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Affichage des articles associés au libellé Bill Pohlad

L’Amour à la plage

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  Surdité à la Beethoven ? Unité pas à la gomme…    D’une Caroline à l’autre : avant un train en train de siffler, un clébard d’aboyer, une reprise a cappella de boucle bouclée, Pet Sounds donne donc à entendre en coda dépressive un portrait chanté, enchanté, davantage désenchanté, que pourrait adouber la sentimentale déprime de Berlin . De Reed à Wilson ne change presque pas la donne, la dope persiste et signe, la douceur supposée du LSD, de la marie-jeanne, substituée à la dureté de l’héroïne en prime. L’ opus de Lou ne pouvait sans doute surgir qu’au sein malsain des révisionnistes seventies , se situer en Allemagne en effet « mère blafarde », en reflet d’une mère amère et suicidaire. Celui des plagistes à succès, ensoleillés, à demi déjà séparés, révèle l’envers et la facticité du rêve californien, la genèse du disque se verra ensuite mise en images de manière hollywoodienne,  boomerang propret de biopic pasteurisé ( Love and Merc...

Le Secret des Marrowbone : Le Château de ma mère

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Moelle d’âme, forteresse de Bettelheim ou Michael Mann, ligne à franchir, à écrire. Un territoire, un manoir, un miroir : nous voici de retour au pays des souvenirs, dirait Mickiewicz, et bien sûr de la cinéphilie, en particulier espagnole. Le triple secret du film, mère mobile, malade, morte, père truand, incestueux, assassin, survivant à personnalités multiples, n’importe quel spectateur des Autres et de L’Orphelinat le connaît, le reconnaît. Nulle surprise puisque le scénariste du second, Sergio G. Sánchez, rédige et réalise Le Secret des Marrowbone , que produit d’ailleurs Juan Antonio Bayona, que met en musique Fernando Velázquez, que monte Elena Ruiz, tous les trois déjà au côté de la belle Belén Rueda, autre mère malheureuse à progéniture de sépulture. Rien de neuf en matière de fantômes, de famille, de présent empoisonné par le passé, de culpabilité partagée à conjurer, à évacuer ? Oui et non, car le mélodrame, terreau de l’horreur, on ne cessera de le rép...

Older : Avec le temps

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Deux « décades » après sa sortie, court retour sur le chef-d’œuvre du réellement regretté George Michael. A thing of beauty is a joy for ever: Its loveliness increases; it will never Pass into nothingness; but still will keep A bower quiet for us, and a sleep Full of sweet dreams, and health, and quiet breathing. Keats, Endymion Plus âgé, affirme le titre du disque, quand la chanson éponyme interroge : Don’t you think I’m looking older ? En 1996, George Michael atteint l’âge christique de trente-trois ans et sort d’un procès avec Sony, arrangé à l’amiable, rassurons-nous, dans le sillage de l’insuccès commercial relatif, par rapport à Faith (1987), de Listen Without Prejudice, Vol. 1 (1990). Dix années après le dernier album de Wham !, Music from the Edge of Heaven , dont l’intitulé céleste pourrait significativement servir à définir celui abordé aujourd’hui, il obtient un nouveau contrat chez Virgin au Royaume-Uni, DreamWorks aux Ét...

Love & Mercy : Le Kid de la plage

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Bill Pohlad, un producteur (de films) derrière l’objectif ? Pourquoi pas, mais certainement pas comme cela, selon cette exsangue « évocation », fausse du premier au dernier plan… Il conviendrait de projeter (de plutôt jeter à la poubelle) ce « téléfilm » dans toutes les (discutables) écoles de cinéma, pour bien démontrer ce qu’il ne faut pas faire en la matière, à quel point le vocable réalisateur s’avère surfait, usurpé, dévalorisé (Welles s’en plaignait déjà). La « critique » (internationale), cette pénible profession de professionnels de la « petite phrase » ,  ne sort guère grandie du désastre, son ravissement confinant à la confusion (admirative) entre le « matériau » et le résultat, à la crétinerie (dithyrambique), voire à la surdité (audiovisuelle). Avec ses « reconstitutions » de sessions en studio (renvoyons les amnésiques vers Godard, hiératique, réflexif, enregistrant la «...