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Affichage des articles associés au libellé Richard Brody

L’Insoumise

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  Un métrage, une image : Sur quel pied danser (2016) Par un tandem de diplômés de la friquée Fémis commise, voici une pseudo-comédie musicale, sentimentale, sociale, du commencement au terme calamiteuse, alors qu’elle pouvait, pourquoi pas, sur le papier ou l’escarpin, en tout cas, s’avérer assez audacieuse. À part apercevoir la trop rare Caroline Silhol, de manière subliminale et silencieuse, certes, que voit-on dans cet ouvrage de naufrage, aussi vide qu’une usine déserte, aussi creux qu’un camionneur, amoureux et malheureux ? On avise vite un certain ciné français, passé par ARTE, par la Fondation Gan récompensé, redoutable duo de double formatage, d’auteuristes et autorisés enfantillages. On constate que la mise à disposition, comprendre la promotion, d’une cinégénique région, ne saurait suffire à l’éclosion d’une seule seconde de cinéma, pas même dénommé régional, sinon régionaliste. Que tout ceci, solaire et sudiste, se réduit à du pasteurisé tourisme, à un arr...

Petit paysan : La Vache et le Prisonnier

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre de Hubert Charuel. Le problème avec la paranoïa, paysanne ou pas ? Elle peut comporter une part de vérité, tandis que la peur par anticipation paraît provoquer son objet, le matérialiser dans la réalité, tant celle-ci se définit aussi, surtout au cinéma, par sa subjectivité. Petit paysan , dès ses premiers plans au surréalisme symbolique et humoristique, acmé de cuisine onirique envahie par les bovidés, nous plonge dans l’esprit d’un exploitant laitier tourmenté, d’un monomaniaque de la traite, du troupeau, du véto, ici sa sœur, bonheur-malheur, trop occupé pour croquer les miches de la boulangère pourtant craquante et passant ses rares nuits de répit à ressasser les mises en ligne monologuées, mondialisées, d’un homologue au bord de la camisole. Tout se passe comme si l’horrifique Isolation fécondait l’eschatologique Take Shelter , référence affirmée de l’intéressé, avec pour résultat ce mé...

Outrage : Assaut

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Beauté(s) de la série B – à propos d’Ida Lupino (I)… Quand on ne possède pas d’argent, il faut avoir du talent. Actrice attachante, notamment chez Hathaway ( Peter Ibbetson ), Archie Mayo ( La Péniche de l’amour avec Gabin), Nicholas Ray ( La Maison dans l’ombre ), Aldrich ( Le Grand Couteau ), Peckinpah ( Junior Bonner, le dernier bagarreur ) et… Peter Falk ( Columbo ), Ida Lupino se réinventa scénariste-réalisatrice-productrice indépendante via sa société The Filmakers, placée sous l’égide de la RKO. Accompagnée de son mari Collier Young, le créateur de L’Homme de fer , et du producteur-auteur Malvin Wald, connu pour La Cité sans voiles , elle dirige un film court et dense, modique et riche. En 1950, on ne saurait prononcer le mot rape , en tout cas, pas au cinéma. On utilise par conséquent l’euphémisme policé, sinon policier, de criminal assault et sa variante évocatrice, vicious . Outrage , titre explicite et francophone que le distributeur hexagonal du Casualties of W...

Absolute Beginners : Notes sur le jeune cinéma français

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Une affaire de perception et de point de vue, always et pour l’éternité. 1 La Fémis, une école de (re)production (sociale) peuplée « d’héritiers » à la Bourdieu ? Avec Le Concours , Claire Simon, une ancienne de la maison, semble découvrir l’Amérique. Dans un registre similaire, la pluie, ça mouille et la guerre, ça tue des gens. « Étonnant, non ? » comme ironisait Pierre Desproges. Allez, on évite d’en rire, please . 2 L’article « polémique » de Richard Brody récemment paru dans le New Yorker (une dizaine de paragraphes sans difficulté lexicale particulière, les anglophones s’en apercevront vite ici ) ne brille certes pas ni par son originalité, ni par sa profondeur, moins encore par la qualité de son style. On ne s’appesantira pas non plus sur la réponse -riposte anodine et chauvine d’un Jean-Marc Lalanne dans les colonnes des «  Inrocks  », hebdomadaire pour bobos aux goûts musicaux assez horribles, à la prose ...