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Affichage des articles associés au libellé Albert Camus

Le Sang de la Présidente

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  Exils # 172 (25/02/2026) Tu dois avoir très peur, citoyen spectateur : (re)voici l’extrême droite aux portes du pouvoir (hôte mis à la porte), à liquider dare-dare, « bonimenteur dangereux » à mettre hors-jeu, maté en vidéo avec sa maîtresse, mais tous les dimanches à la messe. En 2022, le secrétaire général amoureux, baiser volé d’adieu douloureux, informait l’aristocrate patraque des méfaits d’une « internationale fasciste », rime prophétique à la même « réactionnaire » de l’actuel ministres des Affaires étrangères. Puisque « Paris vaut bien une messe », votre démocratique altesse, que le peuple déteste, « l’antifascisme » mérite un homicide, pragmatisme cynique applaudi par les nervis de LFI. La royale Élisabeth de Raincy résiste puis reprogramme le meurtre in extremis , en partance vers la Suisse, où vient d’être commis un attentat terroriste, pardon du pléonasme, massacre causé par un « Français » suicidé, «...

Au non du père

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  Exils # 135 (20/10/2025) Dragons d’introduction, affrontement sanglant, auquel répondra la main coupée de la sorcière aristocratique et mélancolique, sens médical du terme, puisque liquide noir au lieu de rouge. Après ce prologue, écho de chaos, « l’instabilité règne sur le royaume de Terremer », réplique en rime avec celle, économique et politique, de la France d’aujourd’hui, pardi, un père royal se fait planter par son fils infernal, scène originelle, quasiment « primitive », dont la dimension symbolique stimule bien sûr l’interprétation psychanalytique. Si ceci ne suffit, voici aussi du marché esclavagiste et du commerce addictif, première dose offerte, dépendance à perpète. Cette noirceur délestée cependant de complaisance, à relativiser lorsque comparée aux histoires du soir des Grimm, Perrault and Co. , constitue l’un des motifs thématiques et dynamiques du film. La quête d’équilibre ne saurait par conséquent occulter l’obscurité au cœur des adultes co...

Le Clan des clandestins

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  Exils 90 (28/02/2025) L’identité, surtout celle d’un exilé, ne tient à rien ou à peu, à une couleur ou à une coupe de cheveux. Lorsqu’en coda Nino revoit Elena, on ne la reconnaît presque pas, son front dégagé durcit ses traits. L’Italien toujours sur le point de partir, de revenir, ô gare, ô désespoir, arbore une crinière bicolore, un pansement blanc, des cicatrices sombres : peu de temps avant, il fracassait sa face dans un miroir de bar, sillage de match de foot à la TV, de supporters insultant l’équipe transalpine (« pourris » et « chiens » parce qu’ils le valent bien), de méprise homophobe (« Je ne suis pas une tante » qu’il se lamente). Si le blondinet adore d’abord l’imposture de sa teinture, paraît enfin trouver sa place et trouver grâce auprès des indigènes germanophones, gueule parmi la meute, « à Rome fais comme les Romains », crétin, il ne résiste au cri, au « goal » de sa gorge, instant surdécoupé de silenc...

Meursault en morceaux

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  Exils # 40 (24/06/2024) On connaissait déjà Boileau & Narcejac, on découvre donc Durand & Galissian, dissimulés derrière ce pseudonyme presque transparent : H. L. Dugall. Hélas affublé d’une couverture colorée hors sujet, modèle de roman dépressif et dégraissé, limité à l’essentiel et surtout à l’existentiel, à l’image du sacrifié, sinon du crucifié, cf. la référence d’évidence, durant sa transformation finale, petit opus de cent quatre-vingt-sept pages en poche primé à sa parution en 1967, La Porte dorée s’apparente un peu à L’ É tranger (relu et) corrigé, (reconnaissable et) déguisé, délocalisé. Il s’agit d’un joli KO à Frisco, coécrit par le futur scénariste du risible Dancing Machine (Béhat, 1990) et un ancien critique ciné de L’ É cran français . Deux hommes et une femme forment un trio forcément infernal et un triangle foutrement fatal, leurs patronymes servant aussi à intituler ses trois parties. Si la première et la deuxième utilisent une « focalis...

