Infection : Hippocrate
Des miroirs, des fantômes, une pomme rouge puis verte... Film choral et bancal, au formalisme économique, Infection (Masayuki Ochiai, 2004) démarre en drame social, devient un thriller dit d’horreur, puis délivre une conclusion de phénoménologie de la perception. Dans le naturel décor de la body horror , des soignants désolants, surmenés, désargentés, vont donc devoir s’occuper d’un grand brûlé, d’un mystérieux malade mobile et immobilisé, sans cesse annoncé à la radio par un ambulancier doté d’une sirène presque à la ZAZ, en sus d’un vieillard au pied fracturé, d’un adolescent casqué atteint de céphalées, d’un cancéreux désespéré, d’une senior sénile. Tandis que deux balançoires grincent sinistrement à l’extérieur du bâtiment, la peur se répand à l’intérieur, virus placé sous le double signe coloré du rouge et du vert, escorté par une bande-son bruitiste anxiogène. Fi du sens de l’effort, français ou point, piètre reproche macronien, la faute survient, médicale et létale...