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Affichage des articles associés au libellé Peter Weir

Veni vidi Fidji

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  Exils # 114 (26/06/2025) Adaptation de Dick ? Mélodrame drolatique, où un « adulescent » découvre soudain que depuis sa naissance tout le monde de son petit monde lui ment. Il suffit d’une interférence à la radio d’auto, de la résurrection rapido du pseudo papounet trépassé en bateau, traumatisme et culpabilité de minot à trafiquée météo, pour que le simulacre se détraque, que la « star » décide de passer derrière le miroir (salut Alice), de monter l’escalier (type Magritte), de sortir du studio, réplique et révérence respectueusement insolentes en prime ( time ). L’agent d’assurance accomplit ainsi une seconde (re)naissance, quitte la matrice (sur)protectrice et « manipulatrice », petit paradis WASP pastel et pasteurisé, à rendre caduc celui du miston Burton ( Edward aux mains d’argent , 1990). Point de pilule, de complot, de Neo ( Matrix , les Wachowski, 1999), plutôt la révolte non violente (couteau écarté illico ) et individuelle du héros...

L’Ombre et la Couronne

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  Exils # 106 (06/05/2025) « Il n’y guère de quoi rire » parmi « l’hystérie » maccarthyste, mais la « comédie » à moitié terminée sur les larmes du gamin renouvelle une trouvaille originelle ( L’Arroseur arrosé , Lumière, 1895) pour laver le sale procès. Au cabaret où ne craquer, gaffe à l’effroyable lifting, un tandem de mecs retravaille l’increvable modèle de la tarte à la crème. Voici du physique, du slapstick , comme un effort encore, avant de revenir en volant vers la patrie révolutionnée, volée, décor et hublot de studio, truquage de paysage d’un autre âge. Certes le scénariste/réalisateur/acteur/producteur/compositeur ridiculise sa cible, (dé)montre l’immoralisme de la « Commission » à la con, ne pratique cependant le prosélytisme, « roi et communiste » impossible indeed , jadis déjà le drapeau rouge ramassé, en tête de cortège porté, ne consistait à être encarté ( Les Temps modernes , 1936). Ironie terrible et au carré,...

Vestiges du révisionnisme

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  Exils # 45 (08/07/2024) Dire d’ Indiana Jones et le Cadran de la destinée (Mangold, 2023) qu’il passe à côté de son sujet s’affirme un euphémisme. Tout, pourtant, y tourne autour du temps, matière première de nos artères et d’un art funéraire autrefois divisé par Deleuze en « image-mouvement » et « image-temps », justement. Vingt-cinq années séparent les deux périodes historiques et donc les deux représentations du personnage supposé mythique, surtout cyclique, dont la double profession d’exhumation et de transmission, puisqu’archéologue puis pédagogue, s’avère en soi symbolique. Au moment présent de l’hégémonie numérique, Dorian Gray peut aller ailleurs se damner, se faire tirer le portrait c(r)aché, contaminé, Harrison Ford retrouver sans effort sa force, les outrages du grand âge de la suite touristique, située du côté de Tanger, aux cascades bondesques (studios de Pinewood compris, pardi), réminiscences de celles de Rémy Julienne, compensés par la soli...

The War Zone

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  Commémoration d’occasion, memento mori en série, pellicules et pays…   Si tu r’viens n’attends pas que je sois tombé pour la France Étienne Daho Ce spectacle spectaculaire, son-et-lumière mortifère, affola les futuristes, sinon les fascistes ; la Grande Guerre ne pouvait pas ne pas être illustrée au ciné, art massif, optique et mécanique, idem amateur de monuments funéraires, les films eux-mêmes, faussement immortels, dédiés à un identique et différencié conflit, celui ente la mort et la vie, pardi, aux victoires pareillement provisoires, voire illusoires. Dès 1915, donc en léger différé, Feuillade deux fois s’affaira ( L’Union sacrée , Le Noël du poilu ), suivi de DeMille ( La Petite Américaine , 1917), Chaplin ( Charlot soldat , 1918), Griffith ( Cœurs du monde , 1918). Puis le parlant passant par là s’en empara, par conséquent Pabst ( Quatre de l’infanterie , 1930), Hughes ( Les Anges de l’Enfer , 1930), Milestone ( À l’Ouest, rien de nouveau , 1930), Bern...

Dawn of the Dead

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  Aube des macchabées ? Jour toujours de retour… Le mélomane Pialat le premier s’en empara, premier mouvement mis sur le générique de Police (1985), puis le rapide Peter Weir ( État second , 1993), au sein du sillage d’un succès de CD, puisque la désormais fameuse symphonie de Górecki sortit chez Nonesuch un an avant. Ces « chants de chagrins », d’autres cinéastes s’en servirent, citons le tandem anecdotique de Schnabel ( Basquiat , 1996) & Malick ( The Tree of Life , 2011),   plusieurs interprètes les servirent, pour le meilleur et pour le pire : la pionnière Stefania Woytowicz pâtit d’être trop opératique ; Zofia Kilanowicz , chanteuse en chaire, en présence du compositeur impassible, sinon souffrant d’un ennui poli, les dramatise et les glamourise ; Lisa Gerrard , contralto et non soprano, point trop n’en faut, s’égare, les adeptes de Dead Can Dance ne se marrent ; Beth Gibbons , assise, exquise, émancipée de Portishead, dirigée ...

Sitcom

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  Un métrage, une image : Prête-moi ton mari (1964) À visionner cet ancien succès, désormais bel et bien oublié, on comprit le dépit de Romy. On le savait, on s’en doutait, la chère et revêche Schneider ne s’acclimata à l’ America , fissa cassa son contrat avec la Columbia. L’une des lignes narratives nous sert cependant le contraire, histoire sans hasard d’un corps encore en partie étranger in extremis réinséré au sein d’une si WASP microsociété, lestée d’un seul homme et magistrat dit de couleur, quel malheur. Coécrit par un tandem issu de la télé, adapté d’un bouquin de Jack Finney, romancier déjà transposé huit ans avant, via le fameux et moins joyeux L’Invasion des profanateurs de sépultures (Siegel, 1956), appréciez au passage les patronymes des propriétaires, Burke & Hare, clin d’œil adressé à un célèbre duo de britanniques body snatchers , donc private joke de l’auteur de The Body Snatchers , (in)animé par un jadis animateur chez Disney, accessoirement ac...

Trois mille ans à t’attendre : Miller’s Crossing

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  Mad Max chez Delacroix ? Pas un quart on y croit… Trente-cinq années après Les Sorcières d’Eastwick (1987), Miller retourne au fantastique, toutefois l’angélique évacue le diabolique, la romance se substitue à la satire, Byatt remplace Updike. Co-écrit en compagnie de sa scénariste de fifille, ce vrai-faux film à sketches déjà chapitré, visionnage en DVD ainsi facilité, découvert hier au sein d’une salle spectrale, se met in extremis en abyme, car cahier dessiné, rédigé, refermé. Le titre d’origine souligne la nostalgie du désir, sa millénaire mélancolie, celles en somme d’un démon entre deux mondes, sinon deux flacons, qui aspire à une apaisée conclusion. Hélas pour lui, dirait Godard, il rencontre une « narratologue » à la gomme, peu pressée de fissa formuler les fameux trois vœux, parce qu’en professionnelle du textuel, de l’intertextuel, elle sait parfaitement qu’il faut se méfier de les voir exaucés, que derrière l’assouvissement se dissimulent d’abord l...

Child’s Play : Boys Don’t Cry

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  Des notes qui dénotent ? Une parabole qui affole… Économique et critique insuccès, adapté d’une pièce acclamée de Broadway, affublé d’un intitulé français racoleur, ridicule, éloquent, Les Yeux de Satan , en partie déprécié par le principal intéressé, Child’s Play (Lumet, 1972) s’apprécie en récit d’éducation à la con, de masculinité très tourmentée, aussi et surtout en leçon de réalisation, davantage que de morale. Il s’agit ainsi d’un jeu (d’enfant-s) dangereux (« You only lose once » affirme l’affiche), facile et funeste, avec le feu, plus celui, refroidi, de l’Enfer de naguère, a fortiori de la confiance, maxime latine explicite, réversible, dorénavant substituée à la foi, cinéphile croyant, tu peux filer fissa. Le métrage méconnu, tendu, d’antan, de son temps, partage, pardi, le paranoïaque, ou pas tant, complotisme sectaire, encore en huis clos mortifère, de Rosemary’s Baby (Polanski, 1968), présage la possession, par procuration, des esprits pervertis, ...

Eve of Destruction : Hommes, femmes, mode d’emploi

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  Veille de vide ? Divertissement lucide… Petite pépite portée par une dédoublée Renée Soutendijk, cet item méconnu mérite d’être reconnu, en raison de son scénario assez subtil, co-signé par Yale Udoff ( Enquête sur une passion , Nicolas Roeg, 1980), certes desservi par la mise en forme fonctionnelle de l’ ex -clipeur britannique Duncan Gibbins, auteur du (trio) molto hétéro Careless Whisper de George Michael , d’ailleurs décédé incendié prématuré, ton chat au milieu des flammes de California chercher tu n’iras. L’actrice irrésistible du Quatrième Homme (Paul Verhoven, 1983) incarne donc, littéralement, à chaque plan éclatant de sa beauté, de son talent, un robot bientôt loco et une scientifique pas si amnésique. Film féminin propice à séduire les cinéphiles féministes, Eve of Destruction (1991), à ne pas confondre avec la protest song homonyme immortalisée par Barry McGuire , appréciez au passage le jeu de mot anglais sur le prénom très connoté, aussi intitulé en f...

Atlantique, latitude 41° : Les Femmes… ou les enfants d’abord…

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  Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Roy Ward Baker. On le sait, le ciné anglais excelle à esquisser les classes, héritage artistique et bien sûr sociologique. Aussi insulaire, il peut a priori dépeindre la mer amère. À raison renommé, le métrage remarquable et remarqué de Baker ( The Vampire Lovers , 1970 + La Légende des sept vampires d’or , 1974) cristallise ces deux courants stimulants, les appareille, sens duel, en plein océan. Si La Règle du jeu (Renoir, 1939), autre opus d’une société en train de sombrer, certes moins au propre qu’au figuré, s’avère un (s)avant-(dé)goût de la guerre, Atlantique, latitude 41°  (1958) se souvient à l’évidence du Blitz, tout en anticipant, au passé, la Grande Guerre, déjà (dé)passée. Délesté de sentimentalité, évidé de vains CV, écueils récurrents de l’imagerie catastrophique, cf. par exemple l’ idem maritime L’Aventure du Poséidon (Neame, 1972), doté d’un titre d’avertissement un brin moralisateur, A ...

Fortress : The Warriors

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Les « risques du métier », le « trophée » à ramener… Adapté par l’indispensable Everett De Roche du premier opus de Gabrielle Lord, à succès instantané, au passage inspiré d’un « fait divers » des seventies décalqué sur une célèbre séquence de L’Inspecteur Harry (Don Siegel, 1971), co-produit par HBO, distribué en réduction en salles australiennes, voici un vrai téléfilm valant mieux que de nombreux faux « films ». Réalisateur de second unit sur Razorback (Russell Mulcahy, 1984), documentariste gouvernemental, Arch Nicholson, décédé à la cinquantaine, dommage, délivre un ouvrage attentif, inventif, in extremis très ironique. Sorte de « sortie scolaire » hardcore , Fortress (1985), aka L’École de tous les dangers , amitiés au compatriote Peter Weir ( L’Année de tous les dangers , 1982), relève du ravissement, du survival , de la revanche vacharde. Cette fable affable, à la moralité immorale, aux kidnappeurs masqués, id...