Dream House : L’Invraisemblable Vérité
Investir, réinvestir, se livrer, se délivrer… Dream House (Jim Sheridan, 2011) débute donc par une démission : le solide et mélancolique Daniel Craig se casse de sa maison d’édition à la con, mausolée enneigé pris en contre-plongée. Le voici vite chez lui, en famille, à nouveau domicile, home sweet home fissa victime de hom(m)e invasion . En vérité, Will n’écrit pas un roman, il le vit à cent pour cent, et le cinéaste, au côté du scénariste David Loucka, prend bien soin de semer des indices – gare au miroir d’interrogatoire – à l’attention du spectateur attentif, une fois de plus prié d’expérimenter la subjectivité du ciné, sinon la sienne, petit exercice existentiel. À la moitié de sa durée, l’ opus par conséquent se renverse, inverse son point de vue, au lieu d’une révélation confère une confirmation – la dream house s’avère davantage qu’une maison de rêve, une maison rêvée, en réalité, où la réalité, justement, se retourne tel un gant. Dessillé à la Œdipe, Peter se...