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Affichage des articles associés au libellé Terry Gilliam

Zeman I Love

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  Exils # 190 (23/04/2026) Aventures fantastiques (1958) mérite son titre, alternatifs aussi, The Fabulous World of Jules Verne et L’Invention diabolique , traduction explicite du pragmatique intitulé d’origine, auquel le fidèle Invention for Destruction rend justice en rime. Il s’agit en résumé, en bon français, d’une sorte de best of de l’univers vernesque, basé sur un roman méconnu, oublié, cause de procès, le pacifiste Face au drapeau , lui-même synthèse de plusieurs et plus célèbres prédécesseurs, aux personnages au passage cités dès le prologue en voix off . Avant de s’aventurer vers une île forcément mystérieuse, volcan en toc, tant pis pour Empédocle, ce classique à succès, un peu partout récompensé, adoubé de Bazin & Resnais, apprécié par Pauline (Kael), débute dans un asile, comme Le Cabinet du docteur Caligari (Wiene, 1920), se souvient bien sûr de Méliès, autre adaptateur classé « libre », adresse des clins d’œil à la pieuvre de Vingt Mille Lieues s...

Mission Maman

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  Exils # 164 (02/02/2026) Parmi des familles et des enfants attentifs, on découvre avec Le Robot sauvage (Sanders, 2024) l’équivalent américain de Flow (Zilbalodis, 2024) l’européen, puisque les deux dessins animés, par ordinateur idem engendrés, manient le même matériau : des animaux, de l’eau, des hommes évaporés ou à la périphérie de la géographie (du récit), une certaine idée de la solidarité. En dépit d’une interprétation réductrice, applicable et appliquée aux films dits horrifiques, il semble que le darwinisme ne se réduise en vérité à une évolution sélective, incontournable et défavorable aux espèces les plus faibles. La (sur)vie dépendrait aussi de l’adaptabilité, de l’altérité, d’une dialectique pragmatique. In extremis mis en abyme, car lecture de catalogue au lieu de projection publicitaire, le conte anticonformiste produit par DreamWorks carbure à la concorde, à la « trêve » hivernale et amicale, à l’altruisme démocratique et bien sûr à ...

Furst and Furious

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  Exils # 23 (04/03/2024) Burton un brin de Batman se balance, se soucie à demi de sa « souris volante », sinon comme (Love, Prince en pince, Kim opine) symbole d’anormalité normalisée, soumise aux mondanités, Bruce l’argenté matrice d’Edward aux mains argentées ; le défilé friqué, à pognon empoisonné, à « mourir de rire », indeed , évoque davantage Les Rapaces (von Stroheim, 1924) que la conclusion à la con du capitaliste Alice ( au pays des merveilles , 2010), remémore idem le bibendum maléfique du contemporain SOS Fantômes 2 (Reitman, 1989), maousse némésis en rime. Exit donc le nihilisme à la Miller puis le psychologisme à la Nolan, même si revoilà le trauma , éternelle tarte à la crème d’un certain cinéma des USA (du chocolat à carie de Charlie, oh oui), bien sûr à dépasser, à trépasser, tel le Jack dédoublé, auquel son rire increvable et mécanique cependant survit. Tout ceci se situe in extremis , sans malice, au sommet ou sur le seuil de la...

Brazil

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  Une chanson et deux déclinaisons… Ce qui rend irrésistible Aquarela do Brasil  ? Sa « mélancolie » pas si en sourdine, peu propice à la déprime, son « exaltation » d’unisson, d’assumée transformation. En 1939, année damnée, voici du neuf, ensuite illustré/adoubé par Disney ( Saludos Amigos , 1942), disons à la moitié d’une guerre mondialisée. D’une Amérique à l’autre, latine et nordiste, la belle aquarelle, nationale et non nationaliste, connaît le succès, devient vite un classique instantané, voire controversé, sans cesse relooké, mention spéciale à la version radicale, plutôt martiale que tropicale, quoique, de l’éphémère et royale Elis Regina. Ary s’inspire de la pluie, célèbre un pays, « troubadour d’amour » en train d’immortaliser une terre religieuse, « malicieuse » et « délicieuse », de signer une samba superbe, modèle, peut-être immortelle, dont l’impressionnisme épique se métamorphose en romantisme nostalgique, mer...

Extension du domaine de la lutte

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  Un métrage, une image : La Garçonnière (1960) Un (mini) miroir pour mieux voir, une suicidée divisée à sauver, à déshabiller, à dorloter, un triangle tout en angles, de vaudeville vitriolé, une normalité très tourmentée : si La Garçonnière se souvient à l’évidence de Sueurs froides (Hitchcock, 1958), il anticipe aussi la géométrie déshumanisée du Playtime (1967) de Tati, relie en sourdine La Foule (Vidor, 1928) à Brazil (Gilliam, 1985). Dans Comme un torrent (Minnelli, 1958), Shirley MacLaine succombait aux balles de la jalousie ; ici, elle revit, amorphe, ranimée de force, à la Faces (Cassavetes, 1968), gifles non simulées en prime. Mélodrame humoristique, didactique et ludique, moralité morale mais jamais moralisatrice, le long métrage de (deux heures) son âge, au message presque à la Reich, deviens enfin un « être humain », « petit homme » à la gomme, « sans qualités » à la Musil, « unidimensionnel » à la M...

