Mission impossible : Emmanuelle
« Caresses buccales et manuelles » ? « Amours des feintes défuntes »… Mission impossible (1996) commence à « Kiev » via une mise en abyme : le spectateur et la spectatrice regardent un homme et une femme en train d’en regarder d’autres – on espionne des espions qui espionnent en situation. Sur l’écran en couleurs, sur l’écran en noir et blanc, pas que pour leurs yeux seulement, se dessine ainsi une mise en scène dédoublée, surcadrée, celle de l’équipe tendue, au travail, celle du cinéaste poursuivant avec maestria, superproduction ou pas, sa réflexion en action(s) méta. Dans la pièce aménagée d’à côté, à peine séparée du poste de surveillance, surprise de la proximité bientôt constatée, illusion d’horizon due au moniteur menteur, par une cloison sans doute en carton, se déploie un petit psychodrame déguisé en théâtre torturé de la démocratique cruauté, sorte d’ersatz scénique de snuff movie où la belle Emmanuelle, crue occise, robe re...