Articles

Affichage des articles associés au libellé Renato De Maria

Sogni d’oro + Bianca : Non ho sonno + L’uomo che guarda

Image
Suite à leur visionnage sur le site d’ARTE, retour sur les titres de Nanni Moretti. D’une œuvre à la suivante, apparaissent des correspondances évidentes, d’équipes techniques, de répliques, d’interprètes, de silhouettes et même de pâtisseries chocolatées de provenance autrichienne, fichtre. Mais à la comédie méta égotique se substitue un vrai-faux giallo mélancolique. De manière explicite, Sogni d’oro (Nanni Moretti, 1981) et Bianca (Nanni Moretti, 1984) possèdent une coda presque à l’identique, lycanthropique, à flics, où l’anti-héros, et non l’ alter ego , pénètre directement au creux de l’écran, perspective vide, au propre, au figuré, prononce sa propre épitaphe, désespérée, désabusée : « Je ne veux pas mourir ! », « C’est triste de mourir sans enfants ». Le diptyque partage en plus une caractéristique psychique constitutive, néanmoins Moretti, secondé par les directeurs de la photographie Franco Di Giacomo & Luciano Tovoli, ne perd jamais le spectateur, préfère plu...

Solo : Nada

Image
Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Jean-Pierre Mocky. Programmation posthume, Solo (1969) commence comme se termine La Cérémonie (Claude Chabrol, 1995), par un massacre magistral, une leçon d’assemblage-dégommage. Ensuite, passée une maquette de paquebot suspecte, le concertiste en costard noir dissimule les diamants dérobés, s’allonge, content, en position de gisant : dès cet instant, le spectateur un peu attentif devine vite quel destin, guère serein, s’abattra in extremis sur cet ersatz d’Arsène Lupin, piégé par un frangin parisien, déjà « radicalisé », dirait-on aujourd’hui. Tourné à Reims, financé par un certain Taittinger, notez le placement de produit discret, connaissant un œcuménique succès, critique, public, ce film rapide, un brin insipide, doit davantage au cauchemar qu’au « film noir », à Robert Bresson qu’à Bob Aldrich. Au milieu de « modèles » anonymes, d’une mécanique idéologique, Mocky repass...

La prima linea : Tu ne tueras point

Image
Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre de Renato De Maria. Reformulons le Camus du Mythe de Sisyphe  – il n’y a qu’un problème politique vraiment sérieux : c’est le terrorisme . Ce phénomène pérenne, global, nanti d’un vernis d’idéologie, mélange instable de « morale du ressentiment » nietzschéenne, d’utopie juvénile et de narcissisme suicidaire, sinon sacrificatoire, possède une mystique à part. Face au « forces de la réaction » en place, il vise toujours le spectaculaire, la sidération, l’absurde et le désastre. Film éminemment mélancolique, La prima linea illustre un désenchantement, une prise de conscience des conséquences réelles, intimes, de la violence. Dépourvu du moindre glamour , d’un romantisme complice, il humanise et démythifie les assassins très humains d’un groupe moult connu en Italie, dans le sillage de scission des Brigades rouges sang. Le scénario transpose l’autobiographie de Sergio Se...