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Affichage des articles associés au libellé Larry Fessenden

Mondo cane

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  Un métrage, une image : Antarctica (1983) « Le Japon est un nid de crétins. Ils ne savent rien de l’Antarctique et encore moins des chiens. Ça ne les empêche pas de crier pauvres bêtes. C’est ridicule » résume illico l’érudit de Hokkaidō. Ce long et longuet métrage, presque réalisé sans trucage, les Américains s’en émurent, ne lui accordèrent leur imprimatur , célèbre formule « No animals were harmed », amen , carbure donc à la culpabilité partagée, aux expéditions en triplé, s’inspire du meilleur et du pire d’une histoire vraie, là-bas renommée, y connut un gros succès, en version disons rallongée, intégrité d’intégralité, se fit remaker ou plutôt pasteuriser selon Disney, plus d’une vingtaine d’années après. Confectionné par un quasi inconnu productif appelé Koreyoshi Kurahara, qui coécrit, coproduit, monte de manière autonome, quel homme, Antarctica ressemble à un conte cruel pas trop de (première) la jeunesse, dommage et dégage, Ōshima, au ...

Des feux mal éteints

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  Un métrage, une image : We Are Still Here (2015) Ersatz fadasse de Fog (Carpenter, 1980) dû à un fan de Fulci, qui donne à son couple principal, en clin d’œil pour ainsi dire à domicile, le patronyme du célèbre scénariste Dardano Sacchetti, à ses fumeux enfumés celui, interverti, de l’actrice Dagmar Lassander, elle-même évidemment au générique de La Maison près du cimetière (Fulci, 1981), We Are Still Here voudrait bien nous faire croire qu’il se soucie de tristesse, qu’il innove en Nouvelle-Angleterre, que sous la neige couvent le malaise et la braise, à défaut de la baise, que le village couvre des crimes d’un autre âge et dévoile vite de vils ouvrages, en l’occurrence un sacrifice à date fixe, puisque la piaule pas drôle, où résonne in extremis une note de piano esseulé sinistre, devant dévorer vivants, tous les trente ans, ses innocents ou inconscients habitants, vous m’en direz tant. Hélas, ce mélodrame hivernal, à base de deuils dédoublés, par ici la sortie, ...

Cold in July : Trois hommes et un couffin

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L’Été meurtrier à la sauce étasunienne ? Disons une odyssée identitaire sincère.    Dans Bushwick , des Texans sécessionnistes assiégeaient New York ; dans Cold in July , ils réalisent des snuff movies à base de batte de baseball  : Nick Damici, scénariste complice et ici caméo d’inspecteur menteur, possède-t-il une résidence secondaire à Dallas ? J’écrivais naguère sur la guerre sans fin de Jim Mickle menée à Mulberry Street  ; je découvris hier soir son Juillet de sang en mesurant aussitôt le chemin parcouru, de l’horreur désargentée, en huis clos choral, vers le polar passéiste en Scope co-produit par la France et les États-Unis. Dans un Texas d’opérette, fantasmé par un aimable tandem de New-Yorkais, que nul ne confondra avec le territoire très noir et ironique de Jim Thompson, se déroule en réalité un conte de moralité, se déploie une étude de la masculinité, de la virilité, de ce que signifie être un mec au cinéma et au-delà durant...

La Planète blanche : Le Secret de la banquise

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre de Thierry Ragobert, Thierry Piantanida et Jean Lemire. « L’ours est un seigneur dont le royaume s’est dissous dans l’océan » résume Jean-Louis Étienne en voix off de vieil homme revenu de tout, de partout : La Planète blanche prend acte du réchauffement climatique, ne prend à aucun moment la peine de l’expliquer, de le (re)mettre en cause et si l’on compte sur un tel (télé)film aussi inoffensif pour se sortir de l’impasse écologique, nous voici très mal barrés, surtout douze ans après. Ce métrage désespérément sage, évidemment inattaquable, en tout cas au niveau de son « empreinte carbone » réduite, neutre ou compensée, allez, du trio cité supra , franco-québécois, auquel adjoindre Caroline Underwood en réalisatrice de seconde équipe + sept chefs opérateurs dont deux plongeurs, accompagne d’hiver en été la faune arctique, sur terre et sous mer. Ici, tu survis ou tu...

Le Mur invisible : The Last Winter

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Julian Roman Pölsler. Coiffée comme Renée Falconetti relookée par Dreyer, Martina Gedeck écrit. Via la voix de Martina, l’allemand perd sa rugosité culturelle depuis un dictateur éructant. Dans le chalet assombri par l’hiver, Martina se souvient, retrace l’impensable, à l’aide d’un calendrier, de papier recyclé. Martina, auteur amateur, confère à l’écriture son ultime nature, sans le savoir, en le sachant mieux que quiconque : un garde-fou contre la folie, un rempart contre l’oubli, un mur de mots contre l’absence. Le mur de Martina ne se trouve pas à Berlin en pleine séparation estivale de 1961 ni dans l’Amérique à la Norman Rockwell de Stephen King. Le dôme de Martina ne se voit pas, se signale par un signal sonore, drone emprunté à David Lynch, par un étalement des paumes sur la paroi, de l’écran de la salle, de la TV, du PC. Martina peut faire penser à Robinson et à ses avatars chez Geoff Murphy, Pete...

4 h 44 : Dernier jour sur Terre : Une journée particulière

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre d’Abel Ferrara. Why does the sun go on shining Why does the sea rush to shore Don’t they know it's the end of the world ’ Cause you don’t love me any more Why do the birds go on singing Why do the stars glow above Don’t they know it's the end of the world It ended when I lost your love Julie London, The End of the World L'homme n’est ni ange, ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l’ange fait la bête. Pascal, Pensées La bande-annonce inquiétait ; le métrage confirme ce mauvais présage : voici une œuvrette assez abjecte dans son autarcie, dans sa misanthropie, dans sa philosophie morale pour élèves de classe de terminale générale (les futurs prolétaires de l’enseignement professionnel français, comme chacun sait, se voient dispensés de penser, de réfléchir, des fois qu’il leur viendrait la mauvaise idée de remettre en cause la société, de raison...

Darling : Abyss

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 « Cherchez la femme », toujours, même munie d’une lame virile pour trucider son vague à l’âme… On pourrait certes adresser à Mickey Keating le reproche de Jean-Luc Godard à Xavier Dolan, être jeune encore et faire pourtant, déjà, de vieux films, sinon des films de vieux. On pourrait exécuter d’une seule balle-ligne, la longueur de son argument, cette resucée aseptisée de Répulsion , qui fit saliver puis jouir les critiques supposés spécialisés. On pourrait se lamenter une fois de plus sur l’état du cinéma d’horreur contemporain, réduit à la pose arty , aux recettes de farces et attrapes, au cynisme mercantile, à l’analphabétisme cinématographique. On pourrait à nouveau conseiller à tous ces gens si propres sur eux de quitter leur niche de riches, d’aller se frotter à la rugueuse réalité, de vivre vraiment un instant de terreur pour pouvoir en parler après, en montrer quelque chose d’intéressant, de sincère, de sidérant. On pourrait fermer sa gueule au lieu d’av...