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Affichage des articles associés au libellé Ridley Scott

La Fille et la Forêt

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  Exils # 156 (14/01/2026) Brillant brouillon de Princesse Monoké (Miyazaki, 1997), Nausicaä de la vallée du vent (Miyazaki, 1984) se révèle vite un film de science-fiction et d’animation sous influence française et américaine, reprenant d’évidents éléments de La Planète sauvage (Laloux, 1973) et de Dune . Il évoque aussi Lawrence d’Arabie (Lean, 1962), La Vallée perdue (Clavell, 1971) et, titre compris, Le vent se lève (2013). Placé sous le double signe sinistre de la « pollution » puis de l’atomisation, mis en abyme dès le générique de la tapisserie prophétique, il s’agit d’un film dont le pacifisme animiste transforme in extremis le messianisme promis en féminisme œcuménique. Orpheline puisque parricide, sympa Yupa ou pas, la guerrière pubère prend peur et conscience de sa propre « violence », se convertit à la diplomatie, au final se « sacrifie » – et ressuscite à la suite d’une lévitation digne du spécialiste Tarkovski ( Le Miroir , 1975...

Voix sans issue

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  Exils # 127 (10/09/2025)  Macabro (Prado, 2020) commence comme un codicille au diptyque Troupe d’élite (Padilha, 2008 + 2010), qui plut au public et déplut à la critique, les producteurs rempilent, l’affiche et la bande-annonce le précisent. On retrouve vite plusieurs motifs : des hommes en uniformes, une bavure au début, le récit du protagoniste en voix off , avant celle du journal régional nommé A voz da serra . Mais le film sème ce modèle, évite la ville, se déplace donc en montagne, retrace sous forme fictive un fait divers en effet macabre, plus sordide que celui du script . Au Brésil sévissent ainsi deux « frères nécrophiles », friands de refroidissants « féminicides », à faire défaillir les féministes nordistes. Au Brésil sévit aussi un prêtre pédophile, son onctuosité le trahit dès l’orée, son discours antidémoniaque le démasque. En vérité je vous le dis, en dépit de somptueux paysages de parc national, paradis laïc presque préhistorique...

Le Messie et le Matricide

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  Exils # 121 (20/08/2025) « Abomination » s’exprime Rampling en sourdine, « amélioration » se félicite le cinéphile en séance gratuite. J’expédiai jadis ainsi la première partie : « Hiératisme, romantisme, scepticisme : pasteurisation nolanisation » ( Un film, une ligne ). Aujourd’hui je dédie quelques lignes à demi laudatives à sa suite – sic transit cinéma mundi . Sis sur le sable du désert et de l’arène, la poursuite du périple de Paul Atréides indeed mérite une mesurée estime. Certes, on y retrouve et on y réécoute hélas la mélasse bien ambient du sieur Zimmer ; certes, le sound design ne lésine sur les effets acoustiques, quitte à faire frissonner le fauteuil ; certes, la philosophie politique paraît presque simpliste comparée à celle du Prince de Machiavel – mais ce passif se voit en vérité dépassé, fluidifié, par l’actif d’une réflexion en action(s) sur les limites du messianisme. Si Lawrence d’Arabie (Lean, 1962), sa m...

Panique à Pigalle

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  Exils # 95 (21/03/2025) Les détracteurs (des deux sexes) de Deneuve devraient (re)découvrir ce film libre, comme un condensé (du ciné) des années soixante-dix, que l’actrice co-produisit avec Berri (caméo de client) et l’Italie (d’où le sous-titre explicite Non si possono strappare le stelle ), qu’elle qualifiait au fil des années (à juste titre) d’insolite et de poétique. É chec économique et critique, sorte de version hardcore des Demoiselles de Rochefort (Demy, 1967), Zig Zig (Szabó, 1975) jamais ne démérite (depuis le prologue clopin-clopant jusqu’à l’épilogue poignant), s’apparente à un happening (un peu d’impro mais pas trop), comédie aux éclats de mélancolie conclue au milieu des flammes et des larmes du mélodrame. Si l’on songe bien sûr à Belle de jour (Buñuel, 1967) et in extremis à Thelma et Louise (Scott, 1991), ce métrage de son âge possède sa propre identité, sa renversante vitalité, une trivialité moins satirique que celle de Ferreri (pas seulement celui d...