Lueurs intérieures

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  Exils # 27 (29/03/2024) À celle qui ensoleille Continuer d’aller au ciné ? Mais pourquoi, puisque cinéma chez soi ? Parce que film sur disque ou en ligne, donc non projection, horizon, réunion ? À l’époque de l’analogique, de la pellicule, de la bobine, ça pouvait s’argumenter, à base de supports différenciés. À l’ère peut-être tout autant éphémère du numérique mondialisé, ce point incertain se dispense de pertinence, les dimensions de l’écran se modifient seulement. Le marché mise d’ailleurs sur cette fameuse immersivité, marketing amniotique, comme si la salle, autrefois caverne sépulcrale, Platon & Artaud en duo, ressemblait désormais à une matrice archéologique, dans l’attente plus ou moins impatiente des univers alternatifs promis par le transhumanisme, Musk & Zuckerberg gambergent. Ainsi abri, l’espace des images peut s’amuser à miroiter, sous couvert de ciné « engagé » ou documentaire, le monde du dehors, à feu et à sang toujours et e...

Pétrole

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  Roman de gare et de grand désespoir ? Récit de vie et vue d’ici…   Premier essai, au prix biarrot, Chroniques d’une station-service s’avère vite un petit livre cinéphile, divertissement de ce temps, amusant et inconsistant. Avant de partir de Pantin, rendu parano ou peu s’en faut, d’aller dans les Landes dépanner un papounet dévalisé, moralité : se méfier des amoureuses merveilleuses, en réalité numériques, machiavéliques et tatouées, de succomber, qui sait, à la question, sinon à l’invitation, d’une accorte homologue en uniforme, car les stations d’autoroute ne connaissent la déroute, aristocrates de l’asphalte, Beauvoire, il ne se prénomme Simone, glandouille davantage qu’il ne dérouille, malgré la perte presque prétexte d’une clé USB, sur laquelle s’accumulent des documents administratifs nominatifs, du porno japonais téléchargé, un premier roman à plaire, assuré best - seller , recherchée selon une annonce de Libération , lectorat notamment de mendiants, tu ...

Le Chat noir

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  Babe alone in Babylone , rime Birkin ? Houellebecq, par le petit bout de la lorgnette…   Fiction féminine tout sauf féministe, toutefois flanquée d’un furtif féminicide, ainsi disent, discriminatoire néologisme, en droit qui n’existe, les médiatiques militantes de l’anti-sexisme, Babylone n’en fait des tonnes, en dépit du titre à  pedigree biblique, à exil au carré liquide. La pas bête et plutôt chouette Élisabeth, narratrice complice indeed , à double titre, sexagénaire guère exemplaire, se remémore donc sans remords une fête de printemps à contretemps, à cause d’un presque imprévisible étranglement. Tandis que Lydie, ancienne vendeuse de godasses, boit la tasse, de la honte en réunion, à cause d’une anecdote et   d’une imitation à la con, se soucie du destin des industriels poussins, réclame illico du poulet bio, pratique une thérapie épicée, en accoutrement et crinière colorés, le gentil Jean-Lino, vrai-faux papy de l’insupportable Rémi, encaisse en...

Le Cœur révélateur

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  De Jim Morrison la prière américaine ou bien de « l’orphelin » la même peu sereine… Antidémocratique, antisémite, misogyne, voire homophobe : la médiocrité de la modernité, moralisée, victimisée, fissa ferait second procès aux notes de choc, parues posthumes, moins remises en cause et renommées que de fameuses « fleurs maladives » désormais à demi fanées, embaumées dans le « cercueil de verre » solitaire, dirait Bradbury Ray, d’un herbier scolaire ou universitaire. La valeur de l’auteur, l’usure de la lecture, sinon de la littérature, l’hyperbole d’une époque, réseau social parfois infernal, professeur de lycée décapité, convoi motorisé de civils ukrainiens massacrés, « foire aux atrocités » ballardesque et médiatique en rime au « tissu d’horreurs » de la presse écrite, « apéritif » émétique, font que les foules s’en fichent, en bref et en définitive. Redécouvrir Fusées , Hygiène , Mon cœur mis à nu , ne ressemble ains...

L’Innocent

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  Un métrage, une image : L’Assassin (1961) Comédie noire à multiples miroirs, le premier opus de Petri, par le maestro Marcello et l’irrésistible Micheline porté en partie, ne se place pas, n’en déplaise au cinéaste, sous le signe de Kafka, ni celui d’Antonioni, se termine sur des larmes masculines, à l’instar de La strada (Fellini, 1954), s’affirme in extremis un mélodrame maternel quasi à la Camus, surtout si l’on si sait que Mastroianni, flanqué de son monteur de frère, incarna selon Visconti L’Étranger (1967) a priori raté. On sourit souvent en découvrant ce film bref, restauré, en français, tout sauf mal doublé, appréciable essai d’accent sicilien des condés du matin, ce qui procure en plus le plaisir de savourer la vraie voix de Mademoiselle Presle, cougar mécène. Elio et ses célèbres scénaristes – Pasquale Festa Campanile, Massimo Franciosa, Tonino Guerra – portraiturent sans rature un « égoïste » assorti d’un « cynique », un « hom...

