Articles

Affichage des articles associés au libellé Jack Warner

Barfly

Image
  Un métrage, une image : Le Poison (1945) Et je bois Dès que j’ai des loisirs Pour être saoul pour ne plus voir ma gueule Je bois Sans y prendre plaisir Pour pas me dire qu’il faudrait en finir Boris Vian Renommé, récompensé, The Lost Weekend dialogue à distance, dès le premier plan, d’un escalier dévalé le temps, avec un autre conte de dédoublement, au bestiaire mortifère – Psychose (Hitchcock, 1960), évidemment. En le redécouvrant en DVD, on peut aussi songer à La Maison du docteur Edwardes (Hitchcock, 1945), à L’Homme au bras d’or (Preminger, 1955), à Shock Corridor (Fuller, 1963), au Cercle rouge (Melville, 1970), à Shining (Kubrick, 1980), au Festin nu (Cronenberg, 1991). Au carrefour du « film noir », « fantastique », sinon « horrifique », chauve-souris à la Lugosi, pas encore d’Asie, incluse, de l’étude de mœurs, du portrait intérieur, Le Poison carbure donc à l’accoutumance, à la clémence, à l’impuissance,...

Les Gaîtés de l’escadron

Image
  Un métrage, une image : Uniformes et jupon court (1942) Huit années après Mauvaise graine (1934), semé avec Esway, « comédie motorisée un peu au point mort, d’accord, mais aussi assez soignée, sympathique et même un brin marxiste, coloniale (contexte historique oblige), finalement morale, voire moralisatrice, scellant les (presque) débuts de la délicieuse Danielle, à peine adolescente, du cher Wilder, en français (d’exilé) s’il vous plaît », permettez-moi de m’auto-citer, le cinéaste/scénariste, encore en compagnie de l’incontournable Brackett, flanqué du directeur de la photographie Tover, escorté du conseilleur-monteur Harrison, ne se soucie de « pédophilie », davantage de « mascarade », comme le confie l’irrésistible Ginger Rogers à sa propre mère mise en abyme. Wilder cède en sus l’inceste au Schrader de Obsession (De Palma, 1976), où Geneviève Bujold imitera elle-même sa maman, régressera à l’état de gosse. Métrage sentimental à l’arr...

Abgeschnitten : Autopsy

Image
Gêne la neige, virevolte le virus … À Brieuc Le Meur, Breton d’ailleurs En partie co-produit par la Warner Bros. de Berlin et la Syrreal Entertainment créée par le cinéaste himself , voici donc aujourd’hui un thriller teuton, adaptant un best-seller outre-rhénan, lui-même co-signé par un médecin légiste nommé Michael Tsokos, à base de didactiques autopsies en série et de distrayants rebondissements incessants, capable de caractériser Harlan Coben, spécialiste adoubé par Stephen King, (re)lisez-moi au sujet de The Outsider , de ce petit type d’exercice, course contre la montre plutôt captivante, en définitive anecdotique, comme émule placide de Marguerite Duras. Si la coda démonstrative, démagogique, droitiste – sectionnons donc les doigts du « monstrueux » criminel sexuel, enragé Lars Eidinger, violeur vidéaste increvable, doté d’un gros couteau à la Rambo, gare au bourreau exciseur de clitos, pour qu’il lâche l’hélicoptère, tombe dans les airs, salaud de Luci...

Une étoile est née : Judy

Image
Renaissance d’Esther, victoire de Vicki… Remarquablement arrangée par Skip Martin et dirigée par Ray Heindorf, la (très bonne) chanson d’Ira Gershwin & Harold Arlen parle d’un homme parti, mais James Mason vient voir/écouter Judy Garland. Il s’avance dans la nuit, la caméra le suit, il ouvre une porte curieusement capitonnée, comme si ce Blue Blue relevait, peu ou prou, d’un asile (de doux fous) coloré, alcoolisé. Après le surcadrage précédent, le spectateur solitaire, costumé, se retrouve exactement au centre du « grand écran », du Scope en presque noir et blanc, où détonne une tache rouge de néon, enseigne sanglante au-dessus des chaises relevées. À ce tableau composé, clair-obscur en Technicolor, en profondeur de champ, dû au directeur de la photographie Sam Leavitt, par ailleurs éclaireur préféré de l’austère Otto Preminger, succède celui du groupe de musiciens, en train de répéter, de pratiquer per se . Le personnage de Mason ne pénètre pas la toile amicale,...

