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Le Dernier Cahier d’une condamnée

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  Exils # 66 (06/01/2025)   Comparé à l’ opus , Carrie paraît presque une comédie et Persona (Bergman, 1966) abstrait, bourgeois. Si Chahdortt Djavann revisite Stephen King, sans le savoir ni le vouloir, sa chronique d’une mort annoncée, via les derniers mots d’une ado emprisonnée, se déleste de télékinésie, du réalisme classé magique de García Márquez, de la malhonnêteté intellectuelle du gros Hugo, dont Le Dernier Jour d’un condamné , plaidoyer littéraire à la Bob Badinter, se refusait à fournir le motif de l’exécution afin de ne point affaiblir du lecteur l’empathique émotion. Bref et direct, La Muette donne à lire et ressentir le récit d’une Shéhérazade rajeunie, qui a contrario de la célèbre ancêtre citée dans le texte ne parviendra pas à sauver sa peau. Fatemeth déteste son prénom modelé sur celui de Mahomet, mais moins que sa mère remplie de bigoterie. La risible « sororité » avec laquelle se gargarisent les occidentales féministes, elles-mêmes muette...

Parle avec lui

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  Exils # 63 (02/12/2024) La leçon d’émancipation se termine par un homicide, un sourire au carré, au visiteur, au spectateur, adressé au-delà de dix années. La femme maquillée, démasquée, se sert enfin du poignard épousé, au propre, au figuré. Sa confession l’affole et l’offense, alors l’immobile mari mutique aussitôt ressuscite, le quasi cadavre cocufié tente de tarir la parole en effet libérée, proclamée, entre quatre murs, en quelques murmures. Le silence assourdissant du déjà gisant, l’intimité formulée de l’infidèlement fidèle moitié, le bégaiement du débutant subissant les mauvais traitements du commandant insultant : le vaudeville réaliste et symbolique de double guerre domestique, familiale et nationale, (re)constitue un triangle de la langue, construit un huis clos de mots, où la dame anonyme, la mère intrépide, passe d’une maison d’intolérance à une seconde dite de tolérance, que tient sa tante, sensuelle conseillère, maquerelle et meurtrière. Davantage qu’au vi...