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Affichage des articles associés au libellé Lewis Milestone

The War Zone

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  Commémoration d’occasion, memento mori en série, pellicules et pays…   Si tu r’viens n’attends pas que je sois tombé pour la France Étienne Daho Ce spectacle spectaculaire, son-et-lumière mortifère, affola les futuristes, sinon les fascistes ; la Grande Guerre ne pouvait pas ne pas être illustrée au ciné, art massif, optique et mécanique, idem amateur de monuments funéraires, les films eux-mêmes, faussement immortels, dédiés à un identique et différencié conflit, celui ente la mort et la vie, pardi, aux victoires pareillement provisoires, voire illusoires. Dès 1915, donc en léger différé, Feuillade deux fois s’affaira ( L’Union sacrée , Le Noël du poilu ), suivi de DeMille ( La Petite Américaine , 1917), Chaplin ( Charlot soldat , 1918), Griffith ( Cœurs du monde , 1918). Puis le parlant passant par là s’en empara, par conséquent Pabst ( Quatre de l’infanterie , 1930), Hughes ( Les Anges de l’Enfer , 1930), Milestone ( À l’Ouest, rien de nouveau , 1930), Bern...

La Piste des géants : La Conquête de l’Ouest

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Vaine vanité de vallée surévaluée ? Peinture plaisante à la simplicité puissante. Opus pionnier dédié, au propre, au figuré, aux pionniers, La Piste des géants (Walsh, 1930) surprend par sa permanente picturalité, par son effrontée frontalité, qui multiplie à l’infini les plans d’ensemble, les plans rapprochés, reliés par des raccords axés. Émancipé du muet, ce matriciel western , au sens étymologique-géographique du terme, semble poursuivre une sorte de proscenium muséal, puisqu’il arbore une binarité du cadre imperturbable, à peine ponctuée par une poignée de gros plans, de travellings latéraux ou arrière, à côté des cavaliers, devant la caravane. Même anamorphosé en widescreen , même limité au capot du PC, le 70 mm originel parvient à conserver une partie de son immensité immersive, soutenu par un solide sens de la composition. Presque un siècle après, tout ceci séduit car ne succombe à la pompe, à la momification de l’académisme. En dépit des apparences, des influ...

Le Fantôme de l’Opéra : Backstage

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Rupert Julian. I’m gonna swing from the chandelier Sia On s’aime comme ça la Seine et moi Vanessa Paradis Mais il connaît pas Raoul, ce mec ! Bernard Blier Ce qu’apporta, autrefois, la lecture adolescente du Fantôme de l’Opéra ? La découverte étonnante de l’humour constant de Gaston Leroux, hélas congédié par la plupart des adaptions au ciné, rétives au mélange déconcertant des tonalités, éprises de rassurant romantisme défiguré, de belles + bêtes relookées, à l’exception notable et notoire, remarquable et remarquée, du Phantom of the Paradise (1974) de Brian De Palma, mélodrame littéral mais aussi, disons en split screen , satire sarcastique de l’industrie US du microsillon, du capitalisme en chansons, foutrement faustien, on le sait bien. Toutefois, voisinage du slapstick oblige, participation d’Edward Sedgwick, partenaire de Buster Keaton ou Laurel & Hardy, comprise, cette œuvre col...

L’Odyssée du sous-marin Nerka : Duel dans le Pacifique

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C(h)œur coulé ? Plutôt touché…   Opus placé sous le double signe de la tension généralisée, du suspense sonore, ce Moby Dick délocalisé du côté de Pearl Harbor annonce davantage La Maison du diable (1963) que La Canonnière du Yang-Tsé (1966). Exit le romantisme martial, bienvenue à la sécheresse du récit, en rime aux Rats du désert (1953). Si disparaît le pacifisme menaçant et extra -terrestre du Jour où la Terre s’arrêta (1951), demeure la victoire à la Pyrrhus de Nous avons gagné ce soir (1949). Avec un tel argument revanchard, voire révisionniste, infidèlement adapté du roman à succès du bien nommé Beach par le scénariste Gay, signataire du presque similaire Les Révoltés du Bounty (Milestone, 1962), Wise pouvait vite verser dans le patriotisme pompier, le manichéisme minable. Or ses Japonais ne se réduisent jamais à des caricatures impures, s’imposent à distance en sveltes silhouettes d’ennemis à redouter, à écouter. Car là aussi le son s’impose, via la...

La Tranchée

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Un métrage, une image : À l'Ouest, rien de nouveau (1930) Une brève remarque sur le producteur du film, Carl Lammle Jr. L’expressionnisme « tempéré » (comme le clavier de Bach) de l’œuvre, du à Arthur Edeson, directeur de la photographie sur Frankenstein , L’Homme invisible mais aussi sur Le Faucon maltais et Casablanca , s’épanouira dans les films d’horreur de la Universal, et le village du début, ainsi que le brouillard lors de la « corvée de barbelés », paraissent tout droit sortis du Loup-garou de Waggner. Le climat culturel volontiers germanophile de l’ensemble, pas seulement dans la lumière, doit sans doute aux origines paternelles, mais se retrouve aussi dans les productions Warner de l’époque. Que les monstres appartiennent au bestiaire fantastique ou au gangstérisme social, il s’agit dans les deux cas de sonder la nuit (allemande et américaine) pour s’inspirer de ceux de la « vraie vie » ou les faire advenir hors du cinéma (lecture de Kracauer). Les films ...