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L’Homme atlantique : La Voix humaine

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  Cet amour-là, à plusieurs voies… À Jacqueline, davantage durassienne que moi-même. Vous découvrez L’Homme atlantique (1981). Vous le découvrez, oui. Vous le visionnez car l’amie qui elle aussi vous vouvoie vous l’adressa. Alors vous écoutez Marguerite Duras. Alors vous regardez Yann Andréa. Duras déclame sa déclaration de désamour. Elle dirige Andréa à distance. Le film affiche sa réalisation jusque dans sa narration. Il comporte peu de plans. Il comporte l’empilement d’une mise en abyme au miroir. Dans la villa vide, la voix s’élève. Dans l’écran d’encre, elle se donne à entendre. Absente et présente, voilà. La cinéaste enregistre une présence et une absence. Un homme parmi des milliards. Une élection ou une introspection. Sa proximité, son altérité. L’image multipliée de sa mort au milieu d’un règne mortel. Le son de l’océan. Le paysage d’une plage. Les mots échafaudent aussitôt un hors-champ. Ils identifient une différenciation dite irréd...

Fortress : The Warriors

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Les « risques du métier », le « trophée » à ramener… Adapté par l’indispensable Everett De Roche du premier opus de Gabrielle Lord, à succès instantané, au passage inspiré d’un « fait divers » des seventies décalqué sur une célèbre séquence de L’Inspecteur Harry (Don Siegel, 1971), co-produit par HBO, distribué en réduction en salles australiennes, voici un vrai téléfilm valant mieux que de nombreux faux « films ». Réalisateur de second unit sur Razorback (Russell Mulcahy, 1984), documentariste gouvernemental, Arch Nicholson, décédé à la cinquantaine, dommage, délivre un ouvrage attentif, inventif, in extremis très ironique. Sorte de « sortie scolaire » hardcore , Fortress (1985), aka L’École de tous les dangers , amitiés au compatriote Peter Weir ( L’Année de tous les dangers , 1982), relève du ravissement, du survival , de la revanche vacharde. Cette fable affable, à la moralité immorale, aux kidnappeurs masqués, id...

Les Rescapés : Dog Soldiers

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Enfants privés de parents, bergers forcément allemands, opus assez plaisant… Les cinéphiles savent depuis Europa (Lars von Trier, 1991) que le terme « loup-garou » désigne, aussi, certains nazis. Dans Les Rescapés (Adrian Panek, 2018), baptisé Werewolf à l’international et Wilkołak à domicile, on n’aperçoit pourtant aucune créature lycanthrope, on se contente d’accompagner un groupe de gamins, survivants résilients du récent démantèlement des camps. Abritée au fond d’une forêt, désormais occupants désarmants, désarmés, d’un manoir sans eau ni électricité, la meute de marmots va devoir affronter l’assaut d’une seconde, tout autant affamée, assoiffée, en sus « dressée pour tuer », salut à Sam (Fuller), de préférence les porteurs d’uniformes rayés, tandis qu’à proximité se terre, au sein d’un bunker à la Hitler, un sinistre déserteur, à son tour prisonnier de la peur, tandis qu’un soldat de Staline, of course alcoolisé, succombe à son instinct sexuel mal...