissants du jeu sanglant, organisé par une obscure société, pour le bon plaisir et le mau...