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Affichage des articles associés au libellé John Woo

Sous le spotlight de Satan

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  Exils # 216 (02/07/2026) S’il ne saisit l’essence de la danse, immanence transcendante, souffrance élégante, érotisme technique, incarnation calligraphique, Staying Alive (1983), vilipendé, bienvenu, se soucie de salut. Pierre renia, Tony distance un passé à succès, au revoir au réalisme relatif de La Fièvre du samedi soir . En exil de Brooklyn, il aborde le Diable à Manhattan, qui lors du climax porte un costume écarlate, telle la contemporaine démone Lords ( New Wave Hookers ). Durant sa traversée des ténèbres bressoniennes, urbaines, un ange gardien lui tient la main, doté de blondeur, d’un cœur. Mais le triangle sentimental, mystique évite le manichéisme, car Jackie la compagne au travail voire au lit, car Laura l’héritière « importée d’Angleterre », excèdent le symbole, ni sainte ni salope. Première, ultime femme de sa vie, à laquelle il parle, reprend de sa tarte, visiteuse invitée, fierté affichée, la mamma ne condamne le « comportement » d’antan, l...

L’Ivre de livre

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  Exils # 194 (04/05/2026) Bien avant Brel, Chaliapine (en)chante et déchante. Revoir Don Quichotte (1933), après une séance au siècle dernier, donne un peu l’impression de visionner une version musiquée des Visiteurs du soir , une sorte d’Othello in extremis mélodramatique. Tournée en français, cette transposition express , limitée à quatre-vingt minutes de tumulte, rappelle itou L’Opéra de quat’sous (1931). Encadrée par des pages en boucle bouclée, l’odyssée de poche, picaresque plutôt que pittoresque ( panoramas austères et solaires), évoque le baroque, met en scène une mise en scène espiègle, pratique l’illusion d’abord comique puis tragique. Seuls les fous savent aimer dit la (gente) dame (gentille) munie de merci, mais la folie, tout sauf simulée, ne sert ici à dévoiler la vérité, le spectacle au carré ne carbure à la catharsis, la mise en abyme ne permet de représenter un crime. Dormir peut-être se demandait le manipulateur Hamlet ; l’Homme de la Manche se mo...

La Croix et la Théière

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  Exils # 185 (01/04/2026) Socrate but la ciguë, Ogin déguste un dernier thé en famille, avant d’aller assiégée se suicider, une croix autour du cou. Sixième et ultime film de l’une des muses de Mizoguchi, ce mélodrame sentimental sur fond de (mauvaise) foi ne déçoit, brûle à feu lent, devient émouvant. Une telle intrigue d’intrigues (re)liées incitait au féminisme facile, à la misandrie jolie, Tanaka ne succombe à ces écueils-là, au contraire de son anti-héroïne forte et fière, au sacrifice in fine accepté, au culte occulté. Mademoiselle Ogin (1962) ne décrit une société passée régie par la domination dite masculine, dessine en huis clos, en studio, un vrai-faux vaudeville tragique et catholique, où des hommes exercent certes un pouvoir inique, où d’autres, heureusement, souhaitent le libre « bonheur » d’une femme fréquentable, capables de verser des larmes, fraternelles au sens figuré puis premier du terme. Le mari démuni, tenté de violenter sa moitié glacée, surocc...

Attrape-moi si tu peux

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  Un métrage, une image : Le Chacal (1997) À la mémoire de Mylène Demongeot L’ultime film de Sidney Poitier ne remake celui de Zinnemann ( Chacal , 1973), ni ne réadapte le titre de Forsyth, en conserve cependant quelques éléments, par exemple identités démultipliées, fusil en kit , bar gay , tombe atone. Échec critique, succès public, donc économique, il déplut aux deux intéressés précités, au compositeur Carter (Burwell), il semble aussi aux meilleurs ennemis Gere & Willis, rôles nonobstant inversés selon leur souhait. Il s’agit en sus d’une coproduction cosmopolite, pourvue d’un script basique, chasse à l’homme, entre hommes, en somme, commis par Chuck Pfarrer, le scénariste de Chasse à l’homme (Woo, 1993), justement, de Darkman (Raimi, 1990) ou Barb Wire (Hogan, 1996), par ailleurs non crédité collaborateur sur Sudden Impact (Eastwood, 1983) et Arlington Road (Pellington, 1999). Quant à Caton-Jones, ex -banquier écossais reconverti réalisateur hollywoodien, p...