Planète Harlem

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Exils # 91 (12/03/2025) Contemporain du cossu Starman (Carpenter, 1984), moins sentimental et plus social, Brother (Sayles, 1984) mérite un accessit , bien qu’un brin manichéen. É crit, dirigé, monté – et interprété – par le scénariste de Piranhas (Dante, 1978), L’Incroyable Alligator (Teague, 1980), Hurlements (Dante, 1981) ou Le Clan de la caverne des ours (Chapman, 1986) et le réalisateur de Limbo (1999), il s’agit d’un conte moral (et anti-drogue en mode Reagan). Un extra -terrestre mutique à l’épiderme aussi sombre que la nuit se retrouve vite à Harlem, s’insère parmi ses « frères » (mendiant musulman le bénissant), réparateur de matériel électro et guérisseur de genou de minot doté d’un cœur d’artichaut, épris presto d’une chanteuse – Dee Dee Bridgewater sans Ray Charles – elle-même (dé)chue, du hit - parade , pas des étoiles. Le candide céleste découvre d’abord l’Amérique du Nord via les vestiges d’Ellis Island. Une main sur un mur, en écho à Brando sur ceux...

La Chouette et la Pêche

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  Exils # 33 (27/05/2024) Réentendu en VF délavée, revu samedi en salle vidée, sur un grand écran lui redonnant son « lustre d’antan », surtout cette double et fondamentale dimension spatiale, celle du récit, celle du widescreen , Labyrinthe (1986) demeure un divertissement séduisant et stimulant, pour petits et grands enfants, un conte pas con de compte à rebours et d’émancipation, certes moins sexuel que La Compagnie des loups (Jordan, 1984), certes moins sentimental que Legend (Scott, 1985), connus et reconnus contemporains, idem modèles d’un cinéma disons démultiplié, de l’imaginaire, du fantasme, du studio, encore doté d’une analogique matérialité, avant l’avènement du numérique hégémonique, souvent castrateur et sans saveur (puisque tout paraît possible, plus rien ne devient crédible). Dans Dark Crystal (1982), le père des Muppets n’animait que des marionnettes, leur humanité se passant des humains, parce qu’elles le valaient bien. Ici, il conduit Connelly ...

Détour mortel

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  Un métrage, une image : Sur un arbre perché (1971) « Galéjade gauchiste », comme l’affirme Fernand Sardou déguisé en gendarme presque de Saint-Tropez, tandis que Panisse sirote son anis à Cassis ? Davantage un ouvrage à l’insuccès relatif prévisible, compréhensible, ordonner de ne bouger à un acteur classé comique, a fortiori de Funès, revient à le priver d’une partie de ses possibilités. Le corps corseté, sommé de s’immobiliser, la fuite en fringues fait long feu, plus tard l’arbre prend feu, machiavélisme de l’ ex -mari militaire, à cigare, silencieux et patibulaire, se débarrasse aussi de ses besoins, à peine si l’eau pour pare-brise passe pour de la masculine et partagée urine. Commencé à la TV, petit précis d’hypocrisie aussitôt démenti, puis générique pop un peu psychédélique, en écho à L’Homme orchestre (Korber, 1970), l’ opus pareillement expérimental de l’auteur des Feux de la Chandeleur (1972) dépeint l’emprise du second écran, sa capacité i...

Le Banni

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  Un métrage, une image : Highlander (1986) Des épées, des décapités, des empalements, dorsaux, style sodo, en ville ventraux, des décharges d’énergie, comme des orgasmes de folie, d’épiphanie : la madeleine mulcahyenne ravit les psys, met en image d’ironique hommage une masculinité très tourmentée, de surcroît incapable de se reproduire, seulement condamnée à s’auto-détruire, avide de viol gardé secret ou portée sur l’adoption de petite rescapée, orpheline enfant maintenant magnanime maman. La tête posée, pas encore tranchée, en pietà sur les genoux de la pas si égoïste Brenda, spécialiste métallurgiste et légiste toutefois tournée vers la vie, l’acceptation de l’impossible, des identités graphiques multiples, à quoi songe Conrad/Connor, sinon à l’Écosse, au clan des McLeod, à la chère, éphémère, Heather, à l’incontournable, increvable, décourageant Kurgan, némésis complice, dialoguiste d’église, en écho aux Inco ( rruptibles , De Palma, 1987), qui utilise le pseudonyme...

La Défense Lincoln

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  Humanité de l’automate, prophylaxie du patraque, solitude de la traque… Grand petit roman précis, à base de simulacres, schizophrénie, écrit à la suite de l’historique, uchronique, Le Maître du Haut Château , We Can Build You dut attendre dix ans, avant d’être en volume publié, après passage tripatouillé, parmi Amazing Stories , fameux magazine classé spécialisé. À l’instar de Pris, instable star , étoile aussi noire que ses cheveux, son regard, le texte multiplie les titres, le fondateur The First in Our Family transformé en A. Lincoln, Simulacrum , le définitif doté de l’intitulé français Le Bal des schizos , salut à celui des maudits (Dmytryk, 1958), dont la traduction revient donc à un tandem amène, cinéphilique, Anne & Georges Dutter itou auteurs de moult sous-titres, par exemple pour les opus de Fassbinder & Ferreri, Pollack & Polanski. Si bien sûr il anticipe Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? , dans une moindre mesure Ubik , on songe dav...