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Affichage des articles associés au libellé Mamoru Oshii

Mary et la Fleur de la sorcière : Le Château dans le ciel

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Fin d’été, ennui poli, apprentie sorcière pas assez vénère. Après le plantage public du pneu politique et méta de Blow Out (1981), Brian De Palma revisita ses classiques et livra, dans le sillage de Phantom of the Paradise (1974), épaulé par le peu subtil Oliver Stone au scénario, une nouvelle fable opératique, cette fois-ci mafieuse, sur le capitalisme atteint d’hubris, promise à un culte pérenne et de contresens parmi la « jeunesse défavorisée », expression misérabiliste de journalistes, de sociologues, le scandaleux et lucratif Scarface (1983). Après l’échec commercial du réussi Souvenirs de Marnie (2014), un salut à Tippi Hedren & Melanie Griffith, surtout selon Body Double (1984), Hiromasa Yonebayashi se tourne à nouveau vers la littérature fichée enfantine et transpose une œuvre non traduite de la Britannique Mary Stewart, apparemment spécialiste de l’imagerie liée à Merlin. Paru en 1971, six ans à la suite de la naissance d’une certaine Joanne Rowling,...

Real : Wrong

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Kiyoshi Kurosawa. Vrai ratage intégral, Real souligne les limites d’un style et d’une certaine conception du cinéma. Durant soixante-quinze longues minutes, on suit (ou subit) l’aventure intérieure (celle de Joe Dante distrayait davantage, par-delà l’hommage à Dick Fleischer) d’un homme parti réveiller sa chérie au sein de son esprit (contradiction lexicale ludique), hybride aux « yeux bridés » d’Eurydice et de la Belle au bois dormant. Puis survient un twist auparavant supputé à coup d’indices colossaux, à la finesse éléphantesque (ameublement aseptisé, environnement inanimé, architecture labyrinthique, grisaille persistante, transparences hitchcockiennes en voiture) ou en bordure de perception subliminale (fauteuil de cinéaste contre le canapé dalmatien) : la fausse endormie rejoint enfin son réel dormeur (du val oriental, un brin rimbaldien) et tente de le sauver, non seulement de la Mort, qu...

La Mécanique des corps : Réparer les vivants

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre de Matthieu Chatellier. Je dis, pour lui refaire son anatomie. L’homme est malade parce qu’il est mal construit. Artaud, Pour en finir avec le jugement de dieu   Put on your red shoes and dance the blues Bowie, Let’s Dance Croyez-le ou non, l’amputation constitue l’une des niches du X en ligne. Rien de neuf, finalement, et sans l’élégance, hélas, du Tristana de Buñuel, mémorable exercice de fétichisme prothésiste remarquablement porté par une Catherine Deneuve décolorée. Point d’érotisation (à la Crash de Cronenberg , par exemple) ni d’héroïsation (malgré une brève volonté de renouer  avec la SF d’adolescence) ici, pas de noms (ils figurent au générique de fin), de relation (au sens de récit) ou de narration (optique de la chronique). Du côté de la côte normande (à défaut de celui de Guermantes), il convient non plus de rechercher puis de retrouver le temps perdu, la ...

La Musique de mon cœur : Saluer l’ami Kenji

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Que Kawai qui m’aille ? Pas loin, et tant pis pour sa harpe privée de Birmanie. On ne peut que s’étonner de la relative confidentialité en nos contrées du travail de Kenji Kawai, ou pas tant que cela, finalement. Même placé en troisième côté du triangle formé par Joe Hisaishi (complice de Takeshi Kitano ou Hayao Miyazaki) et Ryūichi Sakamoto (partenaire de Bernardo Bertolucci, Brian De Palma ou Nagisa Ōshima), sa notoriété ne saurait égaler celle de ses deux confrères, tandis que sa discographie ne comporte aucun succès commercial à la Shigeru Umebayashi ( In the Mood for Love , au thème d’ailleurs réutilisé, retravaillé, à partir du Yumeji antérieur de Seijun Suzuki) ni ne se voit saluée par une reconnaissance critique comme en connut Tōru Takemitsu, par exemple pour Ran d’Akira Kurosawa. Pourtant Kawai partage avec eux une réelle fidélité collaborative à certains cinéastes – le fameux tandem compositeur/réalisateur, dont les exemples abondent – et il œuvra ainsi à pl...

Avalon : Tank Girl

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre de Mamoru Oshii. Now the party’s over I’m so tired Then I see you coming Out of nowhere Much communication in a motion Without conversation or a notion Avalon Roxy Music Ash (prénom chipé à Ridley Scott à bord du Nostromo), otaku polack coiffée à la Louise Brooks, une mèche cendrée vieillissant son avatar (pensons aussi à la coiffure électrique bicolore de la fiancée de Frankenstein immortalisée par James Whale, autre créature morte-vivante, absente au monde des hommes et des dieux, surtout à elle-même), ne vit pas vraiment. Disons qu’elle survit, qu’elle évolue dans un univers vaguement totalitaire aux échos communistes (le mitrailleur défiant le tank en souvenir des événements de Tien An’anmen, auxquels un monument commémoratif rend hommage à Wrocław, les explosions figées semblant donner à voir l’infigurable de Hiroshima et Nagasaki : syncrétisme d’atrocités conçues av...