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Affichage des articles associés au libellé Marc Allégret

La Micheline (tré)passe

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  Exils # 25 (08/03/2024) Que voit-elle, dans son miroir à elle, Micheline Presle ? Une femme élégante et souriante, à la beauté décolorée, semblable à des centaines, après, avant, par exemple, celle de sa vraie-fausse rivale, publique et privée, Michèle Morgan ? Une image pas si sage, même issue d’un autre âge, d’un autre régime d’images, de ramages, de paysages et de personnages ? Comme le clamait le docte Cocteau, l’accessoire narcissique, parfois flaque, au carré, en effet, réfléchit, les salopes ou les saintes, les haïes ou les chéries, mais il le fait de façon inversée, infidèle, crue et cruelle. L’écriture nous rassure, sait cracher ou caresser, tandis que la froide surface de la glace demeure de glace. Le verre vous renvoie vers hier, le cadre encadre une carrière, ici, eh oui, de décédée centenaire. Celle de Presle, un peu celle de la précitée Michèle rappelle, même mari américain et similaire, amère, désillusion hollywoodienne, ratage en partage. Elle to...

Arrêt d’autobus

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  Un métrage, une image : Un drôle de dimanche (1958) Bien moins doué que le second Allégret, Marc trame un mélodrame terminé en comédie, merci à la maladresse masculine doublement humide. Ex -capitaine que cocufie son ancien sous-lieutenant, tiens, Hanin, Bourvil incarne un vétéran blessé dans sa virilité, en souffrance de la fuite de sa pharmacienne de femme, qu’il rencontre encore à côté d’une traction, qu’il va essayer d’épater au volant de l’empruntée Chevrolet de son patron, colonel au civil, manager magnanime. Peut-on démoraliser un homme, un mec démobilisé, au propre, au figuré, de surcroît collectionneur de gramophones de malheur, à cause d’un manteau ? « Garce » pas si dégueulasse, au cœur reconquis presque de guerre lasse, Danielle Darrieux déclare oui illico , affirme le soi-disant deuxième sexe « fragile », « vulnérable », éprouve le besoin un brin mesquin d’être en beauté, « rassurée », par ici la monnaie. Le « publiciste » dépressif croise au creux de l...

Kaléidoscope (sans Hitchcock) I

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  Six années de ciné recensées sur FB… 24 Hour Party People (Michael Winterbottom, 2002) L’évocation, sous forme de rock/mockumentary , d’une période et d’une personnalité, celle du Manchester musical de la décennie 80, celle de Tony Wilson, âme de label et dandy rebelle : le tandem Coogan-Winterbottom (une pensée pour le scénariste Frank Cottrell Boyce) amuse souvent, en reportage de bidouillage, en regard caméra, en tons sépia ( via la vidéo, Robby Müller, émancipé de Wenders, s’aère avec New Order), en archives montées ou en saynètes reconstituées ; néanmoins, au final, tout ceci, un brin bruyant, un peu épuisant, se dilue aussitôt dans l’oubli, patine immédiatement dans l’imagerie habituelle – sexe, drogues, ego , trémolos –, peine à (r)animer une galerie de pantins à peine esquissés, au profit de l’ironie, aux dépens de l’empathie. Au lieu de cela, si sage et jamais ressenti, orientons les oreilles et les yeux vers Control , biopic classique et classy de Curtis par ...