Shock : Asylum

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  La tête des emmurés, à la Franju ? Le « mur » à traverser, bienvenue… La suite du langien Latex (Michael Ninn, 1995), certes, mais en sus l’apocryphe matrice de The Cell (Tarsem Singh, 2000), car Shock (1996) pénètre aussi à l’intérieur (du corps, du corridor) de l’esprit, repose sur une prisonnière in extremis volontaire, délivrée, au propre, au figuré. Ninn annexe Marilyn, toutefois Jeanna Fine affiche un faux air de Jennifer (Lopez), CQFD… La consœur de Snake Plissken ( New York 1997 , John Carpenter, 1981), sexy en cuir idem , se dénomme Mangrove, Tyffany Million, trentenaire carnassière, interprète avec talent ce toubib instable, cette doctoresse en détresse. Le renversement final, pas si fatal, quoique, repris du précédent, se devine dès l’ incipit point priapique, dossier de cinglée en voix off étudiée, ou au début de la thérapie électrique, lorsque l’horloge recule le rendez-vous de deux heures. Film médical, mental, Shock se déroule donc au sein ...

La Foire des ténèbres : Carnival of Souls

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Manège sacrilège, marasme de marketing … Le Diable se dénomme (aussi) Disney, si vous en doutez (encore), découvrez le documentaire mortifère d’Arnaud des Pallières, intitulé Disneyland, mon vieux pays natal (2001). S’il convient d’éviter de retracer sa genèse agitée, désormais bien documentée, il s’agit ici de souligner, d’affirmer que La Foire de ténèbres (Jack Clayton, 1983) miroite son argument, que Bradbury & Clayton ressemblent aux deux (transparents) enfants, qu’ils rencontrèrent et affrontèrent leur propre Mr. Dark (patraque), en la personne démultipliée des executives du studio de Mickey. VRP du parc, ami de Walt, Ray se fit recadrer sur l’écran, tandis que Clayton, lui-même infidèle, because recours à un co-scénariste à la rescousse, en catimini, méfions-nous de nos amis, remercions nos ennemis, se faisait filouter du fameux final cut , tradition locale de pragmatisme plutôt que de sadisme, stratégie de révision sans autorisation, en partie expliquée par le...

Johnny English contre-attaque : L’Espion qui venait du surgelé

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Révolutionnaire ? Réactionnaire. Réussi ? À demi… L’État, c’est moi. Louis XIV « Nous menons cette mission à l’ancienne » : le spectateur avise vite que l’analogique affronte le numérique, que le réel se confronte au virtuel, que l’antique Aston polluante, en panne d’essence, défie tous les bolides écologiques, en sus de reformuler, en rouge, la course du lièvre et de la tortue. Dans Johnny English contre-attaque (2018), le corps résiste encore, face à l’emprise et à l’empire du traitement des données mondialisé, menaçante superstructure intangible sise au-dessus des idéologies, des géographies, dont le VRP trop parfait, dénommé Volta, comme la pile homonyme, atteint d’hubris, de malice, singe le Snake Plissken de Los Angeles 2013 (John Carpenter, 1996), coupe le courant et renvoie l’Europe à son obscurité de continent attaqué, immobilisé, assisté, dépassé. En pleine Écosse maritime, réminiscences de Fantômas contre Scotland Yard (André Hunebelle...

Déjà vu : Remarques sur les remakes

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Refais-moi ton cinéma, que je me mire à mon miroir, avec ivresse ou détresse. Au hasard de la mémoire, au gré de l’actualité, Les Chiens de paille (Sam Peckinpah en 1971, Rod Lurie quarante ans après) ou Conan le Barbare (John Milius en 1982, Marcus Nispel en 2011) hier, Papillon (Franklin J. Schaffner en 1973, Michael Noer en 2017) ou Suspiria (Dario Argento en 1977, Luca Guadanigno en 2018) demain – le refaçonnage des films se porte bien, merci pour lui. Ici, sur 691 critiques, on en dénombre 6, citons donc Le Convoi de la peur (William Friedkin en 1977, Henri-Georges Clouzot en 1953), Death Wish (Eli Roth en 2018, Michael Winner en 1974), Funny Games U.S. (Michael Haneke en 2007 et 1997), Scarface (Brian De Palma en 1983, Howard Hawks en 1932), Le Tigre du Bengale + Le Tombeau hindou (Fritz Lang en 1959, Joe May en 1921). La médiocrité majoritaire des remakes mérite le mépris œcuménique mais mieux. Que nous apprend cette pratique ? Que nous dit-elle de ...

Un moment d’éternité

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Voici vingt ans disparaissait Tom Jobim, l’un des grands compositeurs de « musique populaire » (aucune condescendance sous notre plume) du vingtième siècle – retour au Brésil le temps d’un album  vraiment  mythique… 34 minutes, pas une de plus, et huit morceaux, pas un de moins, suffirent à  Getz/Gilberto  pour entrer dans la légende (dorée), pas uniquement celle du jazz . On peut parler, osons le mot, d’une conjonction  miraculeuse  de talents, sous l’égide du grand producteur Creed Taylor, œuvrant alors au sein de Verve Records et par ailleurs fondateur du label  Impulse!  Sans lui, la  bossa nova  se cantonnerait, peut-être, à l’état de musique « régionale », voire « ethnique », sceau d’infamie pour un courant à la fois très brésilien et tourné vers tous les ailleurs, notamment classiques, Chopin ou Ravel, par exemple, idoles du pianiste. On mesure mal, cinquante ans après, l’impact de l’album, ...