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Les Fantômes du miroir

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  Exils # 13 (22/12/2023) J’écrivis, on le vit, sur Vecchiali, désormais (tré)passé de l’autre côté du miroir mouroir, du regard et des égards, comme quelques autres réalisateurs plus ou moins de mon cœur : Deville, Friedkin, Lado, Saura, cohorte pas en toc, à retrouver itou sur ce blog . Idem décédées cette année de ciné, déjà par moi miroitées, Mesdames Laurie, Lollobrigida, Stevens, Welch. Ainsi va la (sur)vie, de la nécrophile, dénommée cinéphilie aussi, vers la nécrologie, arts funéraires en reflet, sis sous le signe de l’éphémère, du lapidaire. Si les salles, croyait Artaud, pas trop marteau, ressemblent illico à des caveaux, certes confortables et climatisés, hédonisme et hygiénisme de la modernité, empreinte de pseudo-pandémie, les soi-disant vivants, souvent à demi mourants, zombies du mercredi, station d’évasion placée entre la famille, le domicile, le métier, le supermarché, emploi du temps occupant, préoccupant, mascarade macabre à la Romand, menteur errant rac...

Nocturama

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  Un métrage, une image : Nuit magique (2019) Conte coloré, écho à Noé, cet exercice de stoïcisme, assez sympathique, à la fois drolatique et fatidique, prend l’apparence d’un opus picaresque. On peut certes penser au ciné de Jim Jarmusch & Aki Kaurismäki, pourtant ce premier film possède sa sienne « petite musique », au propre et au figuré, fi de Catherine Lara, ça vous va ? Durant une heure vingt vite passée, voire trépassée, on escorte donc un hypocondriaque, en sus musicien « expérimental ». Notre homme en mauvaise forme, sinon fortune, rencontre la Mort, en tout cas un autre type qui s’identifie ainsi, olibrius à l’accent presque russe, placé entre un corbeau à la Poe, un oiseau de paradis joli, bestiaire guère mortuaire, quoique, à des années-lumière du pasteurisé Brad Pitt ( Rencontre avec Joe Black , Brest, 1998). Le gentil Youri, pas si à l’agonie, va s’amouracher illico d’une lectrice de peep show , aperçue chez une sorcière sud-coré...

Un vampire à Brooklyn : Max mon amour

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Mélange médiocre ? Leçon d’identification.  Une œuvre « véhicule » pour Murphy, avant La Musique de mon cœur (1999) composé pour Meryl Streep ? Une comédie horrifique dans le sillage sarcastique de Freddy sort de la nuit (1994), en présage de mauvais voisinage à Scream (1996), diptyque méta ? Oui-da, mais surtout le dernier volet d’une trilogie apocryphe consacrée à la « question noire », motif constitutif de la psyché US, de son imagerie cinématographique, depuis Naissance d’une nation (Griffith, 1915) jusqu’aux récents Black Panther (Coogler, 2018) et BlacKkKlansman (Lee, idem ). Dans L’Emprise des ténèbres (1988), Craven visitait Haïti sous Duvalier ; dans Le Sous-sol de la peur (1991), il accompagnait à L.A. un petit cambrioleur « de couleur ». Ici, notre estimable cinéaste, souvent lucide observateur avéré de sa contrée, se déplace au milieu de la Grosse Pomme, sur les traces guère dégueulasses d’un Dracula des...