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Affichage des articles associés au libellé Rouben Mamoulian

Un coup de dés jamais n’abolira le nanard

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  Exils # 77 (29/01/2025) Louise démissionne comme John (Carter), secrétaire licenciée à l’insu de son plein gré. Jusqu’ici elle faisait bouillir la marmite, pas seulement de spaghetti à table servis, elle rapportait du fric ; elle va désormais en dépenser, héritage de tantine itou. Le couple d’entourloupe et ses fistons concons viennent d’emménager dans le quatorzième, le mari archi(tecte) et motard ne détecte néanmoins la fissure du foyer que trop tard. Avant de lui filer une gifle, il glissait sa main entre ses cuisses, aux « bas de soie », voyez-vous ça. Avant que le pauvre homme ne déconne, ne coule son propre cabinet inauguré, n’apprenne plongé le japonais, il invitait sa moitié à se réinventer, pratiquer de multiples activités, ne pas perdre son temps en mode Jean-Claude Romand. Pourtant la peinture coûte que coûte – y compris le portrait coloré de la domestique dite de couleur, fumeuse et danseuse – ne produit que des croûtes, dont se débarrasser sans se r...

La Marche nuptiale

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  Un métrage, une image : Docteur Jekyll et M. Hyde (1931) Longtemps avant Bob Clark ( Black Christmas , 1974) ou John Carpenter ( La Nuit des masques , 1978), Rouben Mamoulian commence cette remarquable et remarquée (rare Oscar concédé à un film horrifique, la brillante performance de Fredric March l’explique) relecture de Stevenson (scénario de Percy Heath & Samuel Hoffenstein, auteur du Magicien d’Oz , de Laura , d’un diptyque pour le délocalisé Duvivier) via un virtuose et troublant travelling avant, en POV bien épaulé par Karl Struss   ( Le Dictateur , Les Feux de la rampe , La Mouche noire ) à la direction de la photographie & William Shea (plusieurs Lubitsch) au montage, tandis que Wally Westmore ( Les Dix Commandements + six titres pour Hitchcock, dont Sueurs froides ) s’occupera de maquiller l’acteur en homme des cavernes victorien, de Miriam Hopkins amant puis assassin, excitante et innocente putain (merci à l’époque bénie du Pré-Code Hays), sa...

Pola X

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  Un métrage, une image : Carmen (1918) Elle vient d’un monde nomade et son âme Chemine sur les grandes plaines Je voudrais tant suivre sa caravane Courir dans le sang de ses veines Julien Clerc, Fille du feu Tandis que le dragon à la con, cependant doté de séduction, au village revenu via une permission, reçoit par courrier de brigadier sa promotion, se fait fissa dégrader Dreyfus façon, toutefois pour différentes raisons, s’apprête à (mé)connaître une poulette experte, une reconnue contrebandière, aux survivants la Grande Guerre, anonyme ou Apollinaire, cède un (dé)goût doux-amer. La Gitane ne fume pas de Gitanes, sa rivale à ragot et à lettre de rendez-vous volée, collègue de boulot, commère et corbeau, elle poignarde plutôt illico , elle (se) joue de Don José, olé, sa victime peu virile, à l’insu de son plein gré, elle le transforme, quel homme, en meurtrier instantané, en trafiquant repentant, en assassin passionnel, passionné, presque à pietà, à faste UFA, ...

L’amour vient en chantant + Ô toi ma charmante : Austerlitz + L’Éducation de Rita

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Fred & Ginger ou Adele, Eleanor, Judy, Cyd ? Fred & Rita, voilà… Ce qui rend ces instants émouvants ? Sans doute la sincérité du simulacre. Du glamour au mensonge, il suffit d’un pas, bien sûr « de deux », mais l’imagerie de la « comédie musicale » ne relève de l’anecdotique, davantage de l’héroïque, chaque artiste une sorte de Sisyphe, qu’il faut en effet, comme chez Camus, imaginer heureux, ici, maintenant, sous nos yeux souvent si malheureux. La tristesse, Rita la connaissait, la vécut toute sa vie, en vérité, jusqu’à ne plus se souvenir de rien, maudite, magnanime décharge des chagrins. Cependant ce diptyque un peu exotique, au succès suranné, donne à (re)voir, sinon à saluer, une victime avérée, irréductible à sa douleur, moins encore à sa beauté brune de « bombe » anatomique puis atomique. Abusée dès l’enfance par son père (im)pitoyable, plusieurs fois mal mariée, Rita trouva néanmoins le moyen de se réinventer, d’afficher en filigr...

Domino : Fatima

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Pire que Passion  : dispensable exploit, Brian De Palma… En tant que cinéphile, pas seulement, je dois tant au cinéma de Brian De Palma que je me devais donc de visionner le discret Domino (2019), en dépit d’une bande-annonce tout sauf excitante, malgré un mauvais pressentiment, « effet domino », en effet, en partie expliquant un tel retardement. Cependant, puisque je viens de gâcher une heure trente de ma courte existence devant cette abomination, je me dois aussi de ne pas perdre davantage de temps à son sujet, arènes presque ensanglantées, au drone d’Euménides et au ralenti rassis survolées, olé, à la clé, Rouben Mamoulian s’en amuse depuis 1941. Je me garde ici de décrire en détail le désastre total, formel, plutôt informe, insipide, du dérisoire Domino , le film indéfendable s’en charge hélas lui-même, à chaque instant, à chaque plan, du premier au dernier, je le descends aussitôt en raison de son odieuse idéologie, car tu sais désormais, lecteur de mon c...

La Divine : Shanghai Gesture

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Film de putain, putain de film… Femme de Shanghaï Ou de Koustanaï Du peuple massaï Veuve d’un monde qui défaille Rien ne peut égaler ta taille Daniel Balavoine Les yeux levés au ciel du studio, que regarde donc Ruan Lingyu ? Son suicide, survenu le 8 mars 1935, « Journée internationale des femmes », amen , celui de son fils de ciné, Lai Hang, zélé coco néanmoins victime collatérale de Mao ? Le biopic de Stanley Kwan, Center Stage (1992), où la chère Maggie Cheung l’incarne ? Un dieu miséricordieux, du récit, de la cinéphilie ? On l’ignore, on ne le saura jamais, on se souvient que Greta Garbo, autre actrice « divine », à laquelle le titre français de The Goddess fait référence, postée à l’avant du bateau en toc de La Reine Christine (Rouben Mamoulian, 1933), ne pensait à rien, sinon à ses impôts, sphinge suscitant toutes les projections le temps de la projection. Dans La Divine (Wu Yonggang, 1934) qui l’immortalise,...