Le Port de l’angoisse
Un métrage, une image : Frères (1929) Découvrons donc un « film allemand prolétarien », dont le générique aux personnages et acteurs anonymes, limités à des types, désigne un « Juif », fichtre. Dit ainsi, ça effraie fissa, toutefois Frères ne sacrifie ni au manichéisme, ni à l’antisémitisme, même orné, dès l’orée, d’une célèbre phrase d’un certain Marx. La lutte des classes commence par la glace (du calcul classé égoïste) que cassent les bateaux de Hambourg, capturés à contre-jour. En 1896, malaise, de maritime mélodrame familial à la fraternité au carré, au propre et au figuré, puisque deux fils s’y opposent et in extremis s’y rabibochent, à l’écart du casque boche, à pointe prussienne assez malsaine. Cinéaste attentif, historique scénariste, proche du SPD, ennemi et (in)soumis aux nazis, Hochbaum se base sur une vraie grève hivernale et générale d’exploités peu écoutés, payés 4,20 marks la journée, pour trente-six heures de très dur labeur, encadré...