Articles

Affichage des articles associés au libellé Abel Ferrara

My name is Luka

Image
  Exils # 199 (19/05/2026) Après le speech de petit épicier du directeur du ciné (séance gratuite unique pour « raisons économiques », vive l’UE, « désolé » de n’avoir prévu en amont l’intervention avec l’interprète), le QCM de propagande européenne (« démocratie » de marquis), tu assistes en salle bondée (délocalisation de la programmation, passage de 300 à 120 sièges, dégagez recalés) à la projo adaptée (sous-titrage coloré) d’un premier film au titre programmatique. Succès multiprimé, Sorda (2025) « essentialise » façon LFI, aborde le thème de « l’identité » doté d’une finesse éléphantesque. Si le spectateur ne comprend, n’entend, ce que signifie être démuni de l’ouïe, la cinéaste scénariste et sœur de l’actrice manie la mise en scène « immersive », marotte de modernité dématérialisée, je ne reviens point sur le risible The Revenant . Donc plus de son, du bruit assourdi, réalité ouatée ou péniblement appareill...

Les Yeux sans visage

Image
  Un métrage, une image : The Headless Eyes (1971) Matrice apocryphe de Driller Killer (Ferrara, 1979) ? Plutôt petit opus pas si déplaisant, dépourvu de perceuse cependant, car accumulation d’énucléations. Le très obscur scénariste et réalisateur Kent Bateman, homonyme de Patrick, l’anti-héros de American Psycho , pareillement mythomane, supérieurement mélomane, portraiture un type en rupture, un artiste qui assassine, s’excuse de blesser, un créateur destructeur, vite envahi par un double à domicile. Voleur d’envapée, notre Arthur Malcolm se retrouve sans tarder éborgné, c’est-à-dire émasculé, pontifient les psys. D’une ville à la suivante, d’une côte à l’autre, de l’Ouest vers l’Est, il se transforme en somme en tueur en série, féminicides imaginés ou commis. Maniant voire magnifiant les miroirs de l’âme de ces dames, prostituée portée sur le lexique correct, politique, « streetwalker », mon cœur, actrice à l’audition de carnation, ménagère presque d...

Goliath

Image
  Un métrage, une image : Le Château de l’horreur (1974) « La trépanation de la cervelle est en soi très justifiable » : l’œuvre d’Oliver, pseudonyme peu limpide, collectionne sans vergogne les répliques drolatiques, ce qui la rend à l’instant, en un instant, un divertissement souvent amusant, assorti de situations aussi stupides qu’irrésistibles, tant le sublime sait en sus, souvent, se métisser de risible, surtout au sein (aperçu plein) du ciné classé genré. On y retrouve un Rossano Brazzi en bout de course, presque à bout de souffle, l’acteur de valeur de Vacances à Venise (David Lean, 1955), La Charge de Syracuse (Pietro Francisci, 1960) ou L’or se barre (Peter Collinson, 1969), illico relooké en « comte » Frankenstein sérieux et toutefois espiègle, dialogue ad hoc , avant de visiter l’univers malsain de Damien ( La Malédiction finale , Graham Baker, 1981) puis la grosse pomme pourrie, de nuit, d’Abel Ferrara ( New York, deux heures du matin , 1984). Dans le rôle de l’...

L’Invasion des profanateurs : Arnaques, crimes et botanique

Image
  De la déprime et du speed , de la graine et plus de haine… Car Je est un autre. Rimbaud L’Invasion des profanateurs  (1978) possède déjà les défauts de L’Étoffe des héros (1983), il manque de rythme, de style, il dure deux heures, Seigneur. Viré par Eastwood du plateau de Josey Wales hors-la-loi (1976), qu’il co-écrivit, Kaufman en dépossédé paraissait toutefois la personne idoine pour à nouveau adapter la moralité d’altérité de Jack Finney. Ensuite auteur d’un diptyque pseudo-littéraire de peu de valeur, le décoratif et dispensable L’Insoutenable Légèreté de l’être (1988)/ Henry et June (1990), le Phil cinéphile s’acoquine au sieur Richter ( Dracula , Badham, 1979, Brubaker , Rosenberg, 1980, Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin , Carpenter, 1986), afin d’édifier les foules au sujet de leur déshumanisation supposée, de leur aliénation, étrangeté au propre, au figuré, de saison, allons bon. En vérité, sa sienne invasion synthétise et spatialise...