L’Enfer des armes

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  Un métrage, une image : Eastern Condors (1987) Un soupçon des Douze Salopards (Aldrich, 1967), une pincée de Portés disparus (Zito, 1984), un virage vers Voyage au bout de l’enfer (Cimino, 1978) : Sammo Hung (re)connaît ses classiques, cependant ne les duplique, pas davantage ne délivre la matrice apocryphe et obsolète de Une balle dans la tête (Woo, 1990). Doté d’un tandem d’incontournables homonymes du cinéma de HK de ce temps-là, à savoir le scénariste Barry Wong ( À toute épreuve , Woo, 1992), le directeur de la photographie Arthur Wong ( La 36e Chambre de Shaolin , Liu, 1978, Il était une fois en Chine , Tsui, 1991), le réalisateur de valeur de L’Exorciste chinois (1980) ou First Mission (1986) signe en résumé un cocktail guerrier aux tonalités mêlées, comme seul l’écran hongkongais savait les concocter, les doser. Véritable cinéaste, il soigne chaque cadre ; star pas uniquement locale, il possède assez de générosité pour ne limiter les membres de...

The Purge

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  Un métrage, une image : Mafia parano (2000) Pourquoi l’assez sympa Bullock Sandra produisit ceci ? Sans doute parce qu’il s’agit d’une comédie noire, d’une histoire d’espoir, de reconnaissance et de renaissance, que les femmes, certaines, en tout cas, s’avèrent souvent tournées vers la vie, que les hommes, pas la plupart, macèrent au milieu de la mélancolie, immobilisés par la pensée de la mort, d’accord. Mayough se fait donc du mouron, il « chie de peur » dans son pantalon, au figuré, presque au propre, il monologue aux chiottes, il voudrait que l’on lui rende les dix-huit dernières années passés, dépassées, trépassées, au service de la DEA, voilà. Légendaire, amer, flanqué de flatulences, il somatise à l’instar du nazi des Bienveillantes , il ne rêve que d’une arabique seconde chance, avec « vue sur l’océan ». Hélas, fi de plage, le voici plongé parmi un double et dupliqué guêpier de mecs très tourmentés. Le flic infiltré, sans uniforme, sans a...

La Lune dans le caniveau

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  Un métrage, une image : Irma la Douce (1963) Mais ça c’est une autre histoire Gérard Blanc Irma la Douce se termine comme Conan le Barbare (Milius, 1982), encore un conte d’éducation, d’émancipation, de narration en voix off , le rauque Mako remplace le doux Jourdan, de puissance sexuelle, de valeurs renversées, certes plus épique et lyrique : par une affirmation de l’infini de la fiction, coda de regard caméra amusé, assumé, en rime à celui de Shirley, descendue du billard où danser, au son de Dis-Donc . Exit la (jolie) musique de Marguerite ( Monnot ), précieuse compositrice pour Piaf, hors et au ciné ( Les Amants de demain , Blistène, 1959), puisque Previn revient, repart pourvu d’un Oscar. Diamond & Wilder ne remettent le couvert de La Garçonnière (1960), ralentissent la rapidité, disent adieu à l’actualité de Un, deux, trois (1961), adressent des clins d’œil à Kubrick ( Lolita , 1962) & Lean ( Le Pont de la rivière Kwaï , 1957 + Lawrence d...

Ce que veulent les femmes

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  Un métrage, une image : Dementia (2015) + Wing Chun (1994) Disons donc un diptyque de scripts écrits par des femmes différentes : d’un côté, le drame indépendant Dementia de Mike Testin, rédigé par Meredith Berg ; de l’autre, la comédie d’action Wing Chun de Yuen Woo-ping, due à la plume d’Elsa Tang, aussi co-scénariste de Il était une fois en Chine (Tsui Hark, 1991). Le premier opus constitue un huis clos sado, caticide inclus, à base de sévices et d’évasion du Vietnam, de violence faite à une femme (veuve de vil vétéran), de vengeance de descendance. Il oppose l’ancêtre Gene Jones ( No Country for Old Men , Ethan & Joel Coen, 2007) à la jeunette Kristina Klebe ( Halloween , Rob Zombie, 2007) relookée en fausse infirmière, adversaires very vénères, in fine enlacés en un seul suaire, comme si Misery (Rob Reiner, 1990) soudain se mâtinait de féminisme fol et féroce, sus à l’ancien alcoolique maltraiteur de maman, au final effondré devant sa p...

