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Affichage des articles associés au libellé Bob Fosse

Xanadu : Kelly’s Heroes

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Exécrable, excrémentiel, à excommunier ? Pas exactement : expositions, explications. So let’s dance through all our fears War is over for a bit The whole world should be moving do your part Cure a lonely heart Kylie Minogue, Your Disco Needs You De Kane le caveau devient illico une boîte disco. Films mortifères, Citizen Kane (Orson Welles, 1941) et Xanadu (Robert Greenwald, 1980) partagent un toponyme, un esprit de déprime, un feu de final. Le magnat des médias rêvait de transformer sa maîtresse médiocre en diva, elle possédera d’ailleurs son propre établissement nocturne, nommé El Rancho, Dio mio. Sonny Malone, sinon Bugsy, comme au milieu des mômes d’Alan Parker (1976), peintre dépité, accomplit encore mieux, car il rencontre une muse (murale), au sens littéral du terme, en la personne d’une mystérieuse patineuse, belle et providentielle, appelée Kira, voilà, voilà. En vérité, il s’agit d’Olivia (Newton-John), vraie chanteuse/danseuse, issue du sai...

Magic : The Dreamers

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Jamais si bien desservi que par soi-même, dommage pour Goldman… We live, as we dream – alone. Conrad, Heart of Darkness Dans Magic (Richard Attenborough, 1978), on passe de Lenny (Bob Fosse, 1974) à La Maison du lac (Mark Rydell, 1981). Dans Magic , presque rien ne se passe, ni dépasse, on aperçoit, toutefois, le sein droit d’Ann-Margret ( Le Kid de Cincinnati , Norman Jewison, 1965 ou Tommy , Ken Russell, 1975), Burgess Meredith ( Rocky , John G. Avildsen, 1976 ou La Sentinelle des maudits , Michael Winner, 1977) se fait casser la tête par une marionnette et Ed Lauter ( King Kong , John Guillermin ou Complot de famille , Alfred Hitchcock, 1976) poignarder par un pantin, donc double assassin. Dans Magic , Anthony Hopkins pique une crise mutique, devant un pénible public, se réinvente en ventriloque à succès, ensuite exilé du côté des Catskills, monologue molto en mode schizo, une année après l’endeuillé Audrey Rose (Robert Wise, 1977), idem éclairé par Victor J...

Dans ses yeux : Le Juge et l’Assassin

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Juan José Campanella. Trois faux départs – le premier pathétique, le deuxième sentimental, le troisième horrifique – puis trois fins disons heureuses, secret assourdi, fleurs funèbres, aveu radieux – avec une césure médiane et une scène de rail retravaillée : Dans ses yeux (2009) aime la symétrie, pratique le parallélisme, se penche sur les correspondances à distance. Si la structure schizophrène tresse le roman à la réalité, précisons celle du récit, donnée pour telle, il ne s’agit pas, contrairement au Festin nu (Cronenberg,   1991), de présenter une réflexion en action(s) sur la création parmi une perspective existentielle, sinon existentialiste, plutôt de refléter le passé au miroir du présent, lui-même déjà daté, et inversement, seconde chance en latence, bouilloire de liaison incluse. Obsédé par une affaire sordide, le greffier Espósito s’improvise donc romancier, auteur de polars sur le tard. ...

La prochaine fois je viserai le cœur

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Énigme limpide des Euménides, calvaire du Captain Marvel  de Jim Starlin. Quand je me détendrai enfin, quand je presserai la détente à deux mains, je reverrai peut-être tous les films que je vis, les mille et une vies traversées au passé, qui me transpercent au présent. Quel littéral final cut  ! Quel instantané en accéléré ! Quel furtif récapitulatif ! Je me planquerai dans l’impasse à palmiers de Pacino. Je sauterai avec Sigourney enceinte de l’étranger au creux de son brasier. Je m’écroulerai dans la rue indifférente à côté de Ventura, pauvre papillon épinglé. Car regarder un film, finalement, a fortiori fiché horrifique, s’apparente à entrevoir un accident, lent travelling avant puis latéral vers le point d’impact, la « scène du crime », la « scène primitive », la sculpture impure qui cristallise la collision et immortalise un événement évident, irréversible. Art mimétique, art funéraire, le cinéma représente le monde et la mort,...

Ma vie avec Liberace : Le Pianiste

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Steven Soderbergh. Pas de boogie-woogie avant de faire vos prières du soir Eddy Mitchell Ni Fassbinder, ni Friedkin, ni LaBruce, ni Molinaro, Soderbergh mit du temps à concrétiser son projet de biopic de dix années ramassées sur cent dix minutes, et Ma vie avec Liberace vient parfois longtemps après Le Droit du plus fort, Cruising , Gerontophilia , La Cage aux folles , deux opus importants, une jolie réussite itou sortie en 2013 + une comédie indubitablement dispensable. S’il s’autorise quelques afféteries arty au piano, en avion, durant un bad trip , l’ensemble fait profil bas et s’apparente davantage à du filmage qu’à un long métrage rempli d’audace(s). Que ce littéral téléfilm de luxe connut les honneurs d’une exposition cannoise, que son auteur stakhanoviste passe auprès de certains critiques pour un styliste, laisse songeur et renseigne autant sur les exigences de Monsieur Thierry Frémaux qu...

L’Ange bleu : Le Bateau d’Émile

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Josef von Sternberg. Marlene Dietrich & Sternberg, bla-bla-bla. Que cela plaise ou pas, on ne va pas parler de ça, on va parler de cinéma, écrire sur le film, laisser à autrui le mythe miteux et la place sous le lit, celle qu’occupe à l’identique le lycéen fétichiste et fantaisiste, voleur de petites culottes à Lola Lola (une femme allemande, affirme Fassbinder), pas encore à Madonna, ni à la danseuse gracieuse, presque homonyme, de Jacques Demy discrètement gay friendly . Que (re)voir dans Der blaue Engel en 2017 et en ligne qui vaille la peine, qui mérite quelques lignes ? En vérité je vous le dis depuis ma subjectivité, tout se joue durant le quart d’heure d’exposition, conclu par un funeste fondu au noir, où le cinéaste revenu des États-Unis puis vite reparti, merci aux nazis, relit Le Cabinet du docteur Caligari et use du son en virtuose. Mate-moi l’architecture de cette masure, avise cet avata...