Sanctuaire

Image
  Un métrage, une image : La Dernière Maison sur la plage (1978) Matrice apocryphe de L’Ange de la vengeance (Ferrara, 1981), lien malsain entre La Dernière Maison sur la gauche (Craven, 1972) et La Maison au fond du parc (Deodato, 1980), l’ opus de Prosperi, ancien assistant et scénariste de Bava ( Hercule contre les vampires , 1961, La Fille qui en savait trop , 1963), se soucie aussi du Sanctuaire de Faulkner et de féminisme radiophonique. Aucun Requiem pour une nonne ici, même si ça sévit sec et ad hoc ça cartonne. Insuccès en salle, situé au sein du cadre hédoniste et estival d’un éden infernal, exit le sombre « gothique sudiste » des Proies (Siegel, 1971), La settima donna , titre numérique explicite, presque biblique, ne pouvait pas être produit ailleurs qu’en Italie, parmi ce territoire alors terroriste, terrorisé, molto catho. Belle gueule d’ange déchu, Aldo braque une banque, en partant descend une passante, avec ses acolytes se casse en DS, i...

Folies d’avril

Image
  Un métrage, une image : Le Suspect idéal (1997) Sans son casting ad hoc , pas en toc, Deceiver décevrait, ressemblerait à un ersatz en définitive assez fadasse et futile de Usual Suspects (Bryan Singer, 1995). Mais muni de Tim Roth ( La Légende du pianiste sur l’océan , Giuseppe Tornatore, 1999), de Chris Penn ( Nos funérailles , Abel Ferrara, 1996) & Michael Rooker ( Henry, portrait d’un serial killer , John McNaughton, 1986), le petit exercice de style des jumeaux Jonas & Josh Pate prend une autre dimension, acquiert presque une autre ambition, que le jeu un peu oiseux du chat et de la souris de son incertain, malsain et ad nauseam recommencé récit. Une prostituée Elizabeth prénommée se fait donc trucider puis en deux découper, amitiés macabres à la fameuse Elizabeth Short, of course . Pourtant pas de « dahlia noir », plutôt un partagé désespoir, ludique ou tragique, puisque le premier flic doit du fric au bookmaker Mook, caméo en prime d’Ellen B...

L’Affaire Mattei : Le Goût de l’Italie

Image
  Trente métrages , trois images, deux visages, un rivage … À l’italianophile Jacqueline Io ho paura (Damiano Damiani, 1977) Petit polar politique, à propos de la pornographie, au propre, au figuré, d’une Italie alors terroriste-terrorisée, ponctué de saisissants effets de réel mortel et placé sous le signe duel de la duplicité, tandem de juges, juste ou injuste, pour policier déplacé, apeuré, justicier, assassiné, où le valeureux Volonté, flanqué des cosmopolites Adorf & Josephson, démolit, doté d’une dépressive fragilité, les « hommes forts » de sa filmographie, chez Petri & Rosi… Il nido del ragno (Gianfranco Giagni, 1988) D’un labyrinthe à l’autre : dans une Budapest spectrale, une secte tisse sa toile… Certes longuet, pas assez personnalisé ni développé, du fantastique toutefois soigné, beau boulot du directeur photo, musique à la Herrmann, avec spécialiste traumatisé, secrétaire singulière + bébé humain-arachnéen. Et Stéphane Audran, comme souvent, é...

Vers un destin insolite, sur les flots bleus de l'été : The Lobster

Image
Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Lina Wertmüller. Bercé par la bien belle bossa du maestro Piero ( Piccioni ), le spectateur auditeur découvre donc une comédie mélancolique, un item touristique, un opus politique. Une année après Film d’amour et d’anarchie (Lina Wertmüller, 1973), au sujet duquel j’écrivis aussi, la réalisatrice reprend le même couple impeccable mais à présent prend la mer amère. Mariangela Melato & Giancarlo Giannini possèdent tous deux des yeux verts, des silhouettes sveltes, pourtant « la Lina » ne les « casta » pour cela, quoique. Ces castaways annoncent ceux de Castaway (1986), justement, certes délestés des inserts infects de Nic Roeg. Pas de pourriture des corps pour perturber la parenthèse utopique, supposée « enchantée », époque oblige, plutôt l’improbable rencontre entre des avatars « à la dérive » d’Adam & Ève, de Robinson & Vendredi. Comme si La Mégère appriv...