Arsenic et vieilles dentelles : 13 fantômes

Image
Des citrouilles, de la trouille ? Une catharsis complice. Revoir peut revenir à redécouvrir : en visionnant hier soir Arsenic et vieilles dentelles (Capra, 1944) en double DVD collector , par conséquent équipé d’un portrait de l’acteur plutôt plaisant, complet, tant pis s’il oublie ce titre-ci, doucement narré par Helen Mirren ( Cary Grant: A Class Apart , Trachtenberg, 2004), je me surpris à penser au Chant du Missouri (Minnelli, 1944), à La Corde (Hitchcock, 1948), à Gremlins (Dante, 1984), voire à La Famille Addams à la TV. Cette « Halloween tale » constitue, on le sait, une dark comedy , raconte une histoire d’altruistes assassinats en série, affiche un frère anxiogène aux faux airs de Frankenstein (Whale, 1931) à la sauce Karloff, respecte les trois unités de temps, de lieu, d’action, de la tragédie, à part un prologue sportif, administratif, et un bureau de « maison de repos ». Modèle d’adaptation cinématographique d’un succès de Broad...

La Femme au gardénia : Nuit d’ivresse

Image
Le symbole de l’amour muet, l’emblème de Billie Holiday… Un jour peut-être ça changera Y a plus d’respect dans la rue Tu sais très bien quand t’abuses Angèle Aux USA, en 1953, l’attirance funeste de Tristan & Yseut se mue en « crime passionnel », Cole côtoie Wagner, le féminisme fricote avec le fait divers. Certes tamisé par le glamour de l’imagerie de Los Angeles sur grand écran, disons une dizaine d’années avant son avènement outre-océan, le réalisme trivial du kitchen sink britannique se matérialise de manière littérale, lorsque l’héroïne s’évanouit, sa conscience emportée dans le tourbillon d’un évier, tel un prélude au décès de sa blonde consœur de salle de bains ( Psychose , Hitchcock, 1960). Film court, tourné en une vingtaine de jours, film conservateur, tout sauf « mineur », film agréable mais discutable, La Femme au gardénia persiste à parfumer le présent de son passé pertinent. La Warner avaricieuse acquiert les droits d’une n...

En eaux troubles : La Mort au large

Image
Poiscaille (tré)panée ? Léviathan trop vide ! « Un requin préhistorique qui rôde, ça sent le canular » où alors, outre le départ précipité de calmar maousse, le conte de fées aquatique, destiné à de grands enfants très indulgents, caractère cristallisé par cet instant de face à face entre la Nippone mignonne et le mégalodon à la con, ogre numérique derrière sa vitre méta, sur le point d’avaler l’avatar transgenre, délocalisé, du Petit Poucet, de quoi régaler la cinéphilie psy amatrice « d’oralité », olé. La Warner saisit que désormais le ciné se situe surtout en Asie, embauche par conséquent la belle et solide Li Bingbing, vue dans Détective Dee : Le Mystère de la flamme fantôme (Hark, 2010), repêche John Turteltaub, disparu des radars depuis 2013, non pas spécialiste des tortues, tant pis pour son patronyme, mais signataire anonyme de Rasta Rockett en 1993, de Phénomène en 1996, de Instinct en 1999 et du diptyque Benjamin Gates en 2004...

Intérieurs : Hantise du studio

Image
Woody Allen sous influence bergmanienne ? Disons davantage dichotomie désuète. Oui, c’est le lieu. Shoah On le sait, le cinéma commença par s’enfermer, par retourner à l’utérus de la scène (musicale, primitive, cf. les bandes au bordel) : Edison érigea son Black Maria, surnom de dérision, de fourgon de flic, puis Méliès, presque par opposition, sa verrière à Montreuil. Les Lumière préférèrent le grand air, usine personnelle à Lyon, gare sudiste de La Ciotat, voilà. Bien sûr, la différence ne se situe pas seulement au niveau de l’ascendance, le Cinématographe, avec sa vraie forge et ses vrais forgerons, nom de nom, en rupture directe, documentaire, pas encore documenteuse, quoique, avec le théâtre, le vaudeville. En 1895, le monde lui-même devient une scène, ancienne orthodoxie shakespearienne, et des employés, des touristes, des classes sociales dissociées, se réinventent en acteurs du réel, oxymoron de saison. Si le studio, sombre ou transparent, permet le contr...

Un condamné à mort s’est échappé : Raccords et Désaccords à propos du corps

Image
Cellule biologique et photoélectrique, cellules de l’esprit et des partis.    On le croyait consigné à l’obscurité, placé parmi les accessoires périmés, évacué par la virtuelle modernité, mais le corps résiste encore, sans trop d’efforts, au cinéma et au-delà. Certes, la silhouette sur l’écran relève du revenant, pas seulement celui de Leo, possède une abstraction in situ , y compris au cœur des imageries de l’horreur et de la pornographie, jumelles et conflictuelles, en priorité corporelles. Au ciné, le sang se transmue en gore et le sperme en record . Une fois filmée, la sexualité se travestit en sexe et les maquillages métamorphosent les outrages. L’alchimie du massacre (à la tronçonneuse) ou des automates (des performeuses) arbore sa propre beauté, son aléatoire intensité, sa finalité à la fois explicite et implicite, liée à la mort, grande ou petite. L’émotion de ces mythologies procède de leur pauvre trésor, de leur trésor de pauvres, même si La Nonne cartonn...