Articles

Affichage des articles associés au libellé Sacha Guitry

Si Versailles m’était conté…

Image
  Un métrage, une image : La Prise de pouvoir par Louis XIV (1966) Biopic pédagogique ? Démonstration de didactisme ? Plutôt poursuite et rupture. Rappelons aux juvéniles générations que la superproduction, à laquelle emprunter le titre de cet article, date de 1954, que La caméra explore le temps vient de s’achever la même année, en mars 1966, sept mois avant la diffusion de l’ opus a priori apparenté, sur la même et seule chaîne diffusé. Ni Guitry ni Lorenzi, Rossellini cède les stars à autrui, la longueur aussi, se moque des énigmes classées historiques, des figures fameuses et mystérieuses. Orfèvre de l’ORTF, il se focalise sur un épisode précis, ose un dédoublé pari. La prise de pouvoir du roi célèbre revient en vérité à la sienne, la stratégie de Louis reflète presto celle de Roberto. Du dix-septième au vingtième siècle, le spectacle en société se donne à (re)voir via la société du spectacle, non plus réservé à la noblesse mais servi à la masse. Sans ce...

Chaînes conjugales

Image
  Un métrage, une image : Adorables créatures (1952) En découvrant en version restaurée ce divertissement d’un autre temps, on sourit et on rit souvent, à l’instar de son anti-héros guère miso, même un peu miro, « doudou Dédé » séducteur idéaliste dessinateur de soutifs façon Sueurs froides (Alfred Hitchcock, 1958), mec « moyen » auquel Daniel Gélin sait aussi accorder avec subtilité sa mélancolie au masculin. Co-écrit par Jacques Companéez, le scénariste du contemporain Casque d’or (Jacques Becker, 1952), d’accord, Adorables créatures aux dialogues de Charles Spaak carbure, par conséquent leur constante ironie ne possède l’acidité d’un Jeanson, le chaos d’un Clouzot ; on s’amuse plus que l’on ne se moque, on ne cède au cynisme ni ne succombe à l’anecdote. Précédé d’un prologue surprenant et pertinent, tant pis pour la « script-girl » qui dut tirer la gueule, muni d’un « commentaire » que déclame le malin Claude Dauphin, voix...

Violettes impériales

Image
  Un métrage, une image : Fandango (1949) Vous voulez un ouvrage estival ? À défaut du fandango de Bernard Herrmann ( La Mort aux trousses , Alfred Hitchcock, 1959), voici celui de Francis Lopez . Tourné à la Victorine, donc à Nice, Fandango (Emil-Edwin Reinert, 1949) ne se déroule pas au Pays basque, tant pis pour ce qui s’écrit en ligne, plutôt aux environs de Falicon (06), pourtant l’un des deux personnages principaux, prénommé Luis, amateur mécano, déclare venir d’Irun : double détail autobio de Mariano, né au même endroit, au garagiste papa. Deux ans avant L’Auberge rouge (Claude Autant-Lara, 1951), un « pont d’or » n’y sème la mort mais y détourne idem les touristes sudistes en direction d’un établissement au succès sous peu assuré par un prévu tracé, à l’inverse de la solitude très désaxée du motel de Norman Bates ( Psychose , Hitchcock, 1960). Le serveur subito licencié, assorti de sa simplette dulcinée, se transforme fissa en petit capita...

