Tourist Trap : Cartes, territoires, caméras
Ma France à moi au miroir fantomatique de la tienne à toi… Le cinéma régional n’existe pas mais les régions aiment le cinéma. Elles lui commissionnent des dépliants – touristiques, enrobés de dramaturgie – sur grand écran. Elles s’en servent en annexe délocalisée d’OTSI. Elles exportent une certaine image de la France, devenue en une quarantaine d’années une sorte de Mondwest muséal, patrimonial, allègrement gastronomique. Quand les paysans se suicident, que les usines tombent en ruines, on peut toujours se secourir à l’aide du secteur tertiaire. À défaut d’idées pour conjurer un chômage désormais structurel, voici donc le pétrole vert des pâturages, le pétrole blanc des monuments, le pétrole ouvert à tous, pas uniquement aux Asiatiques, de l’Histoire selon Stéphane Bern. Autrefois, dans les années 60, la filmographie hexagonale cultiva cette veine vintage , à coup de co-productions européennes, l’Europe des costumes et des coutumes, pas celle des nationalismes et des migran...