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Affichage des articles associés au libellé Barry Sonnenfeld

Planète Harlem

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Exils # 91 (12/03/2025) Contemporain du cossu Starman (Carpenter, 1984), moins sentimental et plus social, Brother (Sayles, 1984) mérite un accessit , bien qu’un brin manichéen. É crit, dirigé, monté – et interprété – par le scénariste de Piranhas (Dante, 1978), L’Incroyable Alligator (Teague, 1980), Hurlements (Dante, 1981) ou Le Clan de la caverne des ours (Chapman, 1986) et le réalisateur de Limbo (1999), il s’agit d’un conte moral (et anti-drogue en mode Reagan). Un extra -terrestre mutique à l’épiderme aussi sombre que la nuit se retrouve vite à Harlem, s’insère parmi ses « frères » (mendiant musulman le bénissant), réparateur de matériel électro et guérisseur de genou de minot doté d’un cœur d’artichaut, épris presto d’une chanteuse – Dee Dee Bridgewater sans Ray Charles – elle-même (dé)chue, du hit - parade , pas des étoiles. Le candide céleste découvre d’abord l’Amérique du Nord via les vestiges d’Ellis Island. Une main sur un mur, en écho à Brando sur ceux...

Jennifer 8

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  Un métrage, une image : Hors d’atteinte (1998) L’éclectique et anecdotique Steven Soderbergh se refit ainsi une santé critique, grâce à ce sentimental polar transposé d’Elmore Leonard. Disons-le d’emblée : son Miami entre amis à lui lasse assez vite, ne possède pas une seule seconde la maestria d’opéra d’un De Palma ( Scarface , 1983). Quant à l’étreinte enneigée, alternée, amusée, à Detroit délocalisée, de Sisco & Foley, singeant une scène célèbre du Ne vous retournez pas (1973) de Nic Roeg, autre monteur promu réalisateur, elle montre idem ses limites, a fortiori fantasmatiques. Comme le ridicule ne tue pas, pas même au cinéma, notre palmé cannois ne renoncera à remaker de manière médiocre un certain Tarkovski ( Solaris , 2002), à commettre l’interminable et pseudo-didactique Traffic (2000), à côtoyer, via un risible Équilibre , l’envoûtement manuel de Wong Kar-wai et l’ennui poli selon Antonioni ( Eros , 2004). Si l’on risque, qui sait, de visionner un jo...

Entre les jambes

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  Un métrage, une image : Last Seduction (1994) Qualifiée de « cathédrale sexuelle » par le spécialiste admiratif José Bénazéraf, Linda Fiorentino jubile à jouer (à) la « garce hypocrite », son avocat dixit  : en train de s’éclater au creux de l’habitacle nocturne, chevauchant son amant à l’arrière, de derrière, elle se marre à lui répondre « Je suis la reine des salopes ! », réplique explicite de lucidité ad hoc . Dans Jade (Friedkin, 1995), elle rira bien moins, elle finira plus mal, prisonnière de l’enfer conjugal. Pour l’instant, trois ans avant le presque divertissant Men in Black (Sonnenfeld, 1997), au passage l’un de ses dernières apparitions, la voici en voleuse machiavélique et quasi en fuite, ancienne directrice sans merci d’une société de télémarketing reconvertie en nouvelle directrice des relations publiques d’une société d’assurés sise à « Ploucville ». Du côté de Buffalo, pas de machos ni d’amer mari dému...