Articles

Affichage des articles associés au libellé Ronald Neame

La Maison aux esprits

Image
  Un métrage, une image : Downton Abbey II : Une nouvelle ère (2022) Même muni d’une mise en abyme, même en mode méta, on ne décèle pas un seul instant de cinéma au sein de ce téléfilm de luxe, issu de la célèbre série télévisée à succès, sinon disons à l’occasion d’une surimpression de disparition, retrouvailles de retour au bercail substituées de façon feutrée à la foule des funérailles. Le mélodrame historique de Curtis ressuscite ainsi et aussi le tourisme sudiste du compatriote Hitchcock ( La Main au collet , 1955), mais l’œcuménisme assumé du scénario signé de l’incontournable et oscarisé Julian Fellowes ( Gosford Park , Altman, 2001) se situe en réalité du côté de E.T., l’extra-terrestre (Spielberg, 1982), autre récit de sociologie, de territorialisation des relations, L’Homme tranquille (Ford, 1952) à la place de Chantons sous la pluie (Donen & Kelly, idem ), pardi, dénoue tout, transforme in extremis la star insupportable en fragile orpheline, de sa sœur,...

Les Grandes Espérances : Illusions perdues

Image
  Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de David Lean. Longtemps avant le personnage poignant de La Fille de Ryan (1970), voici un juvénile John Mills, pas ravi de village épris de Rosy, toutefois vrai-faux futur forgeron, anti-héros d’un conte d’éducation, sentimentale, sociale. Après un superbe prologue atmosphérique, drolatique, annonce assurée, bien sûr, du suivant Oliver Twist (1948), jouez avec les gibets, remarquez l’arbre à face humaine, où se devine l’homonyme de Friedkin ( La Nurse , 1990), David Lean délivre donc un mélodrame un brin hugolien, car forçat affamé, à malaria, pas si mauvais que ça, philanthropie jolie, de revenant d’Australie enrichi, devant beaucoup à la candeur de l’acteur, à sa culpabilité, sa colère rentrée, sa mélancolie, aussi. Orphelin point mesquin, citoyen londonien, grandi, agi, type un peu intrépide, presque stupide, « Pip » s’active à trois reprises, cesse d’être passif puisque secouriste, certes à moi...

High Spirits

Image
  Un métrage, une image : L’esprit s’amuse (1945) Dans The Ghost and Mrs. Muir (Mankiewicz, 1947), Rex Harrison attendait Gene Tierney « de l’autre côté » ; dans Blithe Spirit (Lean, 1945), il affronte ses deux femmes revenues « d’entre les mortes », amitiés à Boileau & Narcejac, au compatriote Hitchcock ( Vertigo , 1958). Le romancier rural veut de « l’invisible », il invite donc à la maison, disons sien « dîner de cons », un médium à la gomme, l’alerte Margaret Rutherford presque « en fait des tonnes ». S’ensuit une « séance » assez risible, agréable gallicisme, de spiritisme à domicile, et revoilà Elvira, pourtant pas Cassandra (Peterson) ni la maîtresse de Montana ( Scarface , De Palma, 1983). Au vaudeville vire vite l’au-delà, oui-da, car accident inconséquent, et le métrage dynamique, anecdotique, se transforme fissa en scène de « ménage à trois », comme ils disent outre-Manche ou Atlantique. ...

Atlantique, latitude 41° : Les Femmes… ou les enfants d’abord…

Image
  Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Roy Ward Baker. On le sait, le ciné anglais excelle à esquisser les classes, héritage artistique et bien sûr sociologique. Aussi insulaire, il peut a priori dépeindre la mer amère. À raison renommé, le métrage remarquable et remarqué de Baker ( The Vampire Lovers , 1970 + La Légende des sept vampires d’or , 1974) cristallise ces deux courants stimulants, les appareille, sens duel, en plein océan. Si La Règle du jeu (Renoir, 1939), autre opus d’une société en train de sombrer, certes moins au propre qu’au figuré, s’avère un (s)avant-(dé)goût de la guerre, Atlantique, latitude 41°  (1958) se souvient à l’évidence du Blitz, tout en anticipant, au passé, la Grande Guerre, déjà (dé)passée. Délesté de sentimentalité, évidé de vains CV, écueils récurrents de l’imagerie catastrophique, cf. par exemple l’ idem maritime L’Aventure du Poséidon (Neame, 1972), doté d’un titre d’avertissement un brin moralisateur, A ...