Le Nain Jaune : Le Bossu

Image
  Le père, le fils, l’esprit, le pays… Pour mon père Davantage dialoguiste, surtout scénariste, citons ses collaborations, mot très connoté, texte en contexte, avec Sautet, Clément, Bernard-Aubert, Borderie, Lautner,   Granier-Deferre, Deray, Enrico (Borsalino) and Co. ou Zidi et compagnie, Jardin signa aussi plusieurs autobiographies, dont celle-ci, primée par la française Académie, fichtre, éditée deux ans seulement avant son subit décès. L’auteur des scripts de Classe tous risques (Sautet, 1960) depuis José Giovanni, du Train (Granier-Deferre, 1973) et du Vieux Fusil (Enrico, 1975), se préoccupe ici de son papounet particulier, occulte conseiller, au service de Laval et de ses amis en détresse, peste, complexité d’époque, revient en arrière, à nouveau convie (à) la guerre, survenue cinq ans après sa naissance, pas de chance. L’ami de Morand, Gabin, Delon, dont il parle rempli de tact, d’émotion, en autodidacte, en compagnon, délivre en définitive un ouvrage autant...

Le Diable boiteux + Les Chaussons rouges : Voyez comme on danse

Image
  Le corps, encore, la mort, mon amor… Du sieur Sacha, on connaissait bien sûr, en les appréciant à leur valeur, le novateur Roman d’un tricheur (1936) et les aimables comédies sentimentales, menées en tandem « contre, tout contre » l’impeccable Jacqueline Delubac ( Bonne chance ! , 1935, Désiré , 1937). Pourtant l’on ne soupçonnait une pareille capacité à savoir la danse filmer. Via la valeureuse et chère Jacqueline Waechter, nous voici donc en train de découvrir une scène évocatrice du Diable boiteux (1948), paraît-il tentative de réhabilitation dédoublée, du diplomate polémique, du principal intéressé, pendant l’Occupation en effet très occupé, que l’on pourrait pourquoi pas rapprocher du similaire et différencié J’accuse (2019) de Polanski, pardi. Car, a contrario du Souper (1992) de Molinaro, autre pièce transposée, point d’après un script premier censuré puis accepté, à optique inversée, fi d’apologie, à la santé des salauds, pas vu ni visionné celui-...

L’Assaut : Le Président

Image
  Vérité relative, secret souillé, médias d’autrefois… Même méconnu, depuis longtemps oublié, un exemple exemplaire de théâtre filmé ? Film jamais théâtral, cependant adapté du dramaturge Henry Bernstein, plusieurs fois représenté au cinéma, par exemple par Messieurs Marcel L’Herbier, Maurice Tourneur, Raymond Rouleau, Marc Allégret ou Alain Resnais, L’Assaut (1936) mérite mieux que le mépris poli de cette expression alors, déjà, de saison. Certes, ici la parole se met en scène, au milieu, repos estival, familial, à Compiègne, au commencement, à la chambre agitée des députés, au terme, pendant le procès express . Pourtant Pierre-Jean Ducis, industriel cinéphile, actif au cours d’une sombre décennie, de 1933 à 1943, savait se servir d’une caméra, point paresseux ne s’endort pas, durant des dialogues l’ a priori transparent enregistrement. Fable affable sur l’éthique de la politique, la puissance de la presse, la faute à confesse, L’Assaut en filigrane radiographie le pays d...

La Fille du Sud : Éclat(s) de Jacqueline Pagnol

Image
Actrice, épouse, égérie, mère, puis témoin d’une époque révolue et fidèle gardienne des morts : évoquons au présent une femme bel(le) et bien vivante… Jacqueline Bouvier (oui, telle la veuve joyeuse de JFK), désormais Jacqueline Pagnol pour ses admirateurs et les dictionnaires de cinéma, connut une carrière éphémère, brève et intense comme un coup de mistral , à jamais liée à celle de son célèbre mari : douze films en quatorze ans, signés pour la plupart d’ artisans oubliés, à l’exception de Pierre Prévert & Henri Verneuil. De cette « maigre » filmographie, on retient assurément sa présence dans Topaze (auto- remake en deux temps, comparable à la refonte de L’Homme qui en savait trop par Hitchcock) et surtout la seconde trilogie « apocryphe » composée par Naïs , La Belle Meunière et Manon des sources , tous trois réalisés par l’écrivain-cinéaste, contrairement à sa sœur « officielle », estampillée marseillaise , narrant les amours ...