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Affichage des articles associés au libellé Anatole Litvak

Così fan tutte

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  Un métrage, une image : La Dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil (1970) Samantha Eggar s’égare, Stéphane Audran descend son amant, Oliver Reed déprime : l’ultime film de Litvak s’avère un road movie dédoublé, inversé, où deux dames dissemblables prennent la même (auto)route de déroute. Trois années après l’enquête et l’obscurité de La Nuit des généraux (1967), le cinéaste cosmopolite s’aère au soleil, fait s’affronter le couple de compatriotes de Chromosome 3 (Cronenberg, 1979). Au terme d’une première décennie, sur le seuil d’une seconde, l’ opus pépère, pas une seconde révolutionnaire, daté, d’époque, cf. son générique psyché, pop , affiche un filigrane féministe, puisque Dany & Anita agissent, sévissent, puisque Michel & Philippe réagissent, subissent. L’impuissance de l’épilogue peut frustrer une certaine masculinité, mais le deus ex machina des bulletins de salaire similaires impose la primauté du supposé « deuxième sexe » et développe l...

Dolls

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  Un métrage, une image : Barbe-Bleue (1944) Perrault & Dmytryk ( Barbe-Bleue , 1972) ? Plutôt le Poe du Portrait ovale , voire le Powell du Voyeur (1960). Les « féminicides » à profusion a fortiori les féministes effaroucheront, mais jamais de misogynie ici, au contraire, car le cher Ulmer ne magnifie ni n’absout son assassin artiste, n’esquive la terreur des victimes, cf. la scène du supplice de Francine, femme flic en costume (d’époque) miroitée, fissa étranglée par une cravate identifiée en français, retrouvée sur le lieu du crime et bien sûr ensuite dans Frenzy (Hitchcock, 1972). Cependant nulle trace de sadisme sexuel chez le marionnettiste triste, meurtrier rancunier incapable de dépasser un trauma sentimental de jadis paupérisé altruiste, pardon du pléonasme. Tournée en moins d’une semaine, avec des bouts de ficelles (de pantins faustiens), des toiles peintes, une modeste maestria du maniement de la caméra, bénéficiant de la double présence ...

Les SS frappent la nuit : Les Tueurs

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Robert Siodmak. Si vous connaissez La Nuit des généraux (Anatole Litvak, 1967), Les SS frappent la nuit (Robert Siodmak, 1957) ne vous surprendra pas, pas totalement, en tout cas. On y découvre/retrouve, pour ainsi dire par avance, à dix ans de distance, d’écart, une doublement sinistre histoire, à base d’insanité personnalisée, mondialisée, de meurtres en série et d’assassinats d’État. Pourtant, pas encore de prostituées trépassées, ni de furieux Führer à défaire, sens militaire ; quant au blême tandem de Peter O’Toole & Omar Sharif, il se voit précédé par un duo point falot, composé par Claus (Holm) & Mario (Adorf), le commissaire et l’idiot. En dépit de son titre français excessif, exagéré, à rapprocher du semblable, racoleur Requiem pour un massacre (Elem Klimov, 1985, au lieu de l’impératif, objectif Va et vois ), malgré son intitulé original ( La nuit, quand venait le Diable ) lui-même ban...