Rio Grande
Un métrage, une image : Zumiriki (2019) Filmer ? « Vivre deux fois ». Ce film ? « Un garde-fou ». Muni de multiples caméras, « yeux de la forêt » tout sauf ceux de Disney (John Hough, 1980), quoique, notre naufragé point affligé, sorte de sauvage volontaire, partage une parenthèse douce-amère. Île liquide, enfance enf(o)uie, dernière nuit à la bergerie, aphone fin de vie : tout ceci pourtant se situe du côté de l’envie, ne gémit en nostalgie. Prosaïque, poétique, un peu drolatique, guère dogmatique, l’ouvrage renverse le barrage, ranime les images, celles, paternelles, des home movies documentaires, celles, originelles, du tout premier film basque non sonorisé, donc muet, bruité de manière exemplaire par trois corps en parfait accord. La leçon de synchronisation, de résurrection, outre constituer un petit traité méta, à trio de voix, symbolise la sensorialité, la sensualité de l’ensemble. Cette solitude ne verse vers l’hébétude, l...