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Affichage des articles associés au libellé Georges Simenon

Gens de Dublin

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  Un métrage, une image : La Jeune Folle (1952) À Jacqueline Waechter, à l’écart de la guerre En surface, La Jeune folle se soucie d’Irlande, d’indépendance, de Républicains, de destin. À ce niveau-là, ça ne fonctionne pas, jamais on y croit, la fameuse suspension of disbelief sur tout ceci glisse. Idem en situation de délocalisation, le Minnelli de Madame Bovary (1949), autre portrait d’une féminité fiévreuse et très tourmentée, durement dessillée, convainquait davantage, au-delà du langage, puisque du cinéaste la sensibilité idéaliste et lucide ressemblait à celle de l’héroïne, faisant du pari impossible, de l’adaptation a priori à la con, un modèle de fidélité infidèle, en outre un autoportrait porté par une actrice assez sublime, souvent intense, Selznick ne me critique, nommée Jennifer Jones. En subjective vérité, Yves Allégret décrit un second pays, et cela séduit, réussit : en écho à l’incontournable Corbeau (1943) du guère collabo Clouzot, La Jeune Folle...

Milan calibre 9 : Pour une poignée de dollars

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  Des magots, des salauds, la déroute à défaut de Beyrouth… Prologue over the top , durant lequel Adorf y va fond, dégoûté, doublé, puisque simple papier à la place de précieux billets, fait fissa sauter à l’explosif trois complices, auparavant les tabasse, les balafre, leur fracasse la face sur un vase, les féministes, surtout seventies , s’en horrifient. Pourtant, passées disons ces dix premières minutes de cumulatif tumulte, manifeste sans conteste de vivace violence et néanmoins, ou en conséquence, d’anti-réalisme assumé,  Milan  calibre 9 (Di Leo, 1972) pose un regard neuf sur une imagerie sous peu rassie, très liée au ciné, à l’Italie, de la décennie. On se voit surpris, sinon ravi, par la justesse des situations, des émotions, le souci de la psychologie, de la sociologie, certes pas celles de la poussière littéraire et universitaire. Réalisé par un vrai réalisateur, dépourvu de peur, en sus scénariste et dialoguiste, d’ailleurs collaborateur de Leone, Tessari, F...

Maurice

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  Un métrage, une image : Gueule d’ange (1955) À Jacqueline Gueule d’ange commence comme se termine Panique (1946), fête foraine défaite, mais Marcel Blistène, ses Amants de demain (1959) salué par mes soins, à la différence de Julien Duvivier, ne s’inspire de Simenon afin de cartographier un pays, une patrie, en proie à l’antisémitisme et à la furie, acerbe façon de régler ses comptes avec ceux qui l’accusaient d’être allé ailleurs se planquer pendant l’Occupation des Teutons. Basé sur une chanson de Charles Dumont, revoilà Piaf, sa moralité soignée, appliquée, c’est-à-dire, traduisent les sarcastiques et les critiques, surtout des Cahiers , sclérosée, asphyxiée, à l’image du moment d’antan, « transit » des frileuses fifties , dans la vie, sur un écran, relit Laclos davantage que Madame Bovary , l’experte « provinciale » en faux tableaux à deux balles valide et emballe. Puisqu’il n’existe « plus de place aujourd’hui pour les héros »,...

Maigret à Vichy : Un cœur simple

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  Tosca d’opéra, étrangleur de valeur… À Jacqueline, presque spécialiste Il existe un déterminisme du X : il faut copuler ; il existe un déterminisme de la police : il faut enquêter. Même en cure, à cause d’un peu d’usure, du cap patraque de la cinquantaine incertaine, le célèbre commissaire ne s’indiffère, de façon définitive ne se « met au vert ». Accompagné de son épouse disponible, complice, le voici à marcher parmi l’irréelle, voire « anormale » et « au ralenti » Vichy, à y collaborer, terme là-bas très connoté, vous en conviendrez, avec Lecœur, son ancien comparse perspicace, à rousse moustache, délesté de ses « troubles de conscience », idem de son désir de « connaissance ». Car Maigret ne peut s’empêcher de vadrouiller, d’observer, de s’interroger, de s’inquiéter. Au terme de cent quatre-vingt-quatre pages épurées, écrites avec économie, du dialogue et du récit maestria mesurée, quasiment à la Heming...