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Affichage des articles associés au libellé John McNaughton

Invasion Los Angeles

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  Un métrage, une image : Terreur sur la ligne (1979) When a Stranger Calls fait autre chose que développer le premier sketch des Trois Visages de la peur (Bava, 1963), anticiper le prologue de Scream (Craven, 1996), se souvenir de la domestique menace de Black Christmas (Clark, 1974). Vite ensuite à la TV, malgré le renommé April Fool’s Day (1986), a priori matrice apocryphe du dispensable Murder Party (Pleskof, 2022), Walton étonne, réussit l’essai transformé, puisque voici The Sitter (1977) remarqué, remaké, mué en succès. Du court au long, le doué débutant conserve l’introduction, modèle d’instauration de la tension, devant beaucoup à la candeur de Carol Kane qui, mère et mariée cette fois, réapparaîtra pour la coda, dépassement du trauma , seconde chance accordée à la double enfance, boucle bouclée sept années de malheur, de bonheur, après. Entre-temps, l’ item prend son temps, revisite l’infanticide invisible de La dolce vita (Fellini, 1960), repren...

Folies d’avril

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  Un métrage, une image : Le Suspect idéal (1997) Sans son casting ad hoc , pas en toc, Deceiver décevrait, ressemblerait à un ersatz en définitive assez fadasse et futile de Usual Suspects (Bryan Singer, 1995). Mais muni de Tim Roth ( La Légende du pianiste sur l’océan , Giuseppe Tornatore, 1999), de Chris Penn ( Nos funérailles , Abel Ferrara, 1996) & Michael Rooker ( Henry, portrait d’un serial killer , John McNaughton, 1986), le petit exercice de style des jumeaux Jonas & Josh Pate prend une autre dimension, acquiert presque une autre ambition, que le jeu un peu oiseux du chat et de la souris de son incertain, malsain et ad nauseam recommencé récit. Une prostituée Elizabeth prénommée se fait donc trucider puis en deux découper, amitiés macabres à la fameuse Elizabeth Short, of course . Pourtant pas de « dahlia noir », plutôt un partagé désespoir, ludique ou tragique, puisque le premier flic doit du fric au bookmaker Mook, caméo en prime d’Ellen B...

Knuckleball : Mon voisin le tueur

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Ménage à trois ? Fugace effroi. Un Shining (1980) matérialiste ? Oui et non. Certes, Michael Peterson , réalisateur-scénariste polymorphe, formé à la TV, emprunte au film de Stanley Kubrick son cadre de conte de fées défait, tisse à son tour un survival d’enfance, de résilience. Comme son célèbre modèle, Knuckleball (2018) débute dans les airs, en voiture, en trio, à l’approche radio d’une tempête du siècle. Il inclut en outre une batte de baseball , le titre technique désignant d’ailleurs un lancer hasardeux, dénommé « balle papillon », des apparitions fantomatiques, une contre-plongée à la verticale iconique et des panoramiques identiques de défonçage de porte, cellier au lieu de salle de bains, bien. N’oublions pas la femme flic occise, en rime au cadavre du psychique Dick Hallorann, ni le fait annexe que Michael Ironside représente, pour certains, un ersatz de Jack Nicholson. Tout ceci établi, que reste-t-il d’original, dans cette œuvre hivernale, un...

Schizophrenia : Confessions d’un barjo

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Angst prévient le métrage en VO ; de l’angoisse, de la peur, de « l’inquiétante étrangeté », on en trouvera dans Schizophrenia , mais pas seulement et tant mieux. Suivez, si vous l’osez, le guide en ligne d’une exhumation en forme de bifurcation… Faut-il consulter si l’on sourit constamment à la découverte d’un titre admiré de manière inconditionnelle et obsessionnelle par Gaspar Noé ? Doit-on sérieusement s’inquiéter d’y lire une comédie très noire sur la psyché autrichienne, pays de Hitler et de Haneke, davantage qu’une étude subjective consacrée à un psychopathe avéré ? Qui nous jettera la première pierre (en pellicule) si l’on songe à La Ronde des prisonniers (tout premier plan de la prison survolée par un essaim de corbeaux à la Poe), au Cabinet du docteur Caligari , à Orange mécanique , à Fassbinder (celui de Roulette chinoise , surtout) ? Le lecteur connaît désormais notre sensibilité plus ou moins « singulière » (d’autres rient...

L'important c'est d'aimer : Trois cinéastes et leurs muses

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À l’heure où sort dans les salles obscures le dernier opus solaire du couple, à la ville et à l’écran, Ariane Ascaride/Robert Guédiguian, retour rapide, en quelques lignes et souvenirs, sur trois autres « couples de cinéma » célèbres et féconds. Si les films exercent leur pouvoir de séduction, auprès des spectateurs, grâce aux actrices, autrefois déesses inaccessibles, « divines » créatures (et créations) défilant sur le boulevard du crépuscule dans les faisceaux en noir et blanc de projecteurs liturgiques, leurs vies fabriquées par la presse à scandale d’alors, avec ses sommets et ses chutes – car le  système des stars , en particulier, et celui de l’économie du cinéma, en général, ne font guère preuve de mansuétude ni de pitié, toujours à l’affût de la nouvelle  fille , du nouvel aimant à billets verts ou pas –, les réalisateurs, souvent, succombent volontiers au charme de leurs interprètes, y contribuent, les magnifient en gros plans hypnotiques, e...