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Affichage des articles associés au libellé Takashi Shimizu

May

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  Un métrage, une image : The Victim (2006) Voici un film fourni en fantômes de folklore et fondus au noir, à dimension méta, coupé en deux en son milieu, porté sur le replay de présence surnaturelle enregistrée. Chez Monthon Arayangkoon, la persona devient un personnage à part entière, doté d’un masque mortuaire, la hantise se matérialise, les rôles se renversent, les identités se dédoublent. Le sang-froid du fameux Paradoxe sur le comédien libertin cède sa place à une incitation à « fusionner » sa personnalité, à force de mémorisation répétée, avec le caractère représenté, comme l’explique la prof de l’ incipit un brin lycéen, aux étudiantes indolentes. En matière de méthode, majuscule incluse, celle-ci en vaut une autre, toutefois, au pays de la foi, a fortiori en l’au-delà, on n’incarne pas les morts sans (se) causer du tort, même si encens allumé sur l’autel des décédés. Saupoudrée d’un soupçon d’humour plus ou moins volontaire, la première partie possède presqu...

The Story of Joanna

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  Terri Hall par Damiano ? Cassidy par Mattei… La beauté, le talent, tu m’en diras tant, séduisent puis s’épuisent, n’expliquent, plutôt limitent, l’abstraction de l’affection, l’émotion d’une élection. On se dispense donc, avec votre permission, d’énumérer les raisons, bonnes ou non, de la joie que je dois à Joanna. On souligne le plaisir pris à la suivre, de loin, néanmoins, fi de moult items de sa (télé)filmographie fournie, peu nécessaires, peut-être alimentaires. Une actrice qui turbine, working actress , en termes US, ne stresse ni professe, ne raille ni déraille, elle travaille, vaille que vaille. Elle peut pourtant conserver, sans vaine vanité, sans absence de lucidité, sa singularité, sa personnalité, ce familier mystère la rendant, à chaque instant, si chère, si étrangère. En sus signalons la satisfaction à la savoir vivante, vaillante, soixante-seize ans, à présent, important, pas autant : la cinéphilie, assez tissée à la nécrophilie, au risque de l’asphyxie, de...

Unborn : Phoenix

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Shalom à la gomme ? Conte pour solde de tout compte… Le motif du miroir fantomatique matérialise l’intitulé du blog que vous lisez, lui-même définition du cinéma, mais l’argument mystique et historique excède les reflets funestes. Si Unborn (David S. Goyer, 2009) semble se souvenir de The Grudge (Takashi Shimizu, 2004) et son gosse d’escalier, de Prince des ténèbres (John Carpenter, 1987) et sa terreur quantique, de L’Exorciste (William Friedkin, 1973) et sa tête rotative en spider walk , l’essentiel se situe ailleurs, davantage du côté du Golem (Paul Wegener, 1920 ou Julien Duvivier, 1936), de Ces garçons qui venaient du Brésil (Franklin J. Schaffner, 1978), de Shoah (Claude Lanzmann, 1985). Ce métrage minoré, mal-aimé, mérite néanmoins une heure vingt d’une vie de cinéphilie, car il essaie de revitaliser un thème momifié, celui de la possession/malédiction, au contact de la Kabbale. Hollywood, on le sait, on renvoie vers Le Royaume de leurs rêves de Neal Gable...

Temple : Promenons-nous dans les bois

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Soixante-dix-huit minutes en forme d’insulte à l’intelligence et à l’existence. « Ce temple vous rendra malade » et ce film aussi, d’une anémie interminable à transformer Apichatpong Weerasethakul en émule vitaminé de Michael Bay. Une forêt, des égarés, un caméscope, des phénomènes paranormaux comme il faut : le scénar nullard délocalise la sorcière de Blair du côté de Tokyo puis se fend d’un retournement final censé jouer sur l’ambiguïté de l’histoire et du récit, sur la duplicité du point de vue et le brouillage du témoignage. Une momie sous cloche médicale évoque sa virée triangulaire, dépressif platonique flanqué d’un queutard pathétique et d’une étudiante en croyances, mon Dieu. Cela finira par une pendaison/lapidation de saison, un ensevelissement en compagnie d’une kitsune – préférons celle de Katsuni – et un stylo planté dans le cou du traducteur. Les plus indulgents apprécieront la direction de la photographie, la chute de reins de Natalia Warner. On do...

Péril en la demeure : Notes sur les maisons hantées au ciné

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Vomir ses voisins ? Maudire l’immobilier ! Faire un film avec/de/sur une maison hantée manifeste toujours le cinéma méta. « Esprit, es-tu là ? » demande traditionnellement le médium et les médias, intercesseurs souvent intéressés, rarement intéressants, entre les régimes du réel et du surnaturel, délivrent indeed des « œuvres de l’esprit ». La maison soumise à la hantise métaphorise la salle, la caméra, le cerveau, le tombeau, sacro-sainte trinité de subjectivité placée sous le signe et le sceau du suaire. Au seuil de Inferno (Argento, 1980) ou L’Au-delà (Fulci, 1981), il faut en effet abandonner toute espérance, en reprise de la devise de la danteste porte infernale. Si l’architecture transalpine, délocalisée, à domicile, repose sur des fondations à la Charon, l’Overlook en surplomb du Colorado s’enracine dans un cimetière indien, point commun de « génocide » national reliant Shining et Pet Sematary , romans + adaptations. Imag...

The Grudge 2 : Hantise

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Voyage à Tokyo sans trémolos ni Ozu – l’oserez-vous ?... Ce film mal-aimé (au succès commercial éclair, éphémère) s’avère cependant bien aimable. Certes, Takashi Shimizu semble passer le plus clair de son temps (et de sa filmographie) à s’auto-remaker. Bien sûr, les actrices paraissent très âgées pour interpréter des lycéennes (internationales), même en classe de terminale. Évidemment, tout ceci peut rappeler Ring , Kayako en avatar faiblard de Sadako, chevelure de nuit, à la Mizoguchi ( Les Contes de la lune vague après la pluie , oui) et contorsions craquantes (littéralement) incluses. Et alors ? Notre cinéaste, à défaut de prendre des risques (formels), ne prend jamais le spectateur pour un imbécile (constatation faite aussi par la clairvoyante Sarah Michelle Gellar dans l’un des sympathiques suppléments), peu importe sa nationalité. Rencontre assez convaincante entre l’Est et l’Ouest, entre l’Asie et les États-Unis, The Grudge 2 ne manque pas d’avérées qualités,...