Arsenal : La Grève
Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre d’Alexandre Dovjenko. Film de révolution ? Film de sidération, cinéma éminemment poétique et politique, comme si l’on pouvait jamais les dissocier. Arsenal suit deux lignes de récit et de rythme, à la fois anti-militariste (en mode Kubrick, reprenez Les Sentiers de la gloire ) et anti-bourgeois (oui-da de Pravda ). Une image cristallise la démarche du cinéaste, celle des soldats endormis sur le pont du train, le paysage pris en plongée défilant vivement derrière eux. Une réplique la résume mieux qu’une autre : « Nous avons avancé, avancé, et nous n’avançons plus » dit l’ouvrier gréviste retranché à proximité des obus. Dovjenko filme cette immobilité en mouvement, cette Histoire en marche qui trébuche et s’achève sur un torse nu, offert aux fusils, d’emblème immortel, car son métrage, non seulement ne brosse pas la propagande soviétique dans le sens du poil (ou du plan), davantage défaitiste que ...