Big Brother : L’Art du mensonge

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  La grande illusion du lucide dragon… « Quelle ville de voleurs, Hong Kong ! » s’exclame Jackie Chan, mais lui-même ne dérobe la grosse somme du cher Raymond Chow, loin s’en faut. Insuccès critique et financier entrepris et réussi par défi, Big Brother (1989) séduit aussitôt en raison de sa générosité, de sa sincérité. Durant plus de deux heures, l’acteur-réalisateur expose ses passions et précise pourquoi, en quoi, ce cinéma-là, celui de HK en ce temps-là, tant compta pour lui et moi. Film historique, film de gangster , film d’action, comédie sentimentale, musicale, mélodrame, Big Brother accumule les imageries, d’ailleurs, d’ici, tandis que le scénario de l’amical Edward Tang reprend et retravaille largement l’argument et la trame de Grande Dame d’un jour (1933) puis Milliardaire d’un jour (1961), diptyque de Capra, oui-da. Adieu à la Grande Dépression, fi de la guerre froide, retour aux triades, au collectif et au local, à l’étranger en train de s’intégrer...

La Femme nue et Satan : La Tête dans le carton à chapeaux

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  Seconde chance ? Secrète errance… Un an avant Les Yeux sans visage (Franju, 1960), autre histoire noire d’effroyable greffe féminine, La Femme nue et Satan (Trivas, 1959) s’apprécie pour ainsi dire en point de suture entre La Fiancée de Frankenstein (Whale, 1935) et The Brain That Wouldn’t Die (Green, tourné itou en 1959, sorti en 1962). Il s’agit aussi, à sa façon, d’une expressionniste préfiguration du plutôt pop « Krimi » teuton, pourvue d’un titre trompeur et pourtant pertinent : pas de pépée à poil, rien du Malin, mais un estimable mélodrame moral, à base d’art et de science, de corps et de décor, de construction et de destruction. Secondé par le production designer Hermann Warm, jadis au service de Wiene ( Le Cabinet du docteur Caligari , 1920), Lang ( Les Trois lumières , 1921), Murnau ( Le Fantôme , 1922) ou Dreyer ( La Passion de Jeanne d’Arc , 1928 + Vampyr , 1932), flanqué du directeur de la photographie Georg Krause ( Les SS frappent la n...

Gutland : Le Retour de Martin Guerre

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  Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Govinda Van Maele. Dans La Mort aux trousses (Hitchcock, 1959), autre item à maïs, à menace mécanique, le very vide Roger O. Thornhill, appréciez le gros zéro, la pique à Selznick, se démenait avec un malentendu, en définitive pas si malvenu, se dispensait d’une psychanalyse, se surpassait en espion sentimental. Dans Gutland (2018), un braqueur christique, de casino à Cologne, va vite « se mettre au vert », sans trop d’effort s’insère, au sein de la provinciale et rurale communauté, de l’orchestre assermenté, jusqu’à liquider, à main armée, son pénible passé, à savoir ses deux acolytes, dépourvus de tactique, frénétiques du fric, chasseurs fissa chassés, balancés parmi la fosse à purin, parce qu’ils le valaient bien. Auparavant, moment déterminant, Jens avise son visage à l’endroit supra , cadavre souillé aux yeux pas fermés, subit un bestial somnifère, s’éveille en moins chevelu, rasé de près, lév...

Chasse à l’homme : Le Grand Carnaval

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  Mascarade en Louisiane… Avant le western atomique de Broken Arrow (1996), voici celui, un brin bakhtinien, de Chasse à l’homme (1993). Le cinéaste passe ainsi de l’Asie aux USA, de Hard Boiled ( aka À toute épreuve , 1992) à Hard Target et son épilogue over the top , rigolo et virtuose. Pas de colombes au firmament de La Nouvelle-Orléans ? Une poignée de pigeons les remplaceront. L’exilé de son plein gré filme sa fusillade finale de brillant ballet avec plusieurs caméras, cela se voit, non pas à la mode américaine, classique, d’antan, pour se « couvrir », se donner (à monter) du champ, via la variété des (angles) plans, plutôt par personnalité, intrépidité, générosité. Ce qui aussitôt séduit, durant cette séquence délestée de violence, puisque leçon de sa représentation, nuance, outre son énergie jolie, sa lisibilité assumée, le beau boulot du directeur photo Russell Carpenter, collaborateur de Cameron, oscarisé à l’occasion de Titanic (1997), la maîtr...