Le Livre du rire et de l’oubli

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  Compatriotes et collègues, monologue et méthode… Ultime livre et livre ultime, car Camus accidenté à la Duvivier ? « À peu près », en effet, puisque parution autonome, écartée du recueil L’Exil et le Royaume , manuscrit non terminé du Premier Homme coincé au creux de l’habitacle de l’épave. Les platanes ne pensent ni ne se déplacent, hélas, alors que le roman testament de l’auteur majeur gamberge le long des berges d’une Amsterdam aux dames rémunérées, aux âmes damnées, à Brel & Maas ( Amsterdamned , 1988) mes amitiés. Relecture renversée de L’Étranger , La Chute n’en possède l’opacité, carbure à la confession alcoolisée comme contamination de culpabilité, substitue le suicide à l’homicide, salut au mythique Sisyphe. Le Caligula du cher Albert, que celui de Brass plus austère, davantage adepte de la « débauche » que du « malconfort », à raison, à tort, adoubait le désordre, révolté d’absurdité désireux d’ordre. Le Jan malvenu du Malente...

Les Âmes mortes

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    « Romantisme et pornographie », Rousseau et neurasthénie, « chagrin et destin »… Au lecteur amateur des opus précédents, Sérotonine semble fissa familier, suscite aussitôt une sensation de déjà-lu. Un écrivain (ré)écrirait en définitive un seul et unique livre ? Peut-être, possible, pourtant il ne s’agit ici, en aucun cas, crois-moi, d’une quelconque compilation à la con. Sérotonine ainsi ne se réduit à – classement chronologique – la somme tissée en patchwork de Extension du domaine de la lutte , Les Particules élémentaires , Plateforme , La Possibilité d’une île , La Carte et le Territoire , Soumission , dépasse l’addition, excède la contextualisation. Amusant, émouvant, jamais déprimant, toujours stimulant, ce roman carbure donc à l’hormone, à l’homme, in extremis au cortisol excessif. Affligé d’un affligeant et improbable prénom composé, classé un peu beaucoup « pédé », Florent-Claude se souvient de sa vie, au complice «...

La Pitié dangereuse

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  Bérurier ? Bresson… Découverte idéale aujourd’hui, Le Tireur triste , beau titre, démontre que Frédéric Dard possédait un style précis, rapide, que l’argotique sait aussi se soucier d’éthique. Le grand petit roman amusant, émouvant, écrit au cordeau, aucun mot de moins, de trop, structuré en boucle bouclée, passant du présent au passé composé, de l’exposé objectif au récit subjectif, presque post- mortem , commence sur un défilé festif, à Nice, se termine sur un cortège funèbre, au carré, car macchabée au creux de la Chevrolet « bien briquée qui accapare tout le soleil », amen . Dédié avec « affection », sans affectation, aux amis Hossein & Vlady, salut aux Salauds vont en enfer (1956), à Toi, le venin (1959), aux Scélérats ( idem ), au Caviar rouge (1986), qu’il inspira ou auxquels il participa, Le Tueur triste se souvient bien sûr du Silence de la mer , le livre de Vercors, paru pendant l’Occupation, le film homonyme de Melville, sorti en 19...

Broken Flowers

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  L’incontournable, l’acclamé, la solitude, le secret… Ce qui séduisait, chez Michel Bouquet ? Disons sa discrétion, sa douceur menaçante. Le CV de « l’anarchiste calme » ne révèle rien de remarquable, c’est-à-dire de malséant, le comédien molièrisé, l’acteur césarisé, l’homme de multiples fois légionné, se verra de surcroît honoré d’un hommage national aux Invalides fin avril, bigre, Poquelin ne s’en soucie point, nous itou. Quant aux psys, qu’ils s’astiquent avec à peine ceci, à savoir une enfance a priori assez triste, puisque pénible pension + petits condisciples à la con. Au-delà du fait avéré d’avoir su interpréter comme un condensé du citoyen pompidolien dans la France familière, étrange, fiévreuse et réfrigérante des années septante, Bouquet philosopha à la Flaubert, vécut en bon bourgeois, en incarna, laissa deviner sa demi-démiurgie, se préoccupa aussi de pédagogie. Sur scène, il joue Gide, Camus, Anouilh, Molière, Ionesco, Pinter, Beckett, Bernhard, S...