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Affichage des articles associés au libellé Paul Hyett

The Seasoning House : Casualties of War

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  Écarlate kyrielle d’esclaves sexuelles pas à la truelle… Cette Cosette sourde et muette, de bien cruel bordel, dans des Balkans à feu et à sang, se voit vite rebaptisée d’un « Angel » infernal, par son sadien proxénète sentimental. Comme le Klaus Kinski very nazi de Crawlspace (David Schmoeller, 1986), elle se déplace derrière les cloisons et assiste aux exactions, désormais sans délectation. Sorte de souris à rat sympa, la voilà, telle jadis la délocalisée Anna de Carlos Saura ( Ana y los lobos , 1973), au milieu d’une meute de loups, quel bestiaire de fous. Disons-le d’emblée : The Seasoning House  (Paul Hyett, 2012) ne s’apparente pas exactement à un divertissement, pas même celui, lesté d’un sadisme scolaire, stérile, insipide, du torture porn à la gomme. Premier essai du réalisateur de Howl (2015), (re)lis-moi ou pas, il séduit en raison de sa radicalité, de sa dimension d’effroyable conte de fées défait, pardon du pléonasme. Ange exterminateur enco...

Howl : Midnight Meat Train

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Homo homini lupus est ? Yes indeed , surtout muni d’un billet de la SNCF British .   with the absolute heart of the poem of life butchered out of their own bodies good to eat a thousand years. Ginsberg, Howl , 1956 Howl (2015) démarre à l’heure, dans des conditions confortables, puis ralentit vite, menace de dérailler avant de se rétablir-revenir en gare presque de départ. Au commencement, un contrôleur s’avance sur un quai nocturne en direction du train du destin, il marche vers sa propre mort mais l’ignore, comme chacun d’entre nous, les sages ou les fous. L’élégante banalité de la scène de présentation servie en Scope au steadicam spectral, générique pragmatique, se voit immédiatement transmuée par le main theme mélancolique du brillant Paul E. Francis et les vocalises célestes de Laura Mace. Le spectateur attentif, mélomane, comprend dès cet instant que le voyage débuté à Waterloo, toponyme explicite, va s’avérer violent et vain, que le protagoniste n’ir...