Articles

Affichage des articles associés au libellé Georges Lacombe

Dégagez Jean Gabin

Image
  Exils # 74 (23/01/2025) Ne voir en Miroir (Lamy, 1947) qu’un polar dérisoire revient à négliger Gabin, dont ce film méconnu et mésestimé, représentatif de la fameuse « qualité française » qui horrifiait Truffaut and Co ., relève en réalité de l’autobiographie en effet reflétée, de l’autofiction de saison. À l’instar des Misérables (Le Chanois, 1958), il s’agit de l’histoire entre gloire et désespoir d’un homme aux deux noms, deux visages, deux classes sociales. Si le voleur Valjean devenait le bien-aimé Monsieur Madeleine, l’anar Miroir se (g)lisse en Lussac, de la même manière que l’anonyme Moncorgé engendra un certain Gabin. Chef d’entreprise expéditif et taulier costumé d’une boîte de nuit/casino pas réglo, l’ex -ultragauchiste, aux prises avec la police en compagnie d’un complice pendant un court retour en arrière explicatif, se réinvente vite en « aventurier » d’une vie dédoublée, aux doubles et troubles activités. Tandis que le boss altruiste et cy...

La Comtesse

Image
  Un métrage, une image : Les Lèvres rouges (1971) Scott connaissait Kümel ? Interrogation rhétorique. Cathy & Suzy, Tony lui fait baiser Fanny ( Les Prédateurs , 1983), avant qu’elle ne baise vraiment Fanny Ardant ( 8 femmes , Ozon, 2002). Dans le sillage des outrages de The Vampire Lovers (Baker, 1970) + Vampyros Lesbos (Franco, 1971), revoici des suceuses, certes pas celles des bandes classées X, même si la brunette suspecte, à la coupe Louise Brooks, semble presque une soubrette, issue de la pornographie française de jadis, so seventies . Au début, ça baise, bis , avec entrain, au creux du compartiment d’un train, salut à Martin (Romero, 1977). Ensuite, ça s’installe à Ostende, hôtel bunker à la Enki Bilal ( Bunker Palace Hôtel , 1989), soupçon de India Song (Duras, 1975), puisque surgit l’irrésistible Seyrig. Ce récit séduisit la féministe Delphine, qui piège le mec qui ne pense pas qu’avec sa tête, fellation d’occasion, qui avec sa ceinture, motif ...

Trop belle pour toi

Image
  Un métrage, une image : Martin Roumagnac (1946) D’un étranglement au suivant, du laquais, la putain, au maçon, la catin. Ça commence illico comme Les Oiseaux (Hitchcock, 1963), inséparables, tu parles, dévie vite vers la comédie dramatique, le mélodrame drolatique, s’éternise aux assises. Première au générique, classement alphabétique ou courtoisie sympathique, Dietrich la francophone en écho à Schneider sonne. Survient Gélin, surveillant aussitôt sidéré, ensuite doucement recadré, in extremis némésis à main armée. Quelle cage ouvrir, quitte à en mourir, envolée de liberté, lyrique, prophétique ? Gabin ne déblatère un brin, il case la caserne, l’école, la prison, il y passe, n’y trépasse, offre son dos à contre-jour, surcadré d’une fenêtre, à la justice express . « La fatalité, ça existe pas ! », qu’il s’exclame à l’ouvrier venu le trio de vaudeville déranger, il nie ainsi la part la plus mémorable de sa filmographie, il oublie le KO de Pépé le ...