Articles

Affichage des articles associés au libellé Elem Klimov

Le Long Mensonge

Image
  Exils # 186 (02/04/2026) Dans sa filmographie autocommentée (Wolski, 2016), le cinéaste souligne la dimension autobiographique de Katyń (2007), absence du père, attente de la mère, liquidation de l’« intelligentsia », silence assourdissant, durant « quarante-quatre ans », des complices communistes, des alliés étrangers. Ce mensonge de la honte, collectif et (journal) intime, public et privé, le film ultime aux allures de réquisitoire et de requiem le (re)met en scène, en démontre le cynisme réversible, la manipulation à l’unisson. Des archives livides se voient ainsi assorties d’une voix off rejetant la faute sur l’ennemi du moment, armée rouge sang ou « gestapistes » allemands. Une balle dans le crâne, en rime à la Shoah homonyme, représente la caractéristique de chaque camp, parmi la forêt maculée qui effraie. L’exercice de didactisme historique et réflexif demeure valide aujourd’hui, le numérique et l’IA invitent à ce révisionnisme-là. Wajda ...

Jessica au commissariat

Image
  Exils # 83 (18/02/2025) Secte + fliquette = œuvrette ? Un peu, pas que, car Jessica Sula incarne Jessica Holden, voire l’inverse. Il faut à nouveau signifier aux féministes que le cinéma classé horrifique, y compris le slasher , qui rend vénères d’américaines universitaires, ne se caractérise par sa misogynie, au contraire d’une multitude de titres mainstream , ne parlons pas de la presse dite féminine. Malum (DiBlasi, 2023) le démontre à sa modeste manière, dépeint en indépendant le portrait d’une policière à bout de nerfs, portée volontaire pour occuper la permanence en soirée d’un poste plus qu’à moitié désaffecté. Autrefois, voilà un an déjà, son papa y tira en pleine tête sur deux collègues au stand de tir, avant de faire fissa sauter la sienne, a priori sous emprise maléfique. Des images d’archives de médiocre qualité documentaient en effet un groupe d’entourloupe porté sur le sacrifice en forêt, pas que de poulet, à Stomy Bugsy mélenchonistes amitiés. Il ne suff...

L’Odysseydou

Image
  Exils # 17 (29/01/2024) Voici la vie dure du pourtant prénommé Seydou. Commencé sur un sommeil malmené, à cause d’une sœurette guillerette à la perruque suspecte, de ses amies en chorale bancale réunies, l’ultime film du réalisateur des recommandables Gomorra (2008) et Dogman (2018), du dispensable a priori Reality (2012) se termine sur un plan presque poignant, visage souriant et larmoyant du capitaine d’opérette, repéré en pleine mer, surplombé par un sécuritaire hélicoptère, accord de contraires à la John Woo itou. Du rêve au réel, le prix à payer s’avère vite élevé, traversée du désert mortuaire et suspension en vraie-fausse prison incluses, comme si le Leone du Bon, la Brute et le Truand (1966) croisait la (dé)route du Pasolini de Salò ou les 120 Journées de Sodome (1976). « Naïf » adolescent de seize ans, dixit sa maman se démaquillant, de tout son cœur le recadrant, notre Candide du Sénégal ne songe qu’à se faire la malle, histoire d’aider la précitée, e...

La guerre est finie

Image
  Un métrage, une image : Pluie noire (1989) Filmer l’infilmable, les effets instantanés, puis prolongés, du premier des crimes de guerre, des « crimes contre l’humanité », commis par les États-Unis, avec un cynisme définitif, n’oublions les observations, les interdictions, au Japon sous occupation, sans se soucier de Resnais ( Hiroshima mon amour , 1959), en se souvenant surtout d’Ozu – pari à moitié remporté, puisque musique surdramatique, due à l’incontournable Tōru Takemitsu, plus nuancé, plus inspiré, chez Teshigahara ( La Femme des sables , 1964), Kobayashi ( Kwaïdan , idem ), Ōshima ( L’Empire de la passion , 1979) ou Kurosawa ( Ran , 1985), allez, parce que le prologue, couplé à un retour en arrière, en enfer, reconstitution en accéléré, au risque de saper la célèbre « suspension d’incrédulité », rappelle plutôt la pétrification de Pompéi, qu’il n’annonce Nagasaki. Pourtant, Pluie noire opère, presque sans crier gare, un saut spatio-tempo...

Les SS frappent la nuit : Les Tueurs

Image
Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Robert Siodmak. Si vous connaissez La Nuit des généraux (Anatole Litvak, 1967), Les SS frappent la nuit (Robert Siodmak, 1957) ne vous surprendra pas, pas totalement, en tout cas. On y découvre/retrouve, pour ainsi dire par avance, à dix ans de distance, d’écart, une doublement sinistre histoire, à base d’insanité personnalisée, mondialisée, de meurtres en série et d’assassinats d’État. Pourtant, pas encore de prostituées trépassées, ni de furieux Führer à défaire, sens militaire ; quant au blême tandem de Peter O’Toole & Omar Sharif, il se voit précédé par un duo point falot, composé par Claus (Holm) & Mario (Adorf), le commissaire et l’idiot. En dépit de son titre français excessif, exagéré, à rapprocher du semblable, racoleur Requiem pour un massacre (Elem Klimov, 1985, au lieu de l’impératif, objectif Va et vois ), malgré son intitulé original ( La nuit, quand venait le Diable ) lui-même ban...

Berlin Falling : Berlin Undead

Image
Chute de dictateur ? Dernier battement de cœur…   À Brieuc Le Meur, d’ici, d’ailleurs Un vétéran d’Afghanistan croise la route, littéralement, d’un terroriste allemand : résumé ainsi, Berlin Falling (Ken Duken, 2017) ressemble à un road movie venu de Germanie, voire à un huis clos (motorisé) sado-maso ; il s’agit, en réalité, d’un thriller méta, qui divise et fait dialoguer deux personnalités, pour mieux dépeindre le contemporain européen, lui-même dépressif, sinon suicidaire. Au générique de Inglourious Basterds (Quentin Tarantino, 2009), l’acteur-auteur-réalisateur-producteur possède assez de générosité afin de mettre en valeur son auto-stoppeur/ravisseur, drolatique et pathétique Tom Wlaschiha, vu dans Walkyrie (Bryan Singer, 2008). Deux hommes, une voiture, une bombe + une ex -femme (Marisa Leonie Bach, épouse du cinéaste) et une fillette à bord d’un train, roulant tous vers Berlin – au carrefour de la folie, du désamour, on se délecte de l’ins...

Le Choc des Titans : La Gorgone

Image
Désincarcérer le Kraken ? Se réjouir avant de mourir…      Au fellinien Michel Feur, mon Charon The stars line up The stars line up for us tonight The stars line up The stars line up tonight to see To see who we are baby Let’s write our names High up inside the sky Marianne Faithfull Lui-même fabricant barthésien de mythes contemporains, le cinéma ne pouvait pas se passer de la mythologie antique, réservoir culturel de récits matriciels remplis de sang, de sueur, de sperme et de larmes, à l’instar de la Bible, similaire fournisseuse a fortiori morale, sinon moralisatrice, d’histoires sensationnelles pour scénariste stérile. Le Choc des Titans (Desmond Davis, 1981) illustre celle de Persée, abandonné à sa naissance tel un certain Moïse, sa mère en détresse exilée sur la mer mauvaise par son grand-père vénère au creux d’un cercueil de saison, de flottaison, la pauvre Danaé ainsi punie par son piètre papounet, promis au rapide trépas...