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Affichage des articles associés au libellé Bong Joon-ho

Dans la maison

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  Un métrage, une image : Parasite (2019) La représentation de la pauvreté peut beaucoup rapporter – voici, en définitive, la moralité du métrage mondialement acclamé, primé. Succès critique et public, Parasite s’avère vite cependant bien moins amusant, émouvant, que les films précédents, c’est-à-dire Memories of Murder (2003), The Host (2006), Mother (2009) et Snowpiercer, le Transperceneige (2013). N’en déplaise aux experts du commentaire, il ne s’agit jamais de la lutte des classes mise en images, car le combat implique une conscience politique, non une simili sociologie. Pas même prolétaire, le père méconnaît Marx, pratique un pragmatisme teinté de cynisme, délesté de patriotisme, tuer quelqu’un ou trahir son pays, quelle importance, seule importe la survivance, la crédulité en l’occurrence, surtout celle de la maîtresse de maison young and simple , riche et gentille, gentille puisque riche, persifle sa femme, qui s’imagine déjà belle-mère de la lycéenne auss...

Gilda

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  Un métrage, une image : Les Siffleurs (2019) Petit polar au prologue porté par Iggy Pop, pertinent ( The ) Passenger , où entendre itou l’incontournable Anna Netrebko, la brechtienne Ute Lemper, Mozart, Offenbach, Orff, Strauss (Johann, pas Richard), Tchaïkovski, cf. la colorée compilation, finale et végétale, à Singapour, mon amour, Les Siffleurs s’essouffle fissa, laisse assez vite deviner son épilogue énamouré, quasi timide, presque premier rendez-vous plus relou, réponse souriante à la copulation de l’interpolée introduction, toutefois fi de frontal nudity , puisque enveloppe de fric pratique. Ici, le sexe participe du pouvoir, du spectacle, de la tromperie, chevauchée sans cheval, sinon étalon, western d’athlète, (sur)cadré en écho à l’homologue des Patriotes (Rochant, 1994). Il renseigne aussi, car la corruption n’empêche l’émotion, la mise en scène, guère obscène, les sentiments, la vidéo-surveillance, en mode La Vie des autres (Henckel von Donnersmarck, 2006), l...

True Detective : Les Incorruptibles

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Fiat lux , affirme l’athée à crucifix ; merci, Maggie, testamente le mari amendé… Pour Patrick Peillon, remerciements renouvelés Nothing ever works the same way twice You’ve seen it all before John Cale Cette first season à succès, infernale saison supposée, Chambers à Rimbaud substitué, débute donc de nuit, loin des flammes, se termine auprès d’un hôpital, sous les étoiles. On passe ainsi, durant huit heures, Seigneur, du mystique Tarkovski à l’astrophysique de Stephen Hawking, d’ailleurs pastiché par le Joy des Experts , série déréalisée par le scénariste, cf. le supplément musical du troisième disque, à l’occasion du superflu Superhero Movie (Mazin, 2008). Succès critique, public, True Detective dut cependant froisser les féministes, indigner les militants des droits civiques, et bien sûr irriter l’OTSI de Louisiane. Ici, les femmes se prostituent, servent à des sacrifices, accessoirement de la came fournissent, se prostituent, font des révélations à la ...

La Disparue : Garde à vue

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Memento du logo, tragédie du déni … La Disparue (Lee, 2018) débute par du fantastique, se poursuit par du psychologique, inclut de l’humoristique, se termine en thriller , se trame en mélodrame : il s’agit donc bien d’un film sud-coréen, de surcroît d’un premier métrage, dont la maîtrise formelle ridiculise les essais souvent affreux du ciné français, charité cinéphile ordonnée commence ici, osez regarder ce qui sort aujourd’hui. Hélas, le widescreen sert à cadrer du vide, néanmoins le bleu métallique éclaire du rien. Le lecteur doit désormais savoir la passion de votre serviteur pour les imageries asiatiques en général, les productions issues de Séoul en particulier ; raison supplémentaire pour regretter ce ratage au bel emballage, qui pourra pourtant vous emballer, disons durant une indulgente soirée. Vaudeville dépressif assorti de vengeance en effet glacée, déterrée, La Disparue déploie une femme d’affaires refroidie, un professeur adultère, un flic alcoolisé...

Il était une fois un meurtre : L’Ami retrouvé

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Voir, ne rien voir, succomber, résister… The air is so heavy and dry Strange voices are saying (What did they say?) Things I can’t understand Bananarama Bien sûr, on ne peut pas ne pas penser à Memories of Murder (Bong, 2003), influence assumée de cinéaste méconnu, au Sang du châtiment (Friedkin, 1987), cf. la fête foraine funèbre, à M le maudit (Lang, 1931), nationalité commune, mais Il était une fois un meurtre (Odar, 2010) ne saurait certes rivaliser avec ces prestigieux prédécesseurs. Il s’agit davantage d’un exercice de style en widescreen , qui frise parfois le luxueux téléfilm, le mélodrame classé sociétal, diffusion du vendredi soir sur chaîne franco-allemande. Titre taciturne dont l’intitulé français, outre adresser un clin d’œil au polar sud-coréen précité, sous-entend adroitement la présence d’un ogre de conte défait, Das letzte Schweigen se termine en effet dans le silence, en zoom avant au carré, boucle bouclée de porte d’immeuble (re)fermée s...

ManHunt : Le Pharmacien de garde

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  « Un mec qui parle de vieux films, ça annonce rien de bon »… Même les plus chouettes souvenirs Ça t’a une de ces gueules Léo Ferré Dear John, Je viens de visionner/m’infliger votre ultime méfait, situé dans la lignée affligeante, affligée, de Chasse à l’homme , justement, Broken Arrow , Mission impossible 2 et Paycheck . Je découvre que vous vouliez rendre hommage au regretté Ken Takakura et ManHunt commence comme Yakuza , presque au même endroit, avec une situation, des costumes, une mélancolie, un massacre disons identiques. On s’étonne, séduit par cette nostalgie, sentiment certes stérile, on identifie votre fifille, assassine à cellulaire, on ricane au coup du DVD dans la voiture. Ensuite, exit le nocturne générique, on se lasse vite, on voit passer les inter-minables cent dix minutes, on se souhaiterait enfin atteint d’amnésie, afin d’oublier le passé piètrement et pitoyablement revisité, de ne rien retenir de ce misérable martyre. Scénar...

Une femme disparaît : Trains étroitement surveillés

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre d’Alfred Hitchcock. Hitch et les trains, histoire ancienne, on s’en souvient, puisque le fils de grossiste, selon Spoto, s’auto-récitait des itinéraires ferroviaires. Inutile de revenir ici sur ce motif méta, déjà traité par votre serviteur. Fastidieux aussi de développer les correspondances, vocable adéquat, de Une femme disparaît (1938) avec L’Ombre d’un doute (1943), L’Inconnu du Nord-Express (1951), La Mort aux trousses (1959), trilogie sur rails, ses échos avec Rebecca (1940), La Corde (1948), Le Rideau déchiré (1966), cf. la baronne arrogante, la malle mortelle, la rouste à trois, voilà, voilà. Plus amusant, à défaut de pertinent, n’omettons pas de remémorer que Vanessa Redgrave imitera son papa Michael selon Mission impossible (1996), De Palma dut s’en délecter. Sinon, le film cartographie une utopie cosmopolite, une patrie polyglotte qui n’existe pas, toute ressemblance avec l’Allemagne nazie ...

Une pluie sans fin : Le Mari de la coiffeuse

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Parapluie d’Algérie à la Demy ? Plutôt pluie noire du désespoir. On and on the rain will fall Like tears from a star Like tears from a star On and on the rain will say How fragile we are How fragile we are Sting Face à ce film déceptif puis dépressif, on pense à Tarkovski & Tarr davantage qu’à David Fincher ou Bong Joon-ho. Pour résumer, disons qu’il s’agit d’une histoire de dépossession(s) : durant deux heures, un zélé vigile d’usine perd tout, son « disciple », son emploi, sa prostituée, son intégrité, sa liberté, son identité, son passé. Anti-héros à la Richard Matheson (et Guillaume Foresti) en train de disparaître sous nos yeux, « l’inspecteur », titre ironique donné par de vrais flics, enquête de son côté sur un tueur en série de femmes aux mœurs que la rumeur qualifie de légères, sinon rémunérées. Son rêve secret, non confié à la travailleuse du sexe amoureuse de lui, locataire à cocard de la Pension Mélodie (pour un meurtr...