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Affichage des articles associés au libellé Cyril Collard

Hyènes : Money Monster

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  Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de   Djibril Diop Mambéty. A film is a kind of meeting; there is giving and receiving. Now that I have made it, Hyènes belongs as much to the viewer as to me. You must have the freedom and confidence to understand and critique what you see. DDM Dans Zombie (1978), autre conte anticonsumériste du capitalisme comme cannibalisme, Romero accomplissait un caméo de réalisateur de JT très débordé ; dans Hyènes (1992), Diop Mambéty s’octroie le rôle d’un ex -magistrat, « de mes deux », vitupère l’épicier populaire puis sacrifié, manière de (se) mettre en abyme mais aussi à distance le « didactisme » de l’ensemble. Le fils d’imam pourrait prêcher, désirer condamner, il se contente d’observer, avec une clarté cadrée au cordeau, de son chœur en couleurs les quelques qualités, les dangereux défauts. Au terme de la moralité pas si manichéenne, moins douce qu’amère, Draman disparaît, s’évapore...

La Tête d’un homme : Maigret voit rouge

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  Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Julien Duvivier. En découvrant la version restaurée de La Tête d’un homme (1933) de Julien Duvivier, on ne peut pas ne pas (re)penser à l’expressionnisme allemand, pardon du pléonasme, surtout au trio mytho-socio du Cabinet du docteur Caligari (Wiene, 1920), Loulou (Pabst, 1929) et M le maudit (Lang, 1931). Doté d’un intitulé à double sens – la tête à guillotiner, la tête de l’intériorité –, (re)voici un film de l’enlisement, du ressentiment, à la fois portrait d’une psyché très perturbée, d’une (micro-)société sur le point de céder, de sombrer. Dans le rôle d’une carrière, au croisement somnambulique et sarcastique de Conrad Veidt & Fernandel (ou Benjamin Biolay, allez), le remarquable et remarqué Valéry Inkijinoff, ensuite recroisé chez Bernard ( Maya , 1949), Fritz ( Le Tigre du Bengale + Le Tombeau hindou , 1959), de Broca ( Les Tribulations d’un Chinois en Chine , 1965) ou Enrico ( Les Aventuriers ,...

L’Africain

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  Un métrage, une image : Condemned to Live (1935) Derrière le titre un brin sartrien, comme en écho aux travaux de Cyril Collard ( Condamné Amour ) ou Emil Cioran ( De l’inconvénient d’être né ), réside une relecture du L’Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde de Robert Louis Stevenson. La scénariste Karen De Wolf revisite le vampirisme de Tod Browning ( Dracula , 1931) et le délocalise au cours du prologue exotique, au creux et au cœur de ténèbres à la Joseph Conrad et au son de tams-tams à rendre l’âme. Racisme de contexte colonialiste, après la xénophobie jolie du père Bram Stoker ? Disons davantage la géographie fantasmatique d’une intérieure Afrique, en effet. Sa mère jadis mordue par une maousse chauve-souris, eh voui, le bon professeur Kristan, sans doute en sus un bon chrétien, en tout cas une type impeccable, un modèle indispensable, un (futur) mari admirable, se révèle vite et en série un meurtrier maladif et amnésique. S’il n’investigue sur lui-même,...

Kaléidoscope (sans Hitchcock) II

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  Six années de ciné recensées sur FB… À propos de Nice (Jean Vigo, 1930) Accompagné de Kaufman, Vigo invente le point de vue vertical des séries US urbaines (ou du générique de Candyman en mode Nicolas de Staël), présage les pantins de casino à la Demy. L’eau des vagues devient un motif rythmique repris par les arroseurs de municipalité, les garçons de café. En montage alterné, on s’active pour le carnaval, à l’opposé de palmiers immobiles, pénis naturels dont prendre soin. Les luxueux hôtels basculent dans l’ivresse des axes, la promenade embourgeoisée, malgré sa mendiante, défile en travelling ou prise en plongée. Un avion puis des bateaux sur l’eau, un match de tennis , une pétanque de prolos, des autos : vive, placide, la ville se donne en spectacle, à l’instar de la (bonne) société immortalisée, déshabillée. Anges = requins alors Vigo cadre des crocos, des ruelles presque napolitaines. Le soleil incinère, des mecs jouent avec leurs mains, on danse (en contre-